Sur le Web, ces 21 derniers jours

mardi 10 juillet 2018

  • Méditation un matin d'été.
     
     
    Tôt le matin, il est agréable de s'assoir tranquillement sur la terrasse.
    L'air est encore frais, une très légère brise, délicatement parfumée, fait se balancer les feuilles des grands arbres qui nous offrent une ombre bienfaitrice.
    Le corps est naturellement immobile.
    On contemple le jeu des ombres et de la lumière et cette extraordinaire clarté, quand le soleil vient de se lever.
    Le ciel est d'un bleu radieux, les collines baignées de lumière, vert tendre, avec des tâches plus sombres.
    On entend quelques oiseaux et le roucoulement très doux de la tourterelle.
    L'esprit est calme, sans effort ni tension.
    De temps à autre passe un papillon, musardant de ci de là, ou un bourdon, pressé d'aller dieu sait où.
    Dans cette contemplation matinale, seule règne la beauté; sans personne, sans centre, sans individualité pour s'en saisir, comparer, juger....
    Un espace apparait, qui recouvre et inclut toutes choses.
    En lui, ce matin enchanteur parait intemporel, et son parfum est celui qui seul, peut remplir notre cœur, combler tous nos manques.
    On entendit une voiture au loin, mais cela ne rompit pas le silence.

  • "Nous vivons déjà dans le monde post-occidental"
    MAJ de la page : Affaire Skripal / Attaque chimique



    Interview du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov à la chaîne britannique Channel 4  (Moscou, 29 juin 2018).

    Vous savez, je pense que nous vivons déjà dans le monde post-occidental, mais que sa formation n’est pas terminée et sera encore longue. En fait, nous vivons une époque historique. Il est clair qu’après environ cinq siècles de domination de ce qu’on appelle l’Occident collectif, il n’est pas si simple de s’adapter aux nouvelles réalités.  (...)

    Puis a commencé l’aventure militaire des Etats-Unis en Irak, une aventure illégale basée sur un mensonge délibéré, comme tout le monde le sait aujourd’hui – même l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair a reconnu que l’opération était une erreur. Cependant cela ne change pas le fond des choses : de la même manière qu’Al-Qaïda est apparu en Afghanistan à cause de l’activité des Etats-Unis, Daech a été la conséquence de l’intervention en Irak.
    Et dernièrement, la Libye a été envahie, en transgression flagrante de la résolution du Conseil de sécurité des Nations unies, tout comme la Syrie (a été attaquée), et un autre « monstre » est apparu : le Front al-Nosra. Peu importe le changement de nom de cette organisation, son essence terroriste reste inchangée. Toutes les actions de l’Occident «civilisé » au Moyen-Orient et en Afrique du Nord sont en faveur des terroristes. (...)

    Je n’ai jamais parlé d’Edward Snowden avec la nouvelle administration américaine. Le Président russe Vladimir Poutine a exprimé la position de la Russie à ce sujet il y a quelques années déjà : la décision de revenir ou non aux Etats-Unis revient uniquement à Edward Snowden. (...)

    J’aime beaucoup Lewis Carroll mais je pense que la logique de la Reine qui dit « D’abord la sentence, ensuite le verdict » est inadmissible.
    A l’heure actuelle, pour tout ce qui concerne la présidentielle américaine, le Brexit, l’ « affaire Skripal » et le crash tragique du Boeing malaisien, le postulat de base est que « L’enquête se poursuit mais vous (la Russie) êtes déjà coupables ». On ne peut pas faire ça. (...)

    Encore une fois, si les gens commencent à construire leur politique nationale à l’égard d’un autre État en s’appuyant sur quelque chose de « possible » ou « très probable », c’est honteux. 
    Et je considère que ce qui se fait aux Etats-Unis dans le contexte du prétendu « Russiagate », comme l’a dit à plusieurs reprises Vladimir Poutine, est une manifestation d’un profond problème interne parce que les perdants (Démocrates) n’ont pas le courage de reconnaître leur défaite aux élections.
    Source et transcription complète : Arrêt sur info

    Confirmation que les frappes illégale des Américains, Français et Britaniques en Syrie se sont appuyées sur des preuves mensongères, il n'y a pas eu d'attaque chimique : Syrie, Pas de gaz innervant utilisé à Douma en avril, le 6 juillet 2018, Tribune de Genève / Syrie, Pas de sarin à Douma, le 6 juillet 2018, Moon of Alabama
    Lire aussi sur le site Les Crises : Dossier Affaire Skripal / Dossier Guerre en Syrie

    * * *



    La Russie vue du ciel (Allemagne, 2018)

    Cet époustouflant voyage aérien souligne l’extraordinaire diversité des paysages et des écosystèmes du géant russe. Au programme, entre autres : le survol du Caucase, des montagnes de l’Altaï et du delta de la Volga ; des vues aériennes de Moscou et Saint-Pétersbourg ; la découverte de la vie sauvage dans la péninsule volcanique du Kamtchatka ainsi que dans les steppes de Kalmoukie.

