Sur le Web, ces 21 derniers jours

mardi 7 juillet 2020

  • Le petit chat est mort.

    Le petit chat est mort.
    Une boule de poils, de douceur et d'amour.
    Il était espiègle, joueur, malicieux. Il aimait courir, chasser, se prélasser, se blottir, et dormir.
    Par sa joie et son enthousiasme, il enchantait tous ceux qui le regardaient vivre.
    Il est mort, on ne sait de quoi, simplement et innocemment. 
    Quelques spasmes, et ce qui l'instant d'avant semblait incarner le bonheur, n'était plus qu'un corps sans vie. 
    Nous étions triste, certes, mais cette mort, dans sa simplicité dépourvue de drame, nous laissait étrangement recueilli.
    Nous autres humains, nous complaisons tellement dans la dramaturgie de la mort, l'entourant de mystère, d'apparat et de non-dit.
    L'idée de notre finitude nous terrorise tellement, nous poussant dans toutes sortes de croyances et d'imaginaires saugrenus.
    La mort du petit chat, si simple et facile, nous laissait silencieux et déconcerté.
    En fait cette mort, malgré son caractère implacable et définitif, n'était tout simplement pas séparée de la vie.

lundi 6 juillet 2020

dimanche 5 juillet 2020

  • Vive la vacance

    Une nouvelle video de José Le Roy

    Carte Postale 1

    Vive la vacance

     

     


samedi 4 juillet 2020

  • Police de la pensée (contre le RIC) ?
    MAJ de la page : Etienne Chouard



    Etienne Chouard auditionné à la PJ suite à une dénonciation de la LICRA pour Contestation de crime contre l'humanité pour ne pas avoir répondu à une question (hors sujet) sur les chambres à gaz ! (4 juillet 2020) - cf. Interview du Média ci-dessous



    Cartes sur table avec Etienne Chouard (Le Média, 10 juin 2019)
    Denis Robert : Est-ce que tu as un doute, toi, personnel, sur l’existence des chambres à gaz  ? 
    Etienne Chouard : Mais qu’est-ce que c’est que cette question-là  ? C’est pas mon sujet, j’y connais rien moi ! 
    - Tu ne peux pas répondre que tu n'y connais rien. 
    - Mais bien sûr que si  ! Alors je vais te dire  : 'Oui, je n’ai aucun doute. Juste, j’y connais rien'. Je vais te dire ça, parce que sinon je suis un criminel de la pensée  ? Il y a un truc déconnant là. On demande aux gens d’avoir une certitude sur un sujet qu’ils ne connaissent pas. (à partir de 41'30'')



    Etienne Chouard, Evidemment que nous ne sommes pas en démocratie (3 janvier 2019)



    Chouard et Lepage en Centre Bretagne, Une soirée d'éducation populaire (12 février 2020) 




    La Liberté d'expression en question avec Jean Bricmont (Eurêka, 16 septembre 2019)
    Son dernier livre : Les Censeurs contre la République, préface d'Etienne Chouard, éd. Jeanne, 2020


    Police de la pensée
      

  • Jnani
    MAJ de la page : Ramana Maharshi



    Kirtan, Arunachala Shiva (2015)



    Jnani, Le silence du sage d'Arunachala (documentaire 2016)



    Randonnée sur Arunachala (2011)


    Ramana Maharshi


  • Comment expliquer l'évolution temporelle de la pandémie ?
    MAJ de la page : Coronavirus


    Massilia Sound Système, Tout le monde ment (2000)



    Massilia Sound Système, Lâcher prise (2002)



    Massilia Sound Système, Les vacances (1997)

    Massilia Sound System est un groupe de reggae français d'expression occitane fondé à Marseille en 1984.
    Source (et suite) du texte : wikipedia

    * * *



    Pr Didier Raoult, Qu'est-ce qu'un conflit d'intérêt ? (IHU, 30 juin 2020)
    Pas de surmortalité à Marseille mais une surmortalité importante à Paris (30 %).
    (MAJ 3) Lire aussi : Didier Raoult répond à l’AP-HP qui l’avait accusé de «faux témoignage», 3 juillet 2020, Sputniknews



