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lundi 2 juillet 2018

  • Pour les enfants, faire de la musique favorise les apprentissages


    Glenn Gould, Variations Godlberg de J.S. Bach, début (1981)
    Une interprétation aussi belle mais plus lente que celle de 1959 (ci-dessous)



    Glenn Gould, Variations Godlberg de J.S. Bach, intégral (1959)

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    MAJ de la page : La musique, un pansement pour l’âme

    Pour les enfants, faire de la musique favorise les apprentissages
    Par Amanda Castillo, le 28 juin 2018 - Le Temps


    Le jeune musicien brille dans toutes les sphères cognitives qui dépendent de l’attention, comme les tests d’intelligence, la mémoire et les acquisitions scolaires. Explications de la chercheuse Isabelle Peretz

    Comment l’apprentissage de la musique agit-il sur notre cerveau? Quels effets a-t-il sur la curiosité, l’attention et la mémorisation? Faut-il rendre l’apprentissage de la musique obligatoire à l’école? Ce sont là quelques-unes des questions posées par Isabelle Peretz. Dans Apprendre la musique: Nouvelles des neurosciences, un livre récemment paru aux Editions Odile Jacob, cette chercheuse conseille de faire de la musique dès l’âge de 6 mois. Elle cite une rare étude en milieu naturel conduite par des professeurs de l’Université McMaster en Ontario (Canada) sur des bébés. «Les bébés et leurs parents apprennent un répertoire de chansons en battant la mesure, en bougeant et en chantant. Après 6 mois, les habiletés musicales du bébé sont testées.» De façon intéressante, la communication parents-enfants est plus intense et le développement socio-émotif (exploration, sourires) s’améliore davantage chez les bébés «musiciens». «J’y vois les prémices de l’intelligence», analyse Isabelle Peretz.

    Vers l’âge de 6 ans, on retrouve des effets similaires. «Les enfants de 6 ans qui reçoivent des cours de piano ou de chant pendant un an prennent quelques points de plus à l’échelle de mesure de l’intelligence. Les cours de théâtre ou l’absence de leçon, pendant la même période, ne donnent pas un tel avantage.» Fait intéressant, l’enseignement des rudiments de la musique à des enfants de 8 ans pendant six mois, à raison d’un cours par semaine, aide à l’acquisition de la lecture.

    Un bon complément à l'éducation générale

    L’avantage intellectuel du jeune musicien, qui s’exprime par des résultats académiques supérieurs, semble se maintenir durant toute sa scolarité. Ainsi, une enquête récente menée auprès de 18 000 élèves a confirmé qu’en fin de secondaire (entre 16 et 17 ans), les élèves canadiens qui participaient à un orchestre à vent, une chorale ou un ensemble à cordes avaient un taux de réussite plus élevé dans toutes les matières évaluées (mathématiques, biologie, anglais). Ceux qui avaient suivi des cours d’arts plastiques ne montraient pas un tel avantage. A noter cependant que l’avantage intellectuel ne s’observe plus chez les musiciens professionnels lorsqu’on les compare à des professionnels non musiciens. «Les étudiants en musique n’on pas un QI supérieur aux étudiants universitaires d’autres disciplines, note Isabelle Peretz. Autrement dit, apprendre à faire de la musique est un atout quand l’activité fait partie de l’éducation générale. En faire une profession n’assure pas un maintien intellectuel de haut niveau.»

    Qu’en est-il de l’effet Mozart, suivant lequel la simple écoute de la musique améliore l’intellect? «Il ne suffit pas de faire entendre de la musique à l’enfant. Ce dernier doit en faire», répond Isabelle Peretz. Ainsi, savoir que l’apprentissage du piano est plus efficace pour modifier le cerveau que l’écoute attentive mais passive est à prendre en considération dans l’enseignement de la musique, comme dans la classe de maître à laquelle les élèves assistent sans jouer.