    Avec une superficie trente fois supérieure à celle de la France, la Russie est de loin le plus grand pays du monde : onze fuseaux horaires et 10 000 kilomètres séparent ainsi l’enclave de Kaliningrad du détroit de Béring. Pendant neuf mois, l’équipe des séries documentaires L’Allemagne vue d’en haut et Oiseaux migrateurs, plusieurs fois récompensées, a filmé depuis des hélicoptères et à l’aide de caméras aériennes ultraperformantes les paysages et la faune de cet immense territoire. Au programme, entre autres : le survol du Caucase, des montagnes de l’Altaï et du delta de la Volga ; des vues aériennes de Moscou et Saint-Pétersbourg ; la découverte de la vie sauvage dans la péninsule volcanique du Kamtchatka ainsi que dans les steppes de Kalmoukie.
    Source : Arte

lundi 9 juillet 2018

  • De l'Etant au Monde
    MAJ de : Jean Bollack / Parménide



    Jean Bollack, de l'Etant au Monde
    "Du jour au Lendemain" diffusée sur France Culture le 10 janvier 2007.
    Auteur de, Parménide : De l'Etant au Monde, Ed. Verdier Poche, 2006


    Penser avec le langage

    L'Etant se contruit avec les mots, et d'abord avec le mot "est". Il n'y a pas de langue sacrée propre à ce "est"; il y a seulement ce qui, dans la langue, permet d'isoler et de dire un élément central et distinctif. Il y a cet idiome de Parménide qui confond l'existence et la copule, et crée avec un verbe à la troisième personne du présent de l'indicatif une forme nominale (substantif ou adjectif) (...)
    C'est à cette étape de la "recherche" que Parménide a pu réduire le langage à un contenu minimal aussi éloigné que possible de tout contenu particulier. La distance prise à l'égard de toute nomination particulière se trouve dans le choix de ce point de départ. "Est", dans sa simplicité, pose le problème de l'énonciation en soi, en dehors de tout objet, évacuant toute signification autre que celle que ce référent implique, et qu'il permet de construire, dans ce domaine restreint et distinct. Quel que soit l'objet que l'on désigne, avant de désigner, on affirme qu'il est. C'est l'élément toujours implicite qui évite de dire le faux. Le référent n'a pas de concurrent. La différence ontologique a pu être reconnue dans cette distinction sémantique absolue. (pp.20-1)


    Fragment 2 : 

    Bon ! Je vais te dire - toi, ne lâche pas le récit que tu auras entendu - 
    quels sont les voies de recherche qui seuls se laissent penser. 
    L'un que "est" et qu'il n'y a pas moyen qu'il ne soit pas. 
    C'est la route de Persuasion, car Vérité suit : 
    l'autre que "est" n'est pas, et qu'il y a utilité qu'il ne soit pas. 
    De ce chemin-là qui détourne, je t'explique qu'on n'en sait rien du tout. 
    Car tu ne peux pas connaitre ceci, s'il n'est pas - car on n'y arrive pas -,
    ni non plus tu ne peux l'expliquer. 
    (p. 107)
    Jean Bollack, Parménide : De l'Etant au Monde, Ed. Verdier Poche, 2006


    Parménide

    Remarque : 
    L'anomalie grammaticale (voulue) "est" peut aussi s'interpréter comme une manière pour le poète philosophe de montrer le caractère indicible de ce qui, en se déployant, deviendra objet de discours.
    Lire aussi : "est"

  • Violences sexuelles sur mineurs : comment lutter ?
    MAJ de la page : Loi sur les violences sexuelles



    Le viol reste un crime, Belloubet et Schiappa font machine arrière face au tollé général (5 juillet 2018)

    Lire aussi : Loi sur les violences sexuelles : le gouvernement retire la notion d’"atteinte sexuelle avec pénétration", le 5 juillet 2018, FranceTVInfo

    L'absurdité de ce nouveau délit (atteinte sexuelle avec pénétration) est heureusement retiré.
    Cela dit la loi Schiappa continue de ne rien résoudre : aucun seuil de non consentement irréfragable malgré les promesses et c'est toujours à la petite victime de prouver son non-consentement (comme si un enfant de 6 ans* pouvait consentir à un acte sexuel), de plus la violence psychique subie par l'enfant n'est pas reconnue (on ne parle ni de dissociation, ni de sidération pour expliquer son manque de réaction ou sa passivité).
    Une loi critiquées par les associations et professionnels en charge de la protection de l'enfance mais aussi contraire au bon sens, ou à la volonté des français, comme en témoigne un sondage d'opinion (voir ci-dessous).
    (*) Il existe une jurisprudence protégeant les enfants de 5 ans et en dessous (mais rien entre 6 ans et la majorité de 15 ans).

    * * *

    Violences sexuelles sur mineurs : comment lutter ?
    Par Etienne Mercier, le 3 juillet 2018 - Sondage IPSOS

    Alors que la loi concernant les violences sexuelles sur mineurs est en cours de vote, l’association Mémoire Traumatique* et victimologie a voulu connaître la position des Français sur la question de l’instauration d’un seuil d’âge de consentement des mineurs, mesure abandonnée par le gouvernement et qui n’a pas été retenue par l’Assemblée Nationale, et sur la question des délais de prescription des crimes sexuels sur mineurs.

    TÉLÉCHARGEMENT


    Exception française, pas de seuil d'âge en France

    Les enfants sont les principales victimes de viol

    Les viols sur mineurs restent largement impunis

    Seuil d'âge du consentement des mineurs

    Une majorité des Français ignorait qu’il n’y avait pas d’âge légal du consentement
    - 68% des Français ne savaient pas que la loi française ne prévoyait pas de seuil d’âge, 42% l’ont appris à cette occasion, 26% ne le savaient toujours pas au moment du questionnaire.