    Pr. Chabrière, Fluctuation du cours du Remdesivir (IHU, juin 2020)

    Gilead a fixé le prix de son Remdesivir contre le Covid-19 à 2 340 dollars. pour un traitement de cinq jours. Ce médicament expérimental n'a pas encore été approuvé par la FDA mais a reçu une autorisation d'utilisation d'urgence. Le prix pour les assurés américains du secteur privé est légèrement plus élevé : 3 120 dollars. La biotech américaine a précisé que ce prix serait identique pour tous les pays développés. 
    Extrait de : Gilead a fixé le prix d'une cure de remdesivir à 2 340 dollars, 29 juin 2020, Capital




    (MAJ 3) Agnès Buzyn, explication du classement de l'hydroxychloroquine dans les substance vénéneuse : « Mon sentiment c'est que nous consommons souvent trop de médicaments, et que moins on en consomme mieux on se porte » (sic) (30 juin 2020)
    Lire aussi : Explications malaisées de Mme Buzyn, et jackpot pour Gilead, 1 juillet 2020, LHK / Philippe, Véran et Buzyn bientôt visés par une enquête judiciaire sur la gestion de l'épidémie, 3 juillet 2020, France Soir



    (MAJ 4) Inquiétudes et interrogations avec Martine Wonner, médecin psychiatre, députée, membre de la commission d'enquête Covid-19 (Silvano Trotta, 3 juillet 2020)

    Remdesivir :
    - Sous brevet Gilead
    - de 2 340 à 3 120 dollars pour un traitement de 5 jours
    - Aucun bénéfice sur la mortalité. Raccourcis de 4 jours la durée de la maladie (passant de 11 jours au lieu de 15 jours) pour des injections pendant 10 jours.
    - Intraveineuse
    HCO + Azitromycine :
    - Hors brevet (n'importe quel laboratoire peut les fabriquer)
    - Quelques dizaines d'euros pour un traitement de 10 jours.
    - Réduit la mortalité. Supprime la charge virale en 6 jours.
    - Prise par voie orale
    Bien que le Remdesivir coche toutes les mauvaises cases c'est lui que la FDA (Agence Américaine du Médicament) et l'EMA (Agence Européenne du Médicament - 25 juin 2020) ont choisi.
    Lire aussi : Discovery : les experts français qui cherchent un traitement contre le Covid sont-ils sous l'influence des labos ?, 18 mai 2020, Marianne 

    Tribune du Pr Dominique Baudon, médecin général inspecteur du Service de santé des armées, Commandeur de l’Ordre National du Mérite, Officier de l’ordre de la Légion d’honneur et Chevalier des Palmes académiques.  Il est aussi spécialiste en Biologie médicale et ancien professeur en Epidémiologie et Santé publique tropicale.
    L’objectif que j’ai dans cette tribune est d’analyser les critiques faites au Pr Raoult et à son équipe sur le protocole thérapeutique utilisé dans la prise en charge de la Covid 19. Trop souvent les médias, mais aussi certains « scientifiques » critiquent sans vraiment connaître. (Ultracrépidarianisme). Je pense aussi que les résultats n'ont pas toujours été bien défendus, même par ceux qui y étaient favorables. (...)
    En conclusion, je trouve les critiques portant sur le Protocole du Pr Raoult injustifiées et non fondées.
    Source (et suite) du texte : Analyse critique du protocole thérapeutique du Pr Raoult, par Dominique Bauddon, 1 juillet 2020, France Soir
    Lire aussi : Les 49 études mondiales sur l'hydroxychloroquine, 29 juin 2020, Transhumanisme et IA / L'hydroxychloroquine classée "thérapie la plus efficace" par les médecins pour le coronavirus : enquête mondiale de Sermat, avril 2020
    (MAJ 4) : Exigeons la liberté de choisir et la liberté de traiter ! Les résultats probants sur l’hydroxychloroquine viennent interroger sur le choix autoritaire du remdésivir par les autorités sanitaires. 4 juillet 2020, LHK

