Sur le Web, ces 21 derniers jours

samedi 23 septembre 2017

  • cherche la noble perle

    Quelques extraits de Jacob Boehme, qui nous invite à chercher la perle précieuse en nous-même.

    Et pour ceux qui ont du mal avec le mot Dieu, remplacez-le par "Conscience" , "Être", "Présence" ou "Source"...

    autumn-972717_960_720

    « Si tu veux contempler Dieu et l’éternité, retourne-toi avec ta volonté dans l’intérieur, alors tu es comme Dieu même. Car alors tu es ainsi créé dans le commencement, et ainsi tu vis selon ta volonté intérieure, dans ce monde, et tu as les deux régnes en propriété, et tu es véritablement une image et une ressemblance de Dieu. »

    De la triple vie de l’homme

     

    « Si vous voulez considérer ce qu’est le ciel, où il est, ou bien comment il est, vous n’avez pas besoin d’élancer votre pensée à plusieurs milliers de milles d’ici. Car cet espace ou ce ciel n’est pas votre ciel […] Car le vrai ciel est partout, même dans le lieu où vous êtes et où vous marchez. Lorsque votre esprit atteint la génération la plus intérieure de Dieu, et qu’il pénètre au travers de la génération sidérique et charnelle, dès lors il est dans le ciel. » 

    L’Aurore naissante

     

    « C’est pourquoi, cherche la noble perle, elle est plus précieuse que ce monde. Elle ne s’éloignera jamais de toi, et où sera la perle, là sera aussi ton cœur : tu n’as pas besoin d’aller chercher plus loin qu’ici le paradis, la joie, et les délices du ciel. Cherche seulement la perle ; si tu la trouves, tu trouves le paradis et le royaume céleste, et tu deviendras si savant que, sans l’avoir éprouvé, tu ne le pourrais pas croire. »

    Des trois principes de l’essence divine

     

     


vendredi 22 septembre 2017

  • Du percept au concept

    Douglas Harding nous disait souvent dans ses ateliers, que dans cette voie directe pour s'éveiller et découvrir notre vraie nature, nous devions passer du concept au percept..

    Et pour se faire comprendre, il prenait l'analogie suivante :

     

    Si j'écris le mot "ROUGE", c'est un concept, une idée. Mais si je vous montre du rouge

     

    rouge

     

    c'est un percept.

     

    Ainsi si je parle du Soi, de la Nature-de-Bouddha, de la Vacuité,  ce sont des concepts.

    Mais si je pointe vers vous, cela peut devenir un percept.

     

    doigt2

    Juste ici, maintenant. Sans effort. Sans mot.

     

    jlr

     

    Et Lucien a mis en commentaire ce texte de Houand-Po, maitre T'chan chinois, que Douglas aimait beaucoup et qui cadre parfaitement avec le message. Merci Lucien

     

    "HUANG-PO : - Tous les Bouddhas et les êtres sensibles se confondent avec l'Esprit Unique, en dehors de quoi rien n'existe. Cet Esprit, qui est sans commencement, n'est pas né et est indestructible. Il n'est ni vert ni jaune, il n'a ni forme ni apparence. I n'appartient pas aux catégories de choses qui existes ou n'existent pas, il n'est ni neuf, ni vieux, ni long ni court, ni grand ni petit, car il transcende toutes les limites, les mesures, les noms, les comparaisons. Il est ce que vous voyez devant vous (c'est un PERCEPT). Si vous commencez à raisonner ( CONCEPTUALISER) à son propos, vous tombez aussitôt dans l'erreur. Il est pareil au vide illimité, qui ne peut être ni sondé ni mesuré. L'Esprit Unique, seul, est Bouddha et les choses sensibles, mais les êtres sensibles sont attachés aux formes et, de ce fait, cherchent le Bouddha hors d'eux-mêmes. Par cette recherche même ils le perdent, car cela revient à utiliser le Bouddha pour chercher le Bouddha, et à utiliser l'esprit pour saisir l'Esprit".

     


  • C'est avec joie que je partage avec vous cette vidéo INÉDITE extraite du stage "Au coeur de la Communification" du 1er au 3 mai 2015 à Lyon.
    Dans cette vidéo, je réponds à une participante qui m'interroge sur la manière dont je gère la douleur physique au quotidien : il peut en effet sembler parfois plus challengeant de gérer l'intensité d'une douleur physique que celle d'une émotion ou d'une pensée...
    Je fais le vœu que cette vidéo vous apporte quelques pistes afin d'augmenter votre capacité d'accueil de tout ce qui vous traverse...

    1

jeudi 21 septembre 2017

  • vous devez retourner le regard

    Voici un témoignage de mon ami David Dubois sur le maitre tibétain du bön Tenzin Namdak:

     

    Tenzin_Namdak_600_350

    "Puisque je parle de Vision et de Douglas Harding, cela me fait penser à Tenzin Namdak.