    Une très grande majorité des Français est favorable à l’instauration d’un âge minimum dessous duquel un enfant ne peut pas être considéré comme consentant à un acte de pénétration sexuelle par un adulte qui est automatiquement un viol :
    - 81% des Français se sont déclarés favorables à ce que la loi prévoie désormais un seuil d’âge minimum en dessous duquel un acte de pénétration sexuelle par une personne majeure sur une personne mineure soit automatiquement considéré comme un viol (sans rechercher si la personne mineure était consentante ou non), une majorité d’entre eux s’est même déclarée tout à fait favorable.

    Une majorité des Français est favorable à ce que le seuil d’âge minimum soit fixé entre 15 ans et 18 ans :
    - 56% sont favorables à ce que soit fixé entre 15 et 18 ans le seuil d’âge minimum en dessous duquel un acte de pénétration sexuelle par une personne majeure sur une personne mineure soit automatiquement considérée comme un viol.
    - et si on considère un seuil d’âge compris entre 13 et 18 ans, 76% y sont alors sont favorables.

    En cas d’inceste, de handicap de la victime, de relation d’autorité sur la victime, la quasi-totalité des Français est favorable à ce que les actes de pénétrations sexuelles par un adulte sur un mineur de moins de 18 ans soient automatiquement considérés comme des viols :
    - 92% y sont favorables en cas d’inceste ;
    - 91% y sont favorables en cas de handicap du mineur ;
    - 90% y sont favorables lorsque l’adulte a autorité sur la victime.

    Délai de prescription des crimes sexuels sur mineur
    La très grande majorité des Français est favorable à ce que les viols et les tentatives de viols sur mineurs soient imprescriptibles :
    - 70% sont favorables à l’imprescriptibilité ;
    - 12% sont favorables à un délai de prescription de 30 ans après la majorité, comme le prévoit le projet de loi sur les violences sexuelles et sexistes ;
    - 18% sont favorables à à un délai de prescription de 20 ans après la majorité, comme le prévoit la loi actuellement.

    Pour le Dr Muriel Salmona, présidente et fondatrice de l’association Mémoire Traumatique et Victimologie : « Les résultats de cette enquête montrent que la population française est tout à fait consciente de la nécessité de protéger plus efficacement les mineurs des violences sexuelles, et à plus forte raison les enfants les plus vulnérables qui en sont  le plus victimes (les plus jeunes, ceux qui sont handicapés et ceux qui sont victimes d’inceste) ».

    Les enfants, principales victimes de viols
    Âge du consentement : l'avis des Français
    Imprescribilité du viol : l'avis des Français

    [1] Créée en 2009, dans l’optique de lutter contre toutes les violences et d’améliorer leur prévention, l’association Mémoire Traumatique et Victimologie a pour but d’améliorer l’identification, la protection et la prise en charge des victimes de violences via l’information du public et la formation des professionnels impliqués, et de promouvoir la connaissance et la compréhension des conséquences des violences.

    Téléchargement
    RAPPORT COMPLET 
    INFOGRAPHIE IMPUNITÉ
    INFOGRAPHIE IMPRESCRIBILITÉ 
    INFOGRAPHIE PROTECTION DES ENFANTS
    INFOGRAPHIE SEUIL D'ÂGE DU CONSENTEMENT EN EUROPE 
    INFOGRAPHIE SEUIL D'ÂGE DU CONSENTEMENT POUR LES FRANÇAIS
    TOUT TÉLÉCHARGER .ZIP | 5MB

jeudi 5 juillet 2018

  • Exclusif : le CSA va fermer toutes les télés.


    Edwy Plenel, fondateur de Mediapart, sur la loi contre les Fakes News (qui n'aurait sans doute pas permis de révéler l'affaire Sarkozy), mars 2018.

    Lire aussi :  Fausses informations : l'Assemblée adopte deux propositions de loi très critiquées par l'opposition, le 4 juil. 2018, RT


    Exclusif : le CSA va fermer toutes les télés.
    Par Jacques-Marie Bourget, le 1 juillet 2018 - Mediapart

    Pour complaire à la décision de Macron, celle de bombarder la Syrie pour "punir Bachar d'un bombardement chimique à la Ghouta", le CSA a emboité la trajectoire des missiles pour canarder "RT France", la chaine russe qui émet en français depuis Paris.

    Macron, président orwelien ?

    En général le pouvoir profite du Tour de France pour jouer un tour à la France. Pour prendre des mesures scélérates : décision attentatoire aux libertés, diminution du revenu des plus pauvres, bombardement exotique, Liban, Irak, Libye, Mali, Syrie, pour faire comprendre aux indigènes qu’ils doivent rester à leur place, celle du mort.

    Aujourd’hui un autre chloroforme planétaire est proposé à la rescousse, le « Mondial » de foot. C’est peut-être pour cette raison que le peuple français a peu protesté contre la dernière mesure prise par le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel (CSA), alors qu’il vient d’interdire l’activité de toutes les chaines de télévision émettant en France !