    * * *




    « Le virus circule encore » ou « Mesdames et Messieurs, la Covid est toujours présente… ». Vous avez certainement entendu cette rengaine à la radio, à la télé, sur un quai de gare, ou vous l’avez lu dans les journaux. Qu’en est-il en réalité ? (...)
    Un taux d’incidence du virus extrêmement faible ces dernières semaines.
    Extrait de : Chronique Covid : Le virus Covid-19 circule encore ? par  Francois Pesty, pharmacien expert, 1 juillet 2020, France Soir
    (MAJ 3) Lire aussi : Chronique Covid 2 – Les prophéties ubuesques des épidémiologistes modélisateurs, 2 juillet 2020, France SoirChronique Covid 3 – La Covid-19 est-elle plus mortelle qu’une grippe saisonnière ? Mon œil !, 3 juillet 2020, France Soir

    Bilan au premier semestre 2020. On ne constate aucune surmortalité en Suisse :
    2015 35774 décès
    2016   32431 décès
    2017   34541 décès
    2018 34690 décès
    2019 34799 décès
    2020 32244 décès
    Les décès du Covid-19 (1 681) n'ont représenté que 5.21 % du nombre total des décès (32 244). Par contre la couverture médiatique ne reflète en rien ce pourcentage (aucun décompte quotidien pour les 94,79 % morts autrement). Rapporté au nombre d'habitants (8 619 259 habitants) les 1 681 décès représentent à peine 0,000195 %. La population helvétique n'a donc pas vraiment été décimée par cette pandémie.
    Seul le nombre de dépistage continue d'augmenter. Aucune augmentation dans le pourcentage des cas positifs qui reste très faible, idem pour les hospitalisations et les décès. Pas de seconde vague en vue (mais des cas épisodiques).
    Lire aussi : Statistiques Suisse Covid-19, 1 juillet 2020, ACE024

    Source : OFSP
      



    Jean-Dominique Michel - "l'Etat n'a pas à dicter leur conduite aux médecins" (Sud Radio, 1 juillet 2020)


    Covid-19 et évolution du virus, ce qu'on peut dire fin juin 2020
    Par Jean-Dominique Michel, le 1 juillet 2020 - Anthropo-logique 


    J'accueille sur cette page l'essai passionnant que m'a transmis Mme Hélène Banoun, Pharmacien biologiste, ancien Chargé de Recherches INSERM, portant sur une question que j'avais soulevée dès la mi-mars dans mes articles.
    C'est en effet un phénomène connu que celui de l'atténuation virale, par lequel un nouveau virus voit sa virulence décroître quelques temps après avoir franchi une barrière inter-espèces, à la faveur d'une adaptation à ses nouveau hôtes.
    On sonne à nouveau le tocsin anxiogène à la faveur d'une prétendue augmentation de nouveaux cas, alors que simplement, avec des mois de retard, la capacité de dépistage est enfin correcte et que l'on identifie par conséquence plus de cas qu'auparavant...
    On passe conjointement sous silence le fait que l'augmentation prétendue de cas s'accompagne d'une décrue inchangée des cas graves et de la létalité due au Covid, comme le souligne le graphique supra montrant les statistiques de la Floride.

    L'expérience suédoise, si décriée sans qu'on ait pris le temps d'analyser les données (que l'on peut consulter dans cet article) montre une létalité réelle (mortalité par nombre de personnes infectées) encore plus basse que je l'avais évaluée puisqu'elle est actuellement estimée à bien moins de 0,09% dans les tranches d'âge inférieures à 70 ans et même de seulement 0,1% dans la tranche de 60 à 69 ans. Soit, enfin et sans contestation, du même ordre de l'influenza !

    En Italie aussi, un groupe d'experts s'oppose ouvertement au terrorisme catastrophiste, et soutient exactement le contraire : l'épidémie est en régression totale et constante, et ceux qui tombent aujourd'hui malades avec Covid-19 courent un très faible risque de devenir gravement malades et d'infecter d'autres personnes en raison de la charge virale considérablement plus faible. Il s'agit d'Alberto Zangrillo, Matteo Bassetti, Arnaldo Caruso, Massimo Clementi, Luciano Gattinoni, Donato Greco, Lucà Lorini, Giorgio Palù, Giuseppe Remuzzi et Roberto Rigoldi : virologues, immunologistes, anesthésistes et épidémiologistes, qui ont décidé de présenter un document signé par eux en contraste ouvert avec la faction de leurs collègues plus pessimistes.