    Avec feu Tulkou Orgyen, il est l'un des rares adeptes du Dzogchen qui pointait directement et simplement notre Vrai Visage, simple, nu, silencieux, doux et toujours accueillant.

    Je me souviens de ma première rencontre avec lui, sur le toit de son monastère de Kathmandou. Nous parlâmes de la pluie et du beau temps. Puis il pointa l'essentiel à sa manière, sans emphase :

    "Laisse ton esprit détendu... puis retourne l'attention vers toi-même... Il y a une clarté vide, au-delà des concepts, n'est-ce pas ? C'est l'état naturel".

    Souvent, il dit juste "l'état" ou "la nature". J'ai eu la chance de l'entendre bien des fois répéter me message simple et essentiel, fondement de toute vie intérieure.
    Parmi tous les adeptes du dzogchen, il est sans doute celui qui pointe cela de la manière la plus directe.
    Pourquoi ? Parce que c'est simple. Vraiment.
    Chercher autre chose, c'est reporter l'inévitable.

    David Dubois"

    J'avais déjà posté un texte de Lopön Tenzin Namdak sur ce blog dans lequel il nous dit en effet l'essentiel

     

    1-Inversez la flèche de l'attention

    2-Voir la nature de l'esprit

    3-Stabiliser la vision en se familiarisant avec elle

    4-Accueillir tout ce qui se présente à partir de la nature claire de l'esprit et le laisser s'autolibérer.

     

    jlr

     

     

     

    "Afin de reconnaître clairement l'état naturel, vous devez retourner le regard sur vos pensées. Lorsque vous pratiquez ainsi, vous réalisez qu'à la fois celui qui regarde et l'objet qui est regardé disparaissent simultanément.

    Si vous observez attentivement ce qui se passe à cet instant, vous verrez qu'en vérité, vous ne pouvez absolument rien trouver. Il n'y a rien là. Cependant, vous ne tombez pas dans un état d'insconscience. Au contraire, si vous regardez très attentivement, vous allez voir que cet état est plutôt clair et lumineux. Il est impossible de le décrire car il transcende toute description et parce que le langage est fondamentalement conditionné.

    Cet état est au-delà des définitions et au-delà de la saisie mentale. Calme, il est parfaitement conscient de lui-même car lorsque vous demeurez dans un tel état, vous réalisez que vous êtes dans votre mode originel ou votre état primordial lui-même. Vous devez vérifier cela très souvent et vous familiariser avec cela aussi fréquemment que possible.

    Lorsque vous vous serez familiarisé avec cet état et que vous l'aurez cultivé encore et encore, sans aucun artifice, votre expérience de cet état va devenir de plus en plus stable.

    Lorsqu'elle commencera se stabiliser, vous remarquerez que les pensées impures ne surviennent pas comme elles le font d'habitude et vous verrez qu'elle se purifient naturellement d'elles-mêmes. Ces pensées impures deviendront de plus en plus rares, jusqu'à ce qu'elles soient complètement pacifiées dans l'état naturel.

    Il est extrêmement important de parvenir à un tel état afin de cultiver l'expérience de l'état naturel de manière continue.” 

    Lopön Tenzin Namdak

     

     

    Déjà publié en dec 2014, Vu sur le site de Patrice,  KHORDONG


mercredi 20 septembre 2017

  • Hâte-toi d'y accéder

    Tripura-Rahasya

    "Prince! Discerne donc cette essence qui est la tienne! Cette conscience universelle au sein de laquelle le monde se révèle; si tu réussis à y pénétrer, tu deviendras le créateur de toutes choses. Je vais te dire comment on y parvient, comment on accède à ce domaine.

    Pour cela, tu dois viser avec acuité l'instant intermédiaire entre le sommeil et l'état de veille, ou bien le passage d'une idée à une autre, ou encore l'instant où la conscience de soi est sur le point de fusionner avec l'objet. Ce plan est celui de ta propre essence. Une fois que tu l'auras atteint, tu ne connaitras plus d'égarement. L'univers, tel que nous le voyons, ne procède que de l'ignorance de cette réalité. Là, il n'y a ni couleur, ni saveur, ni odeur, ni forme tangible, ni son ; il n'y a ni douleur, ni plaisir, ni objet connu, ni sujet connaissant. Support de toutes choses, essence de toutes choses, cela est en même temps exempt de toute détermination. Cela est le suprême Seigneur, cela est Brahma, Vishnou, Roudra et Sadashiva.

    Sois sincère dans ton effort pour bloquer l'activité mentale, délaisse l'extraversion au profit de l'introversion et bientôt tu te verras toi-même par toi-même. Renonce, comme si tu étais aveugle, à l'idée même du "je vois". L'esprit immobile, abandonne le dilemme "voir ou ne pas voir" et la forme que prendra alors ton expérience ne sera autre que toi-même. Hâte-toi d'y accéder!"

    Tripurarahasya, Trad. du sanskrit Michel Hulin.

     

    Si je retourne mon attention de 180°, si je regarde celui qui observe en ce moment, je ne trouve pas de sujet, pas d'observateur.