    Je vous vois, lecteur vétilleux et honnête, hurler à la « fake news », et aussi contre mon modeste moi, décrit comme ayant abusé du savennières... Vous vous trompez, dans un édit qu’il a cloué à son pilori d’Internet, le CSA a bien publié une règle qui coupe le sifflet, et les images, à toutes « nos » télés. Pour faire simple je vous livre un extrait du texte, écrit à la tronçonneuse collective, par la tête de gondole qui dirige ce Conseil « Supérieur », fort d’un demi-millier de « sages » payés chaque mois. La loi du CSA, l’outil de censure qui autorise l’expression à la télévision et à la radio, est la suivante :

    « Les journalistes, présentateurs, animateurs ou collaborateurs d’antenne veillent à respecter une présentation honnête des questions prêtant à controverse et à assurer l’expression des différents points de vue » ; que l’article 2-3-6 relatif à l’honnêteté de l’information et des programmes prévoit notamment que : « L’exigence d’honnêteté s’applique à l’ensemble des programmes (...). Il [l’éditeur] fait preuve de rigueur dans la présentation et le traitement de l’information. Il veille à l’adéquation entre le contexte dans lequel des images ont été recueillies et le sujet qu’elles illustrent. » ...

    Stop, n’allons pas plus loin, la fête de la liberté est finie. Si l’on applique l’exigence de nos pères et mères fouettards, tous les écrans seront noirs et les radios diffuseront du Michel Legrand, ce qui va être pénible. Avouez que je ne suis pas tombé dans le « fake », et vous ai démontré que la pénurie d’informations nous attend. Car bien sûr, le CSA va abattre, affutée, sa faux sur le faux, celui de toutes les chaines. Quand j’écris « faux », c’est bien sûr pris du point de vue d’un certain Olivier Schramek qui préside cette PME qui administre la vérité.

    N’étant pas Hitchcock je ne vais pas vous faire trembler plus longtemps. La conduite d’airain prescrite par le CSA ne s’adresse qu’aux post bolchéviques, aux poutiniens de souche qui travaillent à Paris au sein de la chaine russe, « RT France ». On peut donc continuer de rire. Et de se régaler avec ces experts en mensonges qui font la queue devant les studios pour dire le vrai qui convient. L’officiel.

    Revenons ce crime franco-russe, qui ne supporte pas la réfutation et n’est donc pas un entre « mais ». Monsieur Schramek et son orchestre (pas rouge) écrit :

    « Considérant en premier lieu que le service RT FRANCE a diffusé, au cours du journal télévisé de 11 heures du 13 avril 2018, un sujet intitulé « Attaques simulées » contestant la réalité des attaques à l’arme chimique dans la région syrienne de la Ghouta orientale et attribuant au groupe « Jaysh al Islam » l’initiative de la mise en scène des effets des attaques sur la population ;



    Considérant que ce sujet comportait un extrait vidéo dans lequel des personnes civiles intervenaient en dialecte syrien ; que la traduction orale en français accompagnant l’extrait diffusé témoignant de la simulation de l’attaque chimique était dénuée de lien avec les propos effectivement tenus par les intervenants qui traitaient de la situation de famine sévissant dans la zone ; qu’il est apparu que cette traduction se rapportait à une autre version, plus longue de la vidéo, non diffusée ; que, même si les propos ayant fait l’objet d’une traduction erronée ont par ailleurs été tenus, un tel fait caractérise un manquement à l’exigence de rigueur dans la présentation et le traitement de l’information énoncée par les stipulations précitées de l’article 2-3-6 de la convention du service RT FRANCE ;

    Considérant que la traduction française de certains propos de témoins interviewés dans le sujet précité a substitué au pronom « ils », employé par les témoins, le nom du groupe « Jaysh al Islam » pour désigner ceux qui auraient demandé à la population locale de simuler les effets d’une attaque à l’arme chimique ; qu’une telle substitution, qui induit une lecture différente du sujet diffusé, caractérise un manquement aux exigences d’honnêteté et de rigueur dans la présentation et le traitement de l’information énoncées par les stipulations précitées de l’article 2-3-6 de la convention du service RT FRANCE

    Considérant en second lieu que lors de l’ensemble des éléments diffusés au cours du journal télévisé de 11 heures du 13 avril 2018 traitant de la situation syrienne, un point de vue a été présenté dans des conditions aboutissant à un déséquilibre marqué dans l’analyse du sujet et qu’en particulier un traitement univoque a été présenté de la question des armes chimiques, alors que la sensibilité et le caractère controversé du sujet imposaient que les différents points de vue soient exposés afin d’en garantir l’honnêteté ; qu’une telle présentation constitue un manquement aux exigences de présentation honnête des questions prêtant à controverse et d’expression des différents points de vue en méconnaissance des stipulations précitées de l’article 2-3-1 de la convention du service RT FRANCE ;

    Considérant qu’il résulte de ce qui précède qu’il y a lieu de mettre en demeure la société RT FRANCE de se conformer, à l’avenir, aux stipulations précitées des articles 2-3-1 et 2-3-6 de la convention du 2 septembre 2015 ;

    Après en avoir délibéré,

    Décide :
    Art. 1er. – La société RT FRANCE est mise en demeure de respecter, à l’avenir, les stipulations précitées des articles 2-3-1 et 2-3-6 de la convention du 2 septembre 2015.
    Art. 2. - La présente décision sera notifiée à la société RT FRANCE et publiée au Journal officiel de la République française. »

    Je sais que cette lecture a épuisé votre attention. Que ce texte est écrit avec un manche de pioche par des journalistes du CSA que nous étions si contents de ne plus lire dans nos journaux... Donc, pardon pour la pénitence. Mais vous avez bien lu : tout citoyen qui, avec BHL et consorts, n’a pas respiré du chimique dans la Ghouta aura la tête tranchée.