    Etudier avec de la musique

    Certains enseignants sont par ailleurs d’avis qu’étudier avec une musique de fond peut aider à se concentrer. Qu’en dit la science? «Les résultats des recherches sont mitigés. D’un côté, la musique peut aider à se concentrer. De l’autre, elle distrait. Elle peut par exemple nuire à la lecture et à la mémoire, surtout s’il y a des paroles. La présence de musique de fond est donc à doser avec discernement.» Isabelle Peretz cite une étude récente sur le sujet (The effect of background music: Listening to emotionally touching music enhances facial memory capacity).

    Dans une phase d’apprentissage, un étudiant est invité à mémoriser plusieurs visages présentés sur un écran. Dans ses écouteurs, on lui fait entendre tantôt de la musique instrumentale mélancolique, tantôt le son de la pluie, tantôt le silence. «Les résultats montrent que la mémoire est meilleure en présence d’une musique instrumentale émouvante et dans le silence». En effet, une musique joyeuse distrait, tout comme le son de la pluie.

    Chanter ensemble favorise la cohésion sociale

    Autre fait intéressant, la musique aurait un effet sur le comportement social. Ainsi chanter en chœur augmenterait, selon plusieurs études, la confiance en l’autre et favoriserait la coopération plutôt que la compétition. Dans le jeu du dilemme du prisonnier par exemple, connu pour sonder l’attitude d’entraide face à la trahison, les individus qui chantent en chœur juste avant manifestent une plus grande confiance en l’autre et coopèrent davantage que ceux qui lisent de la poésie ensemble ou qui regardent un film, ou encore qui écoutent de la musique préenregistrée.

    Existe-t-il un âge au-delà duquel il n’est plus possible d’apprendre la musique ? «Nombreux sont les adultes qui ont toujours voulu apprendre la musique, observe Isabelle Peretz. Et voyant les leçons de musique des enfants, certains se demandent si ce ne serait pas l’occasion de s’y mettre. La science est encourageante à cet égard. Oui, même à un âge avancé, on peut apprendre la musique.» Et de conclure: «Outre le fait que cet apprentissage a un effet protecteur sur le cerveau – le déclin lié à l’âge fait moins de ravages chez le musicien – apprendre la musique tardivement améliore l’écoute dans le bruit, l’attention et prévient les méfaits de l’isolement social.»

samedi 30 juin 2018

  • Le mur du silence


    Jean-Pierre Petit, Modèle Janus et armes russes (Thinkerview, juin 2018)



    Jean-Pierre Petit, Les nouvelles armes MHD de Poutine (avril 2018)

    Jean-Pierre Petit, né le 5 avril 1937 à Choisy-le-Roi (France), est un scientifique français spécialiste en mécanique des fluides, physique des plasmas, magnétohydrodynamique et en physique théorique.
    Source (et suite) du texte : wikipedia
    Site officiel : Jean-Pierre Petit / Chaine Youtube



    La "MHD" ou Magnètohydrodynamique par Jean-Pierre Petit, image d'archives (1970)

    Jean-Pierre Petit, Le mur du silence (BD gratuite en PDF sur la MHD)
     

  • Marc Chaduc ou Swami Ajatananda Saraswati
    Swami Ajatananda, Il s'agit de Marc Chaduc, le seul disciple connu de Henri Le Saux en Inde. Marc Chaduc avait réalisé dans sa vie l’expérience du Soi. Après cet éveil, il disparut mystérieusement de son ermitage à Kaudiyala (35 km en amont de Rishikesh), entre février et avril 1977. Nul ne l’a revu depuis.


    Maître et son disciple... Profonde gratitude...
    Swami Abhishiktananda [Henri Le Saux] écrit à propos de son disciple: "... il devra méditer en silence pendant de longues années, mais je suis sûr que le jour viendra où le fruit de son silence sera merveilleux. Mais en attendant, personne ne devrait le déranger. Tout ce qu'il veut ... c'est la solitude. " (Lettre, 03/07/73)

    Ce qui est essentiel dans la vie spirituelle c'est la combinaison de la réalisation de la Réalité avec la renonciation à toute autre chose. Si on ne rejette pas les choses non divines, la connaissance de Dieu ne sera que verbale, et l'évolution de la réalisation de Dieu en sera grandement empêchée. Mais, sans la réalisation de Dieu, le renoncement n'est que semblant. On doit donc se libérer intérieurement et extérieurement. (...)