    "Les preuves cliniques ne sont pas équivoques - disent les dix - depuis un certain temps déjà, on constate une nette diminution des cas de Covid-19 avec symptomatologie. Le recours à l'hospitalisation pour des symptômes attribuables à une infection virale est désormais rare et concerne les patients asymptomatiques ou paucisymptomatiques. Les preuves virologiques, en parallélisme total, ont montré une augmentation constante des cas avec une charge virale faible ou très faible ". Le document mentionne également des études en cours "utiles pour expliquer la raison de cette baisse de virulence." En ce moment, la communauté scientifique internationale s'interroge sur la capacité réelle de ces sujets paucisymptomatiques et asymptomatiques à transmettre l'infection, ce qui confirmerait (si elle est infirmée) l'inutilité pure et simple du confinement.

    Faudra-t-il plus que tout cela pour dissuader autorités et médias de continuer de paniquer en boucle la population ?! C'est hélas probable tant la perte de repères et la génération de psychose est victime d'un emballement cybernétique depuis des mois et des mois. Causant des dégâts infiniment plus lourds et durables qu'une épidémie due à un coronavirus qui, malgré le désastre causé par des décisions sanitaires aberrantes, ne figure qu'en neuvième position (en termes de surmortalité saisonnière hivernale) chez nos voisins français depuis l'après-guerre.

    Viendra bien un jour où il faudra posément reprendre et analyser l'hallucination collective qui prévaut dans le gestion de cette épidémie comme nous en avons connues tant d'autres. Mais le temps de la raison n'a pas l'air de commencer à vouloir pointer le but de son nez... Voici en attendant l'article de Mme Banoun, que je remercie de m'avoir autorisé à reproduire ici :

      
    Comment expliquer l'évolution temporelle de la pandémie ?
    Par Hélène Banoun, Pharmacien biologiste, ancien Chargé de Recherches INSERM

    RÉSUMÉ

    Les mutations de la séquence de l'ARN viral observées dans de récentes études concernent des régions impliquées dans l'interaction du virus avec les cellules du système immunitaire de son hôte. Il semble donc se confirmer que le virus émergent s'est adapté au système immunitaire de son hôte en modifiant sa transmissibilité et sa virulence. Le virus s'adapte par sélection naturelle au système immunitaire de son hôte (la population humaine) ; c'est l'ensemble de ces adaptations individuelles qui produit l'évolution globale du virus au cours de l'épidémie. Cette hypothèse est cohérente avec la Théorie de l'Évolution qui permet souvent de résoudre des énigmes en biologie.

    INTRODUCTION

    Beaucoup de questions concernant la progression de la Covid-19 depuis l'émergence du virus SARS-CoV-2 restent sans réponse.
    L'histoire récente ne doit pas être négligée : les connaissances acquises lors de l'épidémie de SARS de 2003-2004 et la biologie des coronavirus communs pouvaient laisser prévoir certains aspects cliniques, épidémiologiques et thérapeutiques du SARS-CoV-2 (Freymuth et al., 2009, Groneberg et al., 2004) Il semble que les hypothèses explicatives actuellement avancées ne s'y réfèrent pas assez.
    Comme toujours en biologie la théorie de l'évolution peut nous éclairer.
    Le virus est-il resté stable au cours de l'épidémie en ce qui concerne sa transmissibilité et sa virulence ?