    La présidente de RT France, Xenia Fedorova, a réagi aux observations si objectives du Conseil « Supérieur » :

    « La mauvaise association entre la traduction et une vidéo spécifique diffusée le 13 avril dernier était une erreur purement technique, qui a été corrigée. Nous maintenons que RT France couvre tous les sujets, y compris le conflit en Syrie, de la manière la plus équilibrée, en donnant la parole à toutes les parties.... ».

    Le crime avoué, aucun « fake », mais une erreur de mixage, ne sera jamais pardonné. Pour RT France émettre sous le feu du général Schrameck reste un sport de combat.

    La contre information (ou désinformation) à propos de la Syrie, le centre de cette guerre médiatique dans la guerre qui tue, débat est là. En vrai le CSA est envoyé au casse-pipe pour défendre la pertinence des missiles que le bon président Macron a expédiés sur la Syrie le 13 février dernier (avant même de conduire une enquête), pour « punir Assad d’une attaque chimique ». Rassurez-vous, le CSA, commandeur du croyant, en pondant sa mise en garde contre RT France, ne fait pas de politique. Il se contente d’administrer la vérité, à lui révélée. A l’ORTF on a jadis connu de tels défenseurs de « l’objectivité », ils sont visiblement toujours à l’attaque.

    Puisque ses 500 salariés sont trop occupés à zieuter RT France, je ne vais pas fournir au CSA ma liste. Les cas de mensonges urgents, répétés, structurels, institutionnels qui sautent aux yeux, sauf à ceux de monsieur Schrameck. Je ne vais pas le faire car on ne peut lutter pour la liberté de s’exprimer en dénonçant les mensonges des autres. Un indice quand même, par charité confraternelle, que le CSA, quand il en aura terminé avec la vodka, examine avec son peigne anti poux la production de l’ensemble des chaines qui émettent en français, je veux dire la diffusion des reportages et commentaires faisant suite aux derniers massacres de Gaza. Pour cette bagatelle, visiblement (faute de crédits ?), le téléphone de monsieur Schrameck a été coupé. Les ordres de « mise en demeure » sont restés aux vestiaires.

    Jacques-Marie BOURGET



  • Lama Samten Yéshé
    MAJ de la page : Lungtok Tenpai Nyima



    Vidéo en hommage à Lungtok Tenpai Nyima, 33e abbé du monastère Bön de Menri, récemment disparu à l'âge de 89 ans, le 14 septembre 2017 (diaporama de Lama Samten Yéshé, 2018)
    Intronisation de son successeur (désigné par tirage au sort), Lha Sung Den Tarwa, 34e Menri Trizin : Youtube


    En position de méditation, 8 jours après sa mort.


    Os et dents, transformés en perles lors de l'incinération du corps.

    * * *

    Né au Tibet, Lama Samten Yeshe Rinpoché a accompli seize années d’études (Sutra, Tantra et Dzogchen) au sein du Monastère de Menri.
    Maître de chant, Maître de danses sacrées, formé à la réalisation de mandalas, à la médecine, la calligraphie et l’astrologie tibétaines, Lama Samten a obtenu son diplôme d’enseignement supérieur de Docteur en Philosophie Bouddhiste Bön en 2010.
    Après avoir dirigé un monastère et professé au Tibet, il voyage aujourd’hui en Europe afin d’offrir ses enseignements.

    Lama Samten enseigne en langue française la méditation suivant la voie du Bön (en particulier le Dzogchen) ainsi que le yoga tibétain (Tsa-Lung Trul-Khor), la langue tibétaine, organise des conférences et donne des consultations en astrologie tibétaine en France (en particulier à Arles, Carcassonne, Montpellier, Nîmes, Paris, Rogues et le Vigan), mais il intervient aussi en Europe (Allemagne, Autriche, Espagne, Hongrie, Italie, Pologne, etc.).
    Le nom “Tazig” désigne la région mythique d’apparition du bouddhisme Bön, située à l’ouest du Tibet, qui vit naître Tonpa Shenrab.
    Source et site officiel : Tazig / Chaine youtube

    Lama Samten vient aussi régulièrement en Suisse (Sion) pour des week-end de yoga tibétain. Renseignement : Marie, suisse@tazig.fr
    (Exemple de postures du yoga tibétain par Tenzin Wangyal : Youtube)





    Cérémonie de Gueshé (docteur en philosophie) de Lama Samten Yeshé Rinpoché - Monastère de Menri, 2010



    Lama Samten (Yuval Avital, 2014)



    Chant du Cristal et Chants tibétains, concert par J.-M. Lometec , E. De Gasquet et Lama Samten (Paris, mai 2016)
        

  • Sarkozy, corruption, assassinat et affaire d'état ?


    Fabrice Arfi, journaliste d'investigation à Mediapart, Sarkozy, corruption, assassinat et affaire d'état ? (Thinkerview, 23 mai 2018)
    Lire aussi du même journaliste : Document libyen: Nicolas Sarkozy, menteur patenté, Mediapart, 23 mars 2018



    Affaire Sarkozy/Kadhafi : Soupçons sur des millions (France 2, Cash Investication, 24 mai 2018)

    * * *



    Cahuza, La honte de la France (Tatiana Ventose, 15 mai 2018)



    Philippe Pascot et les magouilles politiques (Tatiana Ventose, décembre 2017)

    Ils ont compris la combine, plus besoin de corrompre un élu, maintenant ils font comme en Amérique. (...) c'est les chefs d'entreprises qui sont directement au gouvernement. C'est un bohneur ! 
    Coca Cola dirige l'organisme d'Etat qui s'occupe de lutter contre l'obésité dans le sport en France ! C'est génial ! Il est évident que Coca Cola va nous apprendre à boire moins de Coca ! 
      