    Aucune forme, aucune couleur.

    Vacuité.

    Il n'y a pas de "je vois" mais il y a vision,

    il y a être,

    il y a conscience, une et universelle.

    Retourner son regard, et se saisir soi-même par soi-même sans soi-même.

    Au-delà de la dualité du sujet et de l'objet.

    Rien de plus urgent que d'y accéder.

    Rien de plus simple.

    jlr


  • comme si elle était dans la nature et dans le vide

    "Jacques Bertot (1620-1681) fut confesseur du couvent des bénédictines de Caen fondé par la sœur de Monsieur de Bernières, puis confesseur du couvent de Montmartre à Paris. Son rayonnement déborda sur un cercle laïc, animé par la suite par Madame Guyon.

    Les écrits de « Monsieur Bertot » furent publiés anonymement à des dates très espacées et furent associés au quiétisme, deux raisons qui expliquent que ces écrits, comparables aux plus grands textes de direction, soient restés méconnus. Ils furent rédigés sans concession par ce Directeur Mystique (tel est le titre de la partie principale du corpus, publiée en 1726). Ils sont remarquables par la précision apportée aux descriptions du vécu spirituel à tous niveaux et par de profonds exposés des degrés d’oraison". D. Tronc

    bertot


    "Et dans cet état d'anéantissement de la vie intérieure il ne paraît plus à l’âme ni haut ni bas, ne se trouvant aucune distinction ni différence entre le fond et les puissances, tout étant réduit dans l’unité, simplicité et uniformité, et comme une chose sans distinction ni différence aucune. D’où vient que quelques uns appellent aussi cet état, état d’unité et de simplicité.

    Mais dans la dernière consommation de cet état, il ne paraît plus dans l’âme ni unité ni simplicité, tout cela étant comme perdu et anéanti. Et bien plus, elle n’a plus de chez soi, c’est-à-dire elle n’a plus d’intérieur, n’étant plus retirée, ramassée, recueillie et concentrée au-dedans d’elle-même; mais elle est et se trouve au-dehors dans la grande nudité et pauvreté d’esprit dont je viens de parler, comme si elle était dans la nature et dans le vide. D’où vient qu’elle ne sait si elle est en Dieu ou en sa nature.

    Elle n’est pourtant pas dans la nature ni dans le vide réel, mais elle est en Dieu qui la remplit tout de Lui-même, mais d’une manière très nue et très simple, et si simple que Sa présence ne lui est ni sensible ni perceptible, ne paraissant rien dans tout son intérieur qu’une capacité très vaste et très étendue".

    Jacques Bertot, Directeur Mystique, Editions du Carmel, 2005.

     

     


  • La Voie de la non-dualité: rencontre à Paris, samedi 30 septembre et dimanche 1er octobre 2017.
     
     
    RENCONTRE A PARIS
     
    Samedi 30 septembre et dimanche 1er octobre 2017.
     
     
    Le lieu:
    A Paris dans le 13ième.
     
    Horaires:
    Samedi de 18h30 à 20h30
    Dimanche de 10h à 17h30
     
    Programme:
    Méditation, dialogues, approche corporelle.
     
    Renseignements, inscriptions, écrire:
     
    Rencontre à suivre:
    Retraite d'automne, 13, 14et 15 octobre à Apt.

mardi 19 septembre 2017

  • Regardez celui qui regarde

     

     
    "Lorsque vous pratiquez, quelle que soit la manière dont vous le faites, de nombreuses sortes de pensées et d'expériences différentes vont survenir.
    Alors, vous devez les examiner imperturbablement ainsi : d'où sont-elles venues, où demeurent-elles, où s'en vont elles et quelle est leur forme et leur couleur?
    Et regardez aussi la conscience elle-même.
    Si vous ne voyez rien du tout, alors examinez attentivement ce qui est regardé
    et qui est celui qui regarde.
    Si vous ne voyez rien qui ait une substance propre, alors examinez attentivement les nombreuses différentes pensées.
    Demeurez spontanément sans saisie dans l'état sans limite semblable au ciel, sans objet et ainsi totalement et clairement persuadé que l'esprit est sans aucune racine".


    Nuden Dorje Drophan Lingpa
    Simply Being/ La Simplicité de la Grande Perfection

     

    patrice

    "When practicing, however you do it, many different kinds of thoughts and experiences will occur. Then you must unwaveringly examine how they are in terms of wher did they come from, where do they stay, where do they go and what shape and colour they have.
    Also look at awareness itself. If you don't see anything at all, then examine carefully what is looked at and who is the looker. If you don't see anything without self substance then really examine the many different thoughts very carefully. Remain spontaneously without grasping in the sky-like state without limits, free of objects and thus be totally clear that mind is without any root."
    Merci à Patrice.