    ÉVOLUTION DU VIRUS

    Si on se limite à l'histoire de l'épidémie sur le sol français, des éléments récents font apparaître que le virus est arrivé en octobre-novembre 2019. Les premiers cas officiellement recensés en France ( Stoecklin et al., janvier 2020,) datent de mi janvier, en Allemagne de fin janvier (Rothe, mars 2020), cependant un médecin alsacien pense avoir vu des cas douteux (a posteriori) en novembre 2019 (Schmitt, mai 2020) avec une progression très lente et une flambée à partir de fin février. Lors des Jeux Militaires à Wuhan à la mi-octobre, 2019 des athlètes européens pourraient avoir été infectés et ont développé de curieux syndromes grippaux (RTL, mai 2020 , France TV, mai 2020, Gouv.fr, octobre 2019)

    De plus une récente étude d'Harvard (Nsoesie et al., 2020), montre une augmentation importante du trafic hospitalier et des recherches internet sur les symptômes associés au Covid dès la fin de l'été 2019 dans la région de Wuhan. En particulier les symptômes gastro-intestinaux associés au Covid pourraient expliquer que le début de l'épidémie a échappé au système de surveillance des infections respiratoires. D'ailleurs il est montré que les enfants pouvaient transmettre le virus par voie fécale et non par excrétion respiratoire (Yi Xu et al., mars 2020) L'horloge moléculaire qui donne une estimation de la date d'apparition du virus indique une émergence entre août et décembre 2019 (Van Dorp et al., sept 2020) mais cette horloge mutationelle n'est pas si précise. Par exemple, la vitesse de l'horloge (mutations/unité de temps) peut varier quand l'épidémie s'étend. Et l'horloge est calibrée à partir de la vitesse de mutation des souches virales disponibles et non des souches initiales. (Pierre Sonigo, 2020)

    Il serait donc possible que l'émergence du virus date de la fin de l'été 2019 en Chine et que celui-ci ait pénétré dès octobre 2019 (ou plus tôt?) en Occident. Pourquoi le pic visible s'est étalé seulement de décembre à février en Chine et de début mars à fin avril en France? L'IHU de Marseille qui a commencé à tester en masse fin janvier a observé les premiers cas positifs fin février 2020. Le même phénomène pourrait être retrouvé dans le monde entier puisque la diversité génomique de la population mondiale du SARS-CoV-2, récapitulée dans de nombreux pays, indique que la maladie s'est répandue dans le monde entier probablement dès le début de la pandémie (Balloux, 2020)

    Les autorités et la majorité des scientifiques s'accordent sur l'effet des mesures sanitaires drastiques qui auraient interrompu la circulation du virus. C'était aussi le cas en 2003-2004. Si le virus était présent dès octobre 2019 en Europe, on voit mal comment le confinement à partir de la mi-mars aurait pu avoir un effet. De même, si le virus a émergé en Chine dès l'été 2019, comment le confinement imposé fin janvier 2020 aurait pu modifier la course du virus. Les mesures sanitaires sont bien sûr défendues par ceux qui les ont promues (Imperial College, Flaxman et al., mars 2020, juin 2020, Okell et al., mars 2020) et toujours par des modélisations mathématiques (Acemoglou et al. Mai 2020), la confrontation des modélisations à la réalité de ce qui s'est produit semblant poser problème.

    Il est d'ailleurs paru de nombreuses études montrant que le confinement strict de toute la population n'est pas responsable du déclin de l'épidémie : à ne pas confondre avec l'isolement des malades et la protection ciblée des personnes fragiles. Ces études envisagent l'effet du confinement sous différents angles mais elles vont toutes dans le même sens. Elles reposent contrairement aux modélisations déjà citées, sur les analyses des données recueillies au cours de l'épidémie. (Toussaint 13juin 2020 ; Zelmat, 26 mai 2020 ; Pech de Laclause et al ;
    Andolfatto et Labbé, 5 juin 2020 ;Aslangul, 5 juin 2020 ; Andolfatto et Labbé, 22 juin 2020 ;
    Le Bourg et al. ; Gøtzsche ; Wittkowski; Raude, avril 2020; Nordmann, 2 mai 2020 ; Meunier T.A.J. 2020 ; Crowe, 20 juin 2020)

    Les explications reposant sur des modélisations mathématiques du R0 et du kappa (facteur de dispersion) semblent insuffisantes pour expliquer la courbe de l'épidémie ( Korsia-Meffre, juin 2020).