  • Un moine occidental au monastère de Menri


    Un moine occidental (Dominique) au monastère de Menri en Inde (Les Routes du Monde, 2012)


mercredi 4 juillet 2018

  • La conscience de la faille - Thierry Vissac

    Je trouve très interessant la proposition de Thierry Vissac de vivre une spiritualité sur deux jambes.
    Il propose de passer par la faille, notre blessure fondamentale pour aller à l'être, ce qu'il nomme l'âme.
    En tant que praticienne c'est bien cela que je tente de faciliter. Non seulement tout est inclut dans la conscience mais cette incarnation est là pour vivre aussi nos difficultés fondamentales et les traverser humainement, pour gouter encore plus pleinement ce que nous sommes. Ce n'est pas l'un ou l'autre, d'un côté la vie prosaïque à subir et de l'autre une transcendance vers laquelle s'élever et tendre mais bien la réalité intriquée des deux à vivre. Oser le présenter ainsi,  c'est cesser de résister à la difficulté de vivre.

  • Qu'est-ce que contempler?

    De Marcel Conche, philosophe

    grenouille

    "Qu'est-ce que contempler ?

    Contempler la tourterelle, la pie, la grenouille, la mouche, c'est se placer, en mystique, devant le mystère de la vie, c'est éprouver, devant la tourterelle que l'on voit, et qui vit le monde en tourterelle d'une manière pour nous totalement inconnaissable... le sentiment du sacré.

    Contempler, c'est ne pas aller au-delà de la chose même pour la réduire à ce qu'ellesignifie, à une interprétation, à une connaissance. C'est prendre le monde tel qu'il est, sans vouloir l'expliquer par une cause ou une fin. Je vois ce monde comme n'ayant ni cause explicative, ni fin, ni modèle, ni fond caché, et, à chaque instant comme venant de naître. Il n'y a pas d'arrière-monde, et le monde ne recèle aucun mystère. Il est lui-même le mystère.

    Ce mystère est si voyant qu'il faut l'homme pour ne pas le voir. Car l'homme ne voit que l'homme.Ce qui ne se donne qu'à la dépréoccupation, la préoccupation ne peut le rencontrer.

    Ne soyons plus qu'un regard pur et sans intention. Alors, ce qui nous est le plus proche cesse de nous être lointain. Le vouloir qui arraisonne les choses, l'entreprise de la vie font obstacle à l'ouverture accueillante de ce qui existe, de ce qu'il y a. Mais, comme l'âme dans l'état mystique s'oublie elle-même, oublions l'homme en nous, et, dans l'extase mondaine, laissons le mystère se livrer à nous. La chose en soi n'ayant pas de rôle à jouer, ne renvoyant à rien au-delà d'elle-même, se montre alors avec l'insistance de sa singularité."

    Marcel Conche

    Vivre et philosopher ,(PUF - 1993).


lundi 2 juillet 2018

  • L'Union européenne vers le chaos ?


    L'Union européenne vers le chaos ? (Le Média, Dans la gueule du loup n5, 28 juin 2018)
    avec Coralie Delaume, essayiste, Daniel Shapira, POI, François Asselineau, UPR, Jacques Nikonoff, Pardem, Charlotte Girard, FI, Pierre-Yves Bournazel, UDI

    On fait semblant de croire que l'Union Européenne procéderait d'une sorte de bonne volonté. Non, (...) en 1939 von Hayek, le pape du néolibéralisme déclare qu'il faut mettre en place un système fédéral en Europe pour vérouiller les politiques néolibérales (qui ne s'appellent pas encore comme ça), en tout cas pour empêcher les peuples d'avoir la maitrise de leur économie. Jacques Nikonoff

    A partir du moment où on ne crée pas l'Europe à partir des Nations, où l'on ne fait pas un concert des Nations européennes, ou n'est plus dans l'intergouvernemental mais dans le supranational, c'est-à-dire des Nations qui se dépossèdent de leurs moyens d'agir pour les monter à l'échelon au-dessus et les confier à des techniciens qui ne sont pas élus. A partir du moment où on fait cela on ne peut plus être en démocratie. Coralie Delaume

    L'Union Européenne c'est une chose, l'Europe c'est en une autre. L'Europe c'est un ensemble de pays qui ont toujours collaboré ensemble (...) L'UE c'est un édifice économico-juridique qui a été fait pour inscrire dans le marbre une philosophie néolibérale et, qui a été fait aussi, pour ne pas être réformable. Donc l'UE n'est pas réformable. En revanche si elle venait à trépasser il resterait l'Europe (...). Coralie Delaume
    Auteure de : La fin de l'Union européenne, Ed, Michalon, 2017

    Lire aussi : UE, le début de la fin ? par Jacques Sapir, le 30 juin 2018




    François Asselineau, Les origines cachées de la construction européenne (le 24 avril 2014 )

    Des documents secrets du gouvernement américain qui viennent d'être déclassifiés montrent que la communauté des services secrets américains a mené une campagne , tout au long des années 50 et 60, afin de promouvoir l'unification européenne (...).
    Les dirigeants du Mouvement Européen (Retinger, le visionnaire Robert Schuman et l'ancien premier ministre belge Paul-Henri Spaak) étaient tous traités comme des employés par leurs parrains américains. The Daily Telegraph (19 septembre 2000)