  • La langue Girafe n'est pas une langue


    Je découvre souvent avec tristesse que certaines personnes semblent confondre le processus de la Communication Nonviolente avec une manière de parler, qui elle-même se résumerait en 4 points :
    • Observation
    • Sentiment
    • Besoin
    • Demande
    ce qui pourrait laisser à penser que pratiquer cet art de vivre qu’est la CNV se réduirait à ânonner des phrases du type :
    "Quand je te vois faire ça (observation), je me sens agacé (sentiment), parce que mon besoin de considération (besoin) n'est pas rejoint. Serais-tu d'accord de me dire pourquoi tu agis ainsi ? (demande)"
    ou
    "Quand tu me dis ça (observation), est-ce que tu te sens triste (sentiment) parce que ton besoin de délicatesse (besoin) n'est pas rejoint ? Et qu'aimerait-tu maintenant (demande) ?

    Certes, Marshall Rosenberg nous a transmis 4 points sur lesquels nous pouvons porter notre attention lorsque nous souhaitons augmenter nos chances de vivre des relations bienveillantes en lesquelles les besoins de chacun sont rejoints, mais il nous a avant tout transmis que la langue girafe (expression qu'il employait pour désigner la manière d'utiliser ces 4 points, que ce soit pour se mettre à l'écoute de l'autre ou pour exprimer ce qui se vit en nous) n'est pas une langue en soi.

    En disant ceci, il tentait d'attirer notre attention sur le fait que la dimension la plus importante de la CNV est son intention, celle de se relier de coeur à coeur d'une manière qui permette à la compassion de se vivre naturellement, dans le donner et dans le recevoir : lorsque cette intention est pleinement vécue, peu importe les mots qui sont utilisés...

    A contrario, lorsque les 4 étapes pré-citées sont utilisées sans que nous soyons profondément ancrés dans cette intention, nous devenons ce que Marshall nommait un "Giraffe Parrot", un "perroquet Girafe", qui en utilise les mots sans que son coeur y soit relié.
    Le mien se serre lorsque je vois les conséquences tragiques d'utiliser cette manière de s'exprimer alors que le coeur n'y est pas : les interlocuteurs s'exaspèrent de ce qu'ils perçoivent comme un manque d'authenticité et en viennent rapidement à détester la CNV qu'ils identifient à cette manière mécanique de parler.
    C'est pourquoi j'ai l'élan ce matin de partager ce texte qui relate ce que Marshall Rosenberg avait dit à ses participants la fin d'un d'un stage d'introduction à la CNV.

    Puissent ses paroles s'inscrire en nos cœurs, afin que nous ne confondions pas la forme et le fond...
    Marshall B. Rosenberg

    LA LANGUE GIRAFE N’EST PAS UNE LANGUE
     par Marshall B. Rosenberg

    Ces propos de Marshall B. Rosenberg sur la langue girafe idiomatique ont été recueillis par Jean-François Lecocq, formateur et médiateur à l'Université de Paix, lors de la première session intensive en Communication Nonviolente donnée à La Marlagne du 5 au 15 août 1996.

    La Communication Nonviolente est un art de vivre qui nous aide à donner et à recevoir dans un esprit de bienveillance. Elle attire notre attention sur les sentiments, besoins et demandes de chaque personne, et nous garde de toute critique, jugement ou évaluation, qui sont souvent sources de malentendus. L'enseignement du processus de la Communication Nonviolente est souvent présenté comme l'apprentissage d'une langue étrangère, dite «langue girafe», en rapport avec la marionnette utilisée pendant les séminaires de formation pour symboliser l'attitude que l'on veut vivre (la langue «chacal» désignant notre façon habituelle de penser et parler sous formes de jugements, d’évaluations, d’interprétations).

    «Maintenant que nous venons de passer beaucoup de temps à réviser la forme de la Communication Nonviolente - ou de la langue girafe - et que nous avons vu comment elle s'organisait autour de la façon qu'on a de dire certaines choses, j'ai une mauvaise nouvelle pour vous : LA LANGUE GIRAFE N'EST PAS UNE LANGUE !

    En fait le processus a relativement peu de choses à voir avec les mots, il est universel et s'applique à toutes les cultures. Si donc vous compreniez la langue girafe, vous ne diriez pas : «C'est un langage que je ne peux pas employer là où je travaille», vous diriez plutôt quelque chose comme : «Comment puis-je arriver à faire circuler ce flot d'énergie là où je travaille ?»

    Il y a un mois, en Angleterre, j'ai reçu un cadeau magnifique : la photographie d'un tableau. Ce tableau a été peint après que j'ai raconté l'histoire d'un dialogue que j’ai eu avec un fermier immigrant du Mexique. Si je m'étais adressé à lui, c'est parce que je l'avais vu vivre une danse girafe où il avait permis de façon exemplaire à ce flot d'énergie que je viens de mentionner, de circuler.
    Cet homme venait d'avoir une conversation avec une mère et son enfant de trois ans. J'aurais voulu pouvoir filmer cette scène, parce qu'il y avait là un exemple parfait d'un échange girafe. Or pas un seul mot n'a été prononcé !
    J'ai assisté à ce moment de communication extraordinaire alors que j'arrivais dans une salle d'attente d'une gare routière de San Francisco. C'était une salle bondée, il y avait foule. Dès que j'ai pénétré dans cette salle d'attente, j'ai immédiatement perçu que quelque chose de merveilleux s'y déroulait. C'est dans le regard d'un enfant de trois ans, assis sur les genoux de sa mère, que je l'ai vu. J'ai regardé de l'autre de la pièce, pour voir ce qu'il regardait : c'était une orange.