    Une analyse des courbes de l'épidémie au stade tardif montre dans le monde entier l'évolution vers la bénignité du virus. On observe une augmentation prolongée des nouveaux cas avec une baisse régulière des cas graves et des décès. Il est important de se fonder sur l'allure des courbes et non sur les chiffres bruts de cas ou de décès (même dans les pays où il existe des statistiques fiables de grands écarts existent selon les méthodes de comptage, exemple en France sur le Point épidémiologique hebdomadaire Santé Publique du 18 juin 2020, on lit « 11 016 certificats de décès contenaient une mention de COVID-19 parmi les causes médicales de décès renseignées » et plus haut « Entre le 1er mars et le 16 juin 2020, 29 547 décès de patients COVID-19 ont été rapportés à Santé publique France » (Santé Publique France, juin 2020)

    L'évolution de la population virale face au système immunitaire de son hôte (la population mondiale) pourrait expliquer les « accélérations » et « ralentissements » du virus comme évoqué par Pierre Sonigo pour l'évolution du Sida chez un individu donné (« Ni Dieu, ni gène », Ed Seuil, 2005).

    Il est admis que le virus émerge suite à des recombinaisons qui lui permettent de franchir la fameuse « barrière des espèces » ; ensuite des délétions et mutations lui permettent de s'adapter continuellement à son hôte (Freymuth et al;, 2009)
    Une petite précision vocabulaire s'impose : le mot virus désigne la population virale qui rassemble tous les virions (individus virus) .

    Chaque fois qu'un nouvel individu humain est infecté, une quantité plus ou moins importante de virions est produite en fonction de la réponse immunitaire innée immédiate. Cette population de virions s'adapte par sélection naturelle au système immunitaire de son hôte (en particulier aux « récepteurs » du virus) ; c'est l'ensemble de ces adaptations individuelles qui produit l'évolution globale du virus au cours de l'épidémie. Le terme « immunité » désigne en même temps un processus et un résultat ; il y a course évolutive entre la population virale et l'immunité comme processus produit par la population humaine. Cette hypothèse est cohérente avec la Théorie de l'Évolution qui permet souvent de résoudre des énigmes en biologie. Elle rejoint les thèses de JJ Kupiec sur l'ordre apparent à l'échelle macroscopique qui résulte d'un désordre au niveau moléculaire. (« Et si le vivant était anarchique ? », 2019)

    Voici les observations qui pourraient étayer cette hypothèse

    Déjà en avril 2020, une modélisation fondée sur l'évolution de la population virale par rapport au système immunitaire de son hôte avait été tentée. (Dimaschko et Podolsky, avril 2020). Cette étude modélise l'épidémie dans différents pays en tenant compte de l'évolution de la population virale vers moins de transmissibilité et moins de virulence ; les modèles sont comparés aux courbes réelles dans le monde, en Russie, aux USA, en Corée du sud, en Allemagne, Espagne, Italie. La comparaison confirme que l'épidémie se développe en fonction de l'évolution du virus et non de l'immunité de groupe acquise par la population humaine. L'évolution naturelle de la population virale au contact de son hôte rend compte des courbes observées.

    L'étude de l'évolution de la séquence du SARS-CoV en 2003-2004 avait déjà suggéré que des mutations apparues au cours de l'épidémie pouvaient expliquer son histoire (Drösten, 2018) (mutation dans la région de l'ORF8). Déjà en 2003 le premier SARS avait évolué rapidement au niveau de l'ORF8, par une délétion provoquant une réplication moins active et une atténuation de la virulence. « L'ORF8 est l'un des gènes les plus pertinents dans l'étude de l'adaptation virale potentielle à l'homme. Une délétion de 29 nucléotides au sein de l'ORF8 s'est produite dans toutes les souches impliquées dans la phase moyenne et tardive de l'épidémie humaine. Les protéines codées par l'ORF8 du SARS facilitent la réplication virale quel que soit le système cellulaire de l'hôte. La réduction de l'aptitude initiale est une condition à laquelle on peut s'attendre dans les épidémies zoonotiques de stade précoce, lorsque le virus n'est pas encore adapté au nouvel environnement de l'hôte »