    Tourne ton regard au-dedans,
    où nulle forme n’est plus vue,
    où tout visage a disparu.
    Pénètre au mystère du dedans,
    visage de Lumière que toi-même tu es,
    sans regardé ni regardant,
    sans dehors ni dedans.

    Swami Ajatananda, Années de Grâce, 1975
    Source (et suite) du texte : Facebook dédié à Marc Chaduc


    [Rencontre avec Laksman Joo, témoignage de Marc Chaduc :]
    A Nishat, darshan de Swami Lakshman Joo renommé pour sa connaissance perçante du Shivaïsme cachemirien et pour sa sainteté. Lui aussi, il quitta très jeune la maison paternelle, désireux du seul darshan des sages et de la sainteté elle-même. Je le trouve à son ermitage, le dimanche seul jour de visite possible. Son visage est serein et tout l’être respire le naturel, le naturel de la grâce qui habite en elle-même. Je reste silence à ses pieds, au milieu des autres dévots. Peu importe le système du Trika qu’il exposera magnifiquement en fin de matinée. C’est l’homme qui m’intéresse et un charme indéfinissable me séduit en lui – peut être son naturel de sainteté. Aucune pose en lui – hélas  rencontrée chez tant de Swamis –. Non : la belle liberté de la Présence spontanée, mouvement perpétuel de grâce et de lumière dans le repos infini de l’être. Il rit de bon cœur, parfois l’œil malicieux apparaît, la shakti explose, libre et aimante ! A l’occasion, il ne manque pas de donner une bonne tape amicale dans le dos de ses amis ! Mais plus que tout, ce qui me frappe, c’est ce qui se produit à chaque fois que l’un ou l’autre se prosterne en vénération à ses pieds. Un mystère se joue, qui suinte jusqu’à travers son corps. Il demeure comme figé, impassible, serein, compatissant, visiblement en attitude lui-même de vénération sainte en laquelle il reste plongé : une sorte de
    “prêtre”, d’intercesseur, de “passage” de la grâce. Je n’ai jamais senti cela aussi fort qu’en lui. En vérité, le cœur du saint est un fleuve d’amour et de bénédiction qui jamais ne s’arrête. Heureux celui qui l’approche ! Voir un saint suffit pour combler. Le toucher est une grâce immense. Quant à l’embrasser, c’est recevoir le baiser de la grâce elle-même et être envahi des effluves de sa shakti.

    Être conscient de guider ou d’éveiller des âmes, ne serait-ce qu’une seule, serait-ce même par le silence, c’est encore “faire” quelque chose. C’est incompatible avec le sannyāsa absolu. Dakshinamūrti est inconscient d’illuminer quelque âme que ce soit. C’est cela son vrai Silence, joyau inviolable du Soi. […] Dakshinamūrti tourné vers le Sud, il est le Nord, le pôle ultime de l’être, le zénith de la pure Conscience de Soi. Et de ce zénith abyssal, il plonge droit dans les profondeurs secrètes du Cœur. Son silence suprême, c’est sa contemplation réalisatrice de ce Cœur comme Soi.
    Son regard joyeux et radieux, c’est sa contemplation réalisatrice de ce Cœur comme Soi. Son amour indicible et muet, c’est sa contemplation réalisatrice de ce Cœur comme Soi. A ce miroir zénithal que chacun est à soi-même, puissions-nous découvrir qui nous sommes vraiment, dans la profondeur apaisée du Cœur.
    Source (et suite) du texte : Marc, mon frère Non-Né, Souvenirs de Marc Chaduc – Swami Ajātānanda par Bettina Bäumer (PDF)

    Atmananda Udasin a fondé un ashram en hommage à Ajatananda près de Rishikesh : Ajatananda ashram