    La Résistance francaise est née du refus de la défaite, refus non motivé, qui ne s'appuyait sur aucun raisonnement, aucun intérêt, il venait du plus profond de notre être, du sentiment instinctif que malgré un tel effondrement l'honneur du pays pouvait être sauvé. FFI (Forces Françaises de l'Intérieur, 1944)
    Lire aussi : Programme National de la Résistance (24 mars 1944)
    Voir aussi : Créer c'est résister, résister c'est créer ! (mars 2014)



      
        

  • L’assistance aux riches : «un pognon de dingue» à plus de 300 milliards par an ?
    MAJ de la page : Macron



    Macron surjoue l'indignation : "On met un pognon de dingue dans les minima sociaux" (sic), vidéo faussement prise sur le vif, tweeté par sa directrice de communication Sibeth Ndiaye (13 juin 2018)

    On met un pognon de dingue dans des minima sociaux, les gens y sont quand même pauvres ! (...) Il faut prévenir la pauvreté et responsabiliser les gens pour qu'ils sortent de la pauvreté. Emmanuel Macron

    Remarque :
    Les minima sociaux (souvent largement au dessous du seuil de pauvreté) sont une aide à la survie et non un moyen d'enrichissement. Qui faut-il responsabiliser : les victimes de la crise essayant de survivre au quotidien ou ceux qui usent et abusent de leurs positions sociales, économiques, et de leurs privilèges (voir ci-dessous : 300 milliards d'euros chaque année en faveur des plus riches, somme bien supérieure à l'ensemble des aides sociales et sans aucune justification éthique) ?

    Lire aussi : Y-a-t-il trop d'aide social en France ? (11 juin 2018) / Surprise : la facture de vaisselle de l'Elysée ne serait pas de 50 000 euros... mais de 500 000 (13 juin 2018) / Après la vaisselle à 500 000 euros, Emmanuel Macron commande une piscine pour Brégançon (20 juin 2018) / Privatisations : malgré les promesses la France abandonne son gaz (15 juin 2018) / Chronique de micronie, En marche vers le 19e siècle (26 juin 2018)




    L'invité des matins par Guillaume Erner
    Emmanuel Macron : refondateur ou démolisseur du modèle social ? 18/06/2018
    Avec Dominique Méda, Philosophe et sociologue, professeure à l’Université Paris-Dauphine


    Abolissons les privilèges des pauvres !

    * * *

    L’assistance aux riches : «un pognon de dingue» à plus de 300 milliards par an ?
    Par jean Gadrey, professeur d'économie à l'Université de Lille, le 16 juin 2018  - Alternatives économiques
    Auteur de : Les nouveaux indicateurs de richesse, Ed. La Découverte, 2016

    L’ensemble des aides sociales, incluant « l’action sociale » (c’est-à-dire le financement de l’activité des agents publics remplissant ces missions) est chiffrée par la DREES à 69 milliards d’euros, chiffre pour 2013. De son côté, Henri Sterdyniak, expert sur ces questions depuis longtemps, indique un chiffre de 70 milliards. On est à peine au-dessus de 3 % du PIB (2.230 milliards en 2016)

    Qu’en est-il de « l’assistance aux riches » ? L’ordre de grandeur est de 300 milliards d’euros par an, 4,3 fois plus que les aides sociales qui nous coûtent paraît-il « un pognon de dingue ». Voici les principaux postes.

    Commençons par le plus gros morceau, la fraude et l’évasion fiscale. L’estimation la plus prudente de la seule évasion fiscale se situe entre 60 et 80 milliards par an de pertes pour les recettes publiques. Mais dans un billet de juin 2017 qui s’appuyait sur une expertise de Gérard Gourguechon, je posais la question : Fraude et évasion fiscale en France : 200 milliards par an ? Voir aussi cet autre billet, qui soulève la question du périmètre de ce qu’on évalue, de ce qu’on retient pour qualifier la fraude et/ou l’évasion : « Évasion fiscale : 11 milliards ou 200 milliards par an de pertes pour les finances publiques en France ? ». Sur cette base, je retiens un ordre de grandeur de 150 milliards de coût annuel de l’évasion et de la fraude fiscales.

    Le second poste d’assistance aux riches (et aux grandes entreprises qu’ils détiennent) est constitué des niches fiscales légales et des « niches sociales » (réductions ou exonérations de cotisations sociales). Certaines répondent à d’authentiques objectifs d’intérêt général, comme les réductions d’impôt pour les dons aux associations ou pour des travaux d’isolation. D’autres bénéficient avant tout aux personnes plus riches et ne peuvent pas être considérées comme justes. D’autres vont aux entreprises, comme des crédits d’impôts ou des exonérations de cotisations sociales. A priori, ces dernières ne sont pas destinées « aux riches », elles sont même le plus souvent défendues au nom de l’investissement et/ou de l’emploi, mais quand il est clair qu’elles remplissent très mal cette mission d’intérêt général, alors elles font avant tout grossir les bénéfices non réinvestis et les dividendes et, in fine, c’est bien dans la poche des riches qu’on les retrouve.