    Cette orange était posée sur les genoux du fermier immigrant qui avait juste terminé son repas.
    Cette orange était posée sur les genoux du fermier immigrant qui avait juste terminé son repas. Il venait de mettre les vieux papiers dans un cornet brun. Il était sur le point de commencer à peler son orange pour la manger. Il se trouve qu'il a levé les yeux et a croisé le regard de l'enfant.
    L'enfant n'a pas dit: « Quand je vois ton orange, je me sens très affamé, et j'ai vraiment le besoin d'être nourri ; j'aimerais que tu me dises si par hasard tu serais d'accord de partager un morceau de ton orange avec moi juste maintenant ; naturellement, je ne voudrais pas que tu le fasses, à moins que tu puisses le faire avec joie ; s'il te plaît, abstiens-toi si, par hasard, il y a un peu de peur, de culpabilité ou de honte dans ta motivation ».
    Le garçonnet n'a rien dit de tout cela. Et en même temps il a dit tout cela... avec ses yeux.
    Et quand ce fermier l'a compris, il n'a pas répondu: « Si je comprends bien, tu as faim ».
    Et néanmoins il l’a dit, avec son regard. Il s'est levé, il a marché en direction de l'enfant et a eu une magnifique conversation avec sa mère, non verbalement. Il ne lui a pas dit: « Quand je vois les yeux de ton enfant tournés vers moi, j'ai des sentiments mélangés : je ressens de la joie à la possibilité d'exercer ma générosité et, en même temps, je ressens aussi de l'appréhension, parce que j'aimerais être sûr que mon geste ne va pas contrarier tes projets concernant ce que tu veux faire manger à ton enfant aujourd'hui. Ainsi j'aimerais savoir si tu me donnes la permission de donner cette orange à ton fils ? »
    Il n'a pas dit cela... et pourtant il l'a dit. Et la mère n'a pas répondu : « Je vois, au mouvement que tu fais avec ton orange, que tu tiens vraiment à l'offrir ». Elle n'a rien dit de tel... et pourtant si.
    Quand l'homme est arrivé devant l'enfant, il s'est incliné avec beaucoup de courtoisie, a embrassé l'orange et l'a tendue au petit garçon.
    Je dois dire que j'ai eu beaucoup de chance, car le seul siège resté libre dans cette salle d'attente, se trouvait à côté de celui de cet homme. Je me suis donc assis à côté de lui et lui ai dit : « J'ai été très touché de voir la façon dont vous avez donné votre orange à ce petit garçon ». Je n'avais pas encore maîtrisé la langue girafe aussi bien que lui, les mots m'étaient encore nécessaires ! Il a été sensible au fait que je reconnaisse sa générosité.
    J'ai ajouté: « Ce que j'ai particulièrement aimé, c'est la façon dont vous avez embrassé l'orange avant de lui la tendre ». Il a réfléchi un instant et il était très sérieux quand il m'a répondu: « J'ai presque 70 ans et s'il y a une chose que j'ai très bien apprise, c'est de ne jamais rien donner, à moins de le donner du plus profond de son coeur ».


    La langue girafe n'est pas une langue, elle n'est pas une affaire de mots ; c'est une attitude qui nous permet de rejoindre un flot d'énergie à partir duquel il est possible de donner du plus profond de son coeur. Et donner du fond du coeur n'est pas une affaire de culture. Plus je voyage, plus je découvre de nouvelles cultures et plus je suis convaincu que fait simplement partie de la nature humaine. J'ai été extrêmement touché de constater le nombre de fois où j'ai été l'objet de cette générosité.

    Je suis donc convaincu qu'if s'agit d'un processus naturel. Mais il est certes possible, dans certains contextes, que quelque chose interrompe ce flot et rende plus difficile de parvenir à s'y engager ou de se laisser porter par lui. La langue girafe n'est donc qu'une manière de se rappeler tout cela, de se rappeler où mettre notre attention afin que ce flot, qui est naturel, puisse couler librement.

    La langue girafe est une façon de nous rappeler où nous voulons que les autres personnes mettent leur attention. Ce qui ne veut pas dire nécessairement qu'il faille employer certains mots à des moments spécifiques.

    Alors, me direz-vous, pourquoi passer tant de temps à travailler sur les mots ? Je ne connais pas d'autres moyens d'amener l'attention des gens là où j'ai envie qu'elle soit, si ce n'est en rendant clairs les observations, les sentiments, les besoins et les demandes, qui, tous, font partie de ce flot. Quand nous sommes connectés à ce niveau-là, le flot se répand tout seul.