    En 2020, pour le SARS-CoV-2, plusieurs études confirment cette tendance du virus à évoluer vers moins de virulence. Dès avril 2020 Balloux (Balloux et al.), montrent que des mutations se sont accumulées indépendamment (par convergence évolutive) au cours de l'évolution temporelle de l'épidémie, elles portaient sur la région ORF1 (qui code pour la NSP6, protéine non structurale) et qui contient des homoplasies (mutations apparues de façon indépendante) importantes pour l'adaptation à l'homme. Cette région recouvre un peptide présumé réagir avec les cellules CD4+ et CD8+ de l'immunité cellulaire adaptative.
    Bien que la réponse immunitaire au SRAS-CoV- 2 soit encore mal comprise, les rôles clés des cellules T CD4, qui activent les cellules B pour la production d'anticorps, et des cellules T CD8 cytotoxiques, qui tuent les cellules infectées par le virus, sont connus pour être importants dans la médiation de la clairance dans les infections virales respiratoires. Comme la plupart des agents pathogènes (mais pas tous) capables de provoquer une épidémie à l'échelle d'une pandémie, le SARS-CoV-2 est selon toute probabilité d'origine zoonotique. Cela signifie que le SARS-CoV-2 pourrait ne pas être adapté à son nouvel hôte humain, ce qui expliquerait l'accumulation de mutations dans la zone responsable de cette adaptation.

    En avril 2020 également, une équipe en Arizona (Holland et al., mai 2020 ) a également retrouvé une délétion dans la région ORF7 par rapport aux séquences décryptées au début de l'épidémie à Wuhan. Cette délétion a été retrouvée à partir d'un pool de 382 séquences prélevées en phase tardive en Arizona. Elle concerne 81 nucléotides et 27 aminés correspondants dans une région qui pourrait être importante pour l'adaptation du virus à l'homme (car proche de la région ORF8 repérée en 2003)

    À nouveau en avril 2020, une équipe de Singapour a retrouvé en phase tardive de l'épidémie une délétion dans la région de l'ORF8 (cette délétion a été retrouvée fin février 2020 à Singapour ce qui correspond à la phase tardive pour l'Asie) (Su et al., mars 2020). Les auteurs suggèrent également que la délétion majeure révélée dans cette étude pourrait conduire à un phénotype atténué du SRAS-CoV-2.

    En juin 2020 est annoncée une publication italienne par le Pr Massimo Clementi de Milan (Il Giornale, juin 2020), qui aurait trouvé également des mutations potentiellement responsables de l'atténuation du virus au cours de l'épidémie en Italie.

    Les mutations de la séquence de l'ARN viral observées dans ces récentes études concernent donc des régions impliquées dans l'interaction du virus avec les cellules du système immunitaire de son hôte. Il semble donc se confirmer que le virus émergent s'est adapté au système immunitaire de son hôte en modifiant sa transmissibilité et sa virulence. Cette adaptation se serait faite par à-coups : tout d'abord dans la région de Wuhan, après une phase de relative latence caractérisée par une épidémie de syndromes mal définis en été 2019 jusqu'à la flambée de SARS en décembre. De même, arrivé en Occident en automne 2019, le virus aurait fait son chemin à travers une population différente génétiquement et aurait fini par flamber en mars 2020 après avoir acquis des mutations favorisant sa transmissibilité et sa virulence respiratoire. Tout ceci ne peut que rester spéculatif puisque les mutations entre le moment de son émergence supposée et le début de la flambée ne pourront jamais être étudiées, faute de séquences génomiques recueillies pendant la période de
    « latence ».

    Ceci est aussi observé pour le virus de la grippe qui est adapté à l'homme et n'est pas un virus émergent. Au cours de l'hiver 2018-2019, au Canada, il a été observé une dérive antigénique du sous-type H1N1 au sous-type H3N2 entre janvier et mars 2019. Cette dérive permet au virus d'atteindre des populations différentes selon leur âge ; en effet il a été démontré un phénomène d'imprégnation antigénique pour la grippe : les individus sont plus ou moins sensibles à tel ou tel sous-type selon leur âge et selon le sous-type rencontré la première fois dans leur vie (Gagnon et al.) . Ici aussi on peut interpréter ceci comme une évolution du virus face au système immunitaire de l'hôte, le virus revenant cette fois-ci à un sous-type déjà apparu précédemment, contrairement au cas du SARS-CoV-2, virus émergent.