    On ne connaît pas exactement le montant total actualisé des niches fiscales et « sociales », mais il y a eu dans le passé des études sérieuses, et, depuis, le montant total s’est bien alourdi avec le CICE et le pacte dit de responsabilité de 2014. Voici ce que j’écrivais dans un article de l’Observatoire des inégalités de septembre 2016 : « Un rapport parlementaire de juin 2010, présenté par Gilles Carrez, alors député UMP, estimait que les « niches » accordées depuis 2000 représentaient pour le budget de l’État un manque à gagner annuel supérieur à 100 milliards d’euros à la fin de cette décennie ! On devrait en particulier considérer comme une niche notoirement inefficace les 46 milliards annuels de « cadeau sans contrepartie » que représentent le Crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE) et le pacte dit de « responsabilité »”. Sur cette base, on doit approcher aujourd’hui les 150 milliards d’euros de niches fiscales. Je rejoins ici le chiffre fourni dans le rapport d’audit citoyen sur la dette publique publié en 2014.

    Il faut y ajouter les exonérations de cotisations sociales et autres « niches sociales », pour lesquelles on peut conseiller cet article du Monde : « Les niches sociales, ces autres niches qui coûtent 52 milliards à la “Sécu” ».

    Pour mon évaluation des ordres de grandeur, je conviendrai, ce qui me semble le moins, que seulement la moitié des quelques 200 milliards de niches fiscales et sociales relève de l’intérêt général. Dans le cas du CICE et du pacte de responsabilité, c’est nettement moins de la moitié, voir cet article d’Alternatives économiques : « Pacte de responsabilité, les raisons de l’échec ». Le reste, c’est du cadeau sans contrepartie.

    J’en suis à environ 250 milliards d’euros annuels « d’assistance aux riches ». Il manque le troisième gros poste, la baisse de la fiscalité sur les revenus et sur le patrimoine des plus riches et des entreprises depuis une trentaine d’années. Je cite à nouveau mon article de l’Observatoire des inégalités : « Le taux marginal d’imposition sur le revenu (celui qui s’applique à la tranche la plus élevée des revenus) était encore à 65 % en 1986, et le taux d’imposition sur les sociétés à 45 %. Ces dernières années, ils étaient respectivement de 40 % (devenus 45 % depuis 2013) et 33 %. En théorie, car les plus riches et les plus grandes entreprises savent en réduire la portée. Selon le Conseil des prélèvements obligatoires, les entreprises du CAC 40 ne paient plus qu’à un taux d’imposition réel de 8 % alors que les petites entreprises versent 30 %. ». Cette citation ne tient pas compte des « cadeaux Macron » récents d’environ 7 milliards/an concernant la réduction de l’ISF à une peau de chagrin, la suppression de « l’exit tax » et la « flat tax » plafonnée à 30 % sur les revenus du capital. Mais aussi la baisse du taux de l’impôt sur les sociétés passant de 33 % à 25 % d’ici 2022, soit un manque à gagner de 11 milliards d’euros en 2022 selon Le Figaro.

    Je ne suis pas en mesure d’évaluer correctement l’ensemble des cadeaux aux riches que représentent ces allègements de taux depuis 30 ans, mais selon cette étude de l’Institut des politiques publiques, il est clair que la forte réduction du poids de l’impôt sur le revenu progressif (mais de moins en moins progressif, voir le graphique suivant) au bénéfice de la CSG non progressive a conduit à un transfert massif de plusieurs dizaines de milliards d’euros vers les plus aisés. Par ailleurs, les cadeaux fiscaux aux plus riches ont aussi concerné l’impôt sur les successions et donations : le manque à gagner en recettes publiques de cet impôt est de l’ordre de 7 milliards rien que du fait de diverses réformes introduites depuis 2000 (source).

    La baisse des seuils supérieurs d'imposition des hauts revenus

    Il faudrait réaliser un exercice semblable pour l’impôt sur les sociétés (IS), mais beaucoup de données fiables existent dans le rapport d’audit citoyen sur la dette publique. Faute de mieux, j’évalue à 50 milliards d’euros au moins le cadeau fiscal aux riches non pas par rapport à une « fiscalité juste » idéalisée, mais par rapport aux normes, seuils et tranches qui ont existé dans les années 1970 et jusqu’au milieu des années 1980, pour l’IR et pour l’IS, et par rapport aux normes de 2000 pour l’impôt sur les successions.

    J’en suis donc à environ 300 milliards d’euros comme « pognon de dingue » d’aides aux plus riches, en n’ayant pas retenu le haut de la fourchette pour l’évasion et la fraude fiscale ni pour les niches ni pour la remise en cause de la progressivité des impôts.

    Emmanuel Macron prétend qu’il n’y a pas d’argent magique, mais c’est tout simplement parce qu’en tant que Président des riches il vise avant tout à accentuer la « redistribution à l’envers » : ponctionner sur les 90 % les moins riches, sur les services publics, sur la protection sociale, pour favoriser encore plus la toute petite minorité qui a ses faveurs et qui lui rend bien.

    Jean Gadrey est professeur honoraire d’économie à l’Université Lille 1

    * * *


    François Hollande "Non ce n'est pas vrai [Macron n'est pas le président des riches]. Il est le président des très riches" (Canal +, 25 avril 2018)

    Un vendu témoigne contre un autre vendu. Ne pas oublier que François Hollande avait envoyé un certain Emmanuel Macron à Londres pour rassurer les financiers de La Cities après avoir affirmé "Mon ennemi c'est la finance". (Affirmation mensongère, dans un unique but électoral).