    Lorsque vous aviez trois mois, et que vous réveilliez au milieu de la nuit, vous ne vous adressiez pas à vos parents en leur disant. « Comment pouvez-vous être aussi insensibles, voilà plusieurs heures que je n'ai pas mangé, levez vos culs paresseux de vos lits et venez me nourrir ! »
    A l'époque où vous étiez bébé, vous ne vous êtes jamais exprimé comme ça parce que vous aviez une langue qui vous était naturelle et amenait directement l'attention sur vos sentiments et vos besoins. Mais bien des cultures enseignent une langue qui nous coupe de cette capacité naturelle. Ce qui fait que l'on apprend à utiliser une langue qui finit par ressembler pratiquement à des insultes, au moment où on est le plus affamé !
    La langue girafe est simplement destinée à nous rappeler comment redevenir aussi malin que lorsque nous avions trois mois. Quoi que ce soit que l’on communique, on essaie de mettre les personnes à qui on parle en lien avec nos besoins et sentiments.


    A l'âge de trois mois, nous étions vraiment habiles à faire cela, autrement nous ne serions pas là aujourd'hui. Sans l'usage des mots, nous communiquions pourtant très clairement nos sentiments et nos besoins. La langue girafe n'est donc qu'une façon de nous rappeler des choses que nous savions déjà à l'âge de trois mois.
    Peu importe ce qui se passe dans la culture où vous vous trouvez, ne vous laissez pas distraire, gardez votre attention sur ce flot naturel et vous verrez que les gens viendront vous y rejoindre.

    Bien entendu, il peut être nécessaire d'ajuster les mots qu'on va choisir d'employer suivant la culture dans laquelle on se trouve. Une des cultures dans laquelle je travaille, par exemple, et où l'on n'a pas l'habitude de parler la langue girafe classique, c'est celle de la partie pauvre de la ville de Cleveland, dans l'Ohio (Etats-Unis).
    Il s'y trouve des gangs de rue qui sont sans cesse en guerre les uns contre les autres.
    Mon travail consiste à enseigner la langue girafe à des personnes qui ont été arrêtées pour leur comportement violent.


    La première fois que je me suis trouvé avec l'un de ces groupes, j'ai dit que j'étais très heureux d'avoir l'occasion de partager avec les personnes présentes un certain processus de communication... J'en étais là de ma phrase quand un des hommes présents s'est mis à rire: « Communication ? Alors tu te trouves entouré par trois gars d'un autre gang, il y en a un qui te menace d'une arme et tu veux communiquer ? Merde alors ! »
    J'ai parlé la girafe avec lui, j'ai mis mon attention sur ce qu'il ressentait, en tout cas j'ai deviné, et j'ai perçu qu'il avait peur à l'idée de communiquer dans certaines situations. J'ai ensuite voulu vérifier si je le comprenais bien : « Est-ce que tu as peur à la perspective de communiquer dans certaines situations ? »
    Il a sauté de sa chaise, s’est avancé vers moi en déclarant: « Moi ? j'ai peur de rien, mec ! ». Ce qui m'a donné l’occasion de parler avec lui la langue girafe idiomatique. Il y a certaines cultures dans lesquelles on ne peut pas parler aux hommes des sentiments qu'ils éprouvent. ll y a des cultures où les gens ne sont pas vraiment heureux de mentionner leur s sentiments, surtout certains sentiments spécifiques.
    Si j'avais dit à cet homme: « T'en as plein les bottes, parfois, non ?... » ça, il l'aurait toléré. Mais « peur » en tout cas pas. Donc il a fait mon éducation : si je veux pouvoir lui parler quand je perçois qui a peur, je me contente de le percevoir, mais ne mentionne rien de tel à haute voix devant ses pairs. Pourtant, je continue à parler girafe puisque mon attention est quand même sur ce qu'il ressent vraisemblablement. Avec, évidemment, l'inconvénient de ne pas pouvoir vérifier.
    J'ai repris: « En tout cas, ce que tu veux que je voie, c'est que ça peut être dangereux de vouloir communiquer dans certaines circonstances ». Il pouvait accepter cela. Il m'a répondu: « C'est facile, pour toi, tu viens de ces coins privilégiés, tu ne comprends rien à ce que c'est de communiquer quand on vient de la rue, tu viens ici pour gaspiller notre temps avec ta merde ! »
    - « Donc, ce que tu voudrais, c'est quelqu'un qui connaisse davantage ta culture pour venir travailler ici avec vous ? »
    - « Et comment ! »
    Et l'un après l'autre. Ils ont commencé à s'exprimer et à m'expliquer combien c'était stupide qu'une personne comme moi vienne essayer de leur apprendre quelque chose.

    J'ai continué à les écouter avec mes oreilles girafes : parfois j'ai reflété verbalement, parfois en silence... et après une quarantaine de minutes pendant lesquelles ils ont tous crié à mon adresse à tour de rôle, on pouvait sentir, très progressivement très doucement, une certaine qualité d’énergie se transformer. Le premier qui s’était exprimé avait vraiment une espèce de rage à l'idée de gaspiller son temps avec quelqu'un comme moi. Mais vers la fin, ils parlaient davantage à partir d’un certain désespoir en expliquant combien c'était dur pour eux de vivre dans un environnement où ils passaient leur temps à avoir peur, à être en danger. La plupart du temps, c'est uniquement avec mes yeux que j'ai communiqué : j'ai écouté les sentiments et les besoins qu'ils exprimaient.
    Un conseiller, qui faisait partie du programme, a perçu le changement d'énergie dans la pièce.
    « Qu’est-ce que vous pensez de lui ? » leur a-t-il demandé en me désignant. L'un des gars présents a répondu: « C'est une des personnes qui parlent le mieux de toutes celles que l'on a rencontrées jusqu'ici ». Le conseiller était en état de choc et m’a chuchoté: « Mais tu n'as pratiquement pas ouvert la bouche ! » J'avais pourtant dit beaucoup... en langue girafe idiomatique ! Je m'étais engagé avec ces hommes dans un certain flot énergétique. Donc, ça c'est un exemple d'une culture dans laquelle il n'est pas si facile de parler de sentiments.

    C’était bien plus facile, cependant, que de partager la langue girafe avec des policiers en Israël, parce que la communication du style girafe ne faisait vraiment pas partie de la culture du département de police avec lequel j'ai travaillé.
    On m'a demandé de travailler avec le département à propos duquel il y avait le plus de plaintes de brutalités. Quand ces policiers se retrouvaient en fin de journée, ce n'était pas pour se dire des choses du style: « Oh, j'ai eu une connexion fantastique avec telle personne, j'ai eu l'occasion de donner de l'empathie à telle autre en pleine détresse », etc. Non, ce n'était pas du tout le style de leur conversation !
    Quand j'essayais d’écouter ce qu'ils échangeaient pendant les pauses, ou à d'autres occasions, c'était : « Ce fils de pute m'a insulté, alors je lui ai cassé la gueule ! » A quoi un autre répondait : « T'aurais dû y aller plus fort ! », etc. Et ces personnes n'avaient pas fait le choix de dépenser beaucoup d'argent pour venir me voir et écouter ce que j'avais à leur apprendre. C'est leur chef qui leur avait imposé de venir. Donc, comme vous pouvez deviner, ce n'est pas seulement du fait de leur culture qu'ils ne se montraient pas vraiment réceptifs à la langue girafe, mais parce qu'ils étaient obligés de venir à un cours et menacés de représailles, s'ils n'y allaient pas ! Ce n'était évidemment pas la meilleure manière de les ouvrir à ce qu'ils allaient entendre.
    Le gouvernement israélien a fait beaucoup de recherches pour voir quel était l'effet de la langue girafe dans cette culture-là et s'est montré extrêmement satisfait des résultats.

    Comment ai-je enseigné la langue girafe dans ce contexte ?
    En la vivant, en la démontrant. Si vous parvenez à entrer dans ce flot d'énergie qui est le plus proche de ce que nous sommes censés être en tant qu’êtres humains, ceux qui vous entourent vont avoir envie de vous y rejoindre.

    Parfois aussi les mots peuvent aider. Alors si les mots peuvent nous aider pour revenir à cette qualité d'énergie, pourquoi ne pas les utiliser ? Evidemment, on va choisir les mots qui nous aident le plus à parvenir à cette qualité. Il se peut que, suivant les circonstances, les mots que nous avons utilisés ces jours derniers, soient les meilleurs possibles pour arriver à créer cette connexion. Alors que, d'autres fois, la même forme va s'avérer un obstacle. On peut alors choisir d'autres mots, l'essentiel étant que notre intention soit toujours de nous connecter au niveau des sentiments et des besoins. Toutes les cultures ont des sentiments et des besoins, les mêmes besoins. Il s'agit simplement de se mettre en connexion avec la vérité de ce qui se passe au coeur des êtres

    Marshall B. Rosenberg


    Si vous souhaitez faire un pas de plus avec la Communication NonViolente (CNV), je vous propose 3 ressources :
    4

lundi 18 septembre 2017

  • La nature de l'esprit

    Voici un texte de Matthieu Ricard sur la nature de l'esprit qui est dite ici être "conscience pure "...

    jlr

     

    vague

    "La nature de l'esprit

    Lorsque l'esprit s'examine lui-même, que peut-il apprendre sur sa propre nature? La première chose qui se remarque, ce sont les courants de pensées qui ne cessent de surgir presque à notre insu. Que nous le voulions ou non, d'innombrables pensées traversent notre esprit, entretenues par nos sensations, nos sou­venirs et notre imagination. Mais n'y a-t-il pas aussi une qualité de l'esprit toujours présente, quel que soit le contenu des pensées ? Cette qualité, c’est la conscience première qui sous-tend toute pensée et demeure tandis que, pendant quelques instants, l'esprit reste tranquille, comme immobile, tout en conservant sa faculté de connaître. Cette faculté, cette simple « présence éveillée », on pourrait l'appeler « conscience pure » car elle peut exister en l'absence de constructions mentales.

    Continuons à laisser l'esprit s'observer lui-même. Cette « conscience pure », ainsi que les pensées qui surgissent en elle, on en fait indiscutablement l'expé­rience. Elle existe donc. Mais, hormis cela, que peut-on en dire? Si l'on examine les pensées, est-il possible de leur attribuer une caractéristique quel­conque? Ont-elles une localisation? Non. Une cou­leur? Une forme? Non plus. On n'y trouve que cette qualité, « connaître », mais aucune autre caractéris­tique intrinsèque et réelle. C'est dans ce sens que le bouddhisme dit que l'esprit est «vide d'existence propre». Cette notion de vacuité des pensées est certes très étrangère à la psychologie occidentale. À quoi sert-elle? Tout d'abord, lorsqu'une puissante émotion ou pensée surgit, la colère par exemple, que se passe-t-il d'ordinaire? Nous sommes très facile­ment submergé par cette pensée qui s'amplifie et se multiplie en de nombreuses autres pensées qui nous perturbent, nous aveuglent et nous incitent à pronon­cer des paroles et à commettre des actes, parfois vio­lents, qui font souffrir les autres et seront bientôt pour nous une source de regret. Au lieu de laisser se déclencher ce cataclysme, on peut examiner cette pen­sée de colère pour s'apercevoir que dès le départ ce n'est « que du vent ».

    Il y a un autre avantage à mieux appréhender la nature fondamentale de l'esprit. Si l'on comprend que les pensées surgissent de la conscience pure, puis s'y résorbent, comme les vagues émergent de l'océan et s'y dissolvent à nouveau, on a fait un grand pas vers la paix intérieure. Dorénavant, les pensées auront perdu une bonne part de leur pouvoir de nous troubler. Pour se familiariser avec cette méthode, lorsqu'une pensée surgit, essayons d'observer sa source ; quand elle disparaît, demandons-nous où elle s'est évanouie. Durant le bref laps de temps où notre esprit n'est pas encombré de pensées discursives, contemplons sa nature. Dans cet intervalle, où les pensées passées ont cessé et les pen­sées futures ne se sont pas encore manifestées, ne per­çoit-on pas une conscience pure et lumineuse qui n'est pas modifiée par nos fabrications conceptuelles ? Pro­cédant ainsi, par l'expérience directe, nous appren­drons peu à peu à mieux comprendre ce que le bouddhisme entend par « nature de l'esprit »."

    Matthieu Ricard, Plaidoyer pour le bonheur


  • Pour aller au plus haut de soi...


dimanche 17 septembre 2017

  • Vivre les difficultés

     

    phare

    Les circonstances de la vie ne sont pas toujours faciles, parfois elles peuvent être extrêmement difficiles : problèmes d'argent, chomage, maladies, deuil,...

    Et parmi les lecteurs de ce blog, je sais qu'il y a certaines personnes qui vivent ces souffrances et qui ont l'impression d'avoir la tête sous l'eau, d'être submergées par mille obstacles qui se dressent.

    Et je suis de tout coeur avec elles maintenant.

    D'ailleurs tous, à un moment ou à un autre, nous rencontrerons des difficultés.Tous.

    Je ne prétends pas avoir une solution magique qui pourrait faire disparaitre ces problèmes.

    Mais peut-être pouvons-nous essayer maintenant, ensemble, de voir qu'une partie de nous, et même notre être le plus profond n'est pas entièrement englouti par le flot de nos problèmes.

    Si nous regardons au-dessus de nos épaules,

    si nous inversons la flèche de notre attention vers ce qui regarde en nous

    nous découvrons un grand espace clair et ouvert

    Vide et transparent

    Et nous voyons alors que le monde et aussi nos pensées, nos émotions, et nos souffrances

    apparaissent dans cette Ouverture sans limite.

    Nous n'avons pas la tête englouti dans le monde,

    non,

    c'est le monde qui est englouti dans l'Ouvert.

    Notre essence la plus intime, la plus secrète dépasse le monde de tous les côtés.

    Il ne s'agit pas de l'imaginer ou de le penser.

    Mais de le constater.

     

    Pour moi, chaque fois que je vois cela, même pour un instant,

    je me sens libre et immense.

    Le monde nait, vit et disparait en nous.

    Nous ne sommes pas noyés dans le flot de l'existence (le samsara)

    Mais ce n'est pas un exercice pour fuir les difficultés, pour refuser ce qui arrive

    c'est un exercice pour accueillir le monde plus encore à partir de cet espace clair

    à partir de la conscience immuable.

    Nous sommes l'océan entier.

    Aucune vague ne peut nous noyer.

    jlr