    CONCLUSION

    Il n'est pas impossible que tous les coronavirus des rhumes banals, lorsque qu'ils ont sauté de l'animal à l'homme (ils sont tous à l'origine responsables de zoonoses), aient commencé leur course évolutive comme le SARS-CoV-2 avec une pandémie comme pour la Covid-19.
    Mais à l'époque les moyens d'investigations en virologie et en biologie moléculaire n'existaient pas et on ne les a pas repérés.

    On connaît les autres coronavirus des rhumes comme des virus banals; il n'est pas impossible que le SARS-CoV-2 devienne, après les mutations qu'il a subies, un coronavirus banal.

    Comme l'explique le Pr Didier Sicard (Sicard, juin 2020), on doit s'attendre à d'autres pandémies de ce type du fait de l'abondance des virus de zoonoses mis en circulation à proximité des humains de part les habitudes alimentaires asiatiques et les profondes modifications de l'écologie de la planète produites par l'activité humaine.

    Pour s'y préparer il faudrait au minimum une surveillance efficace de la circulation des virus respiratoires dans tous les pays. En France, le système actuel de surveillance des syndromes grippaux en médecine ambulatoire« Sentinelles » et « GrippeNet »est-il suffisant pour affronter de tels enjeux ? On peut en douter lorsqu'on lit qu'entre le 1er et le 7 juin 2020, ce réseau n'a analysé que 128 prélèvements suspects de Covid pour tous le pays (Point épidémiologique hebdomadaire Santé Publique France, 11 juin 2020), et 152 prélèvements début mars, donc bien avant le déploiement des tests spécifiques pour la Covid mais déjà en pleine flambée épidémique (Bulletin hebdomadaire grippe, 11 mars 2020).

    Hélène Banoun, https://www.researchgate.net/profile/Helene_Banoun PhD, Pharmacien biologiste
    Ancien Chargé de Recherches INSERM
    Ancien Interne des Hôpitaux de Paris

    Merci à Pierre Sonigo pour ses conseils.

    RÉFÉRENCES

    Freymuth et al., 2009 https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC7125620/
    Groneberg et al., 2004 https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC548145/pdf/1465-9921-6- 8.pdf
    Stoecklin et al., janvier 2020,
    https://www.eurosurveillance.org/content/10.2807/1560-7917.ES.2020.25.6.2000094 Rothe, mars 2020 https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMc2001468
    RTL, mai 2020 http://www.rtl.fr/actu/international/les-infos-de-12h30-coronavirus-des- temoignages-troublants-sur-l-origine-du-covid-19-7800483407
    France TV, mai 2020 https://sport.francetvinfo.fr/omnisport/des-sportifs-francais-contamines-par- le-covid-19-des-octobre-aux-jeux-militaires-de-wuhan?xtor=SEC-1039- %5BFil_rouge___Article___Des_sportifs_francais_contamines_par_le_Covid_19_des_octobre_aux _Jeux_militaires_de_Wuhan__%5D-%5B2085551%5D-%5B%5D-%5B%5D-%5B%5D-%5B%5D
    Gouv.fr, octobre 2019, https://www.defense.gouv.fr/terre/actu-terre/jeux-mondiaux-militaire-d-ete- de-wuhan)
    Nsoesie et al., 2020
    https://dash.harvard.edu/bitstream/handle/1/42669767/Satellite_Images_Baidu_COVID19_manuscr ipt_DASH.pdf?sequence=3&isAllowed=y)
    Yi Xu et al., mars 2020, https://www.nature.com/articles/s41591-020-0817-4
    Van Dorp et al., sept 2020, https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S1567134820301829
    Pierre Sonigo, 2020 :
    https://www.linkedin.com/feed/update/urn:li:activity:6680032815687503872/?commentUrn=urn %3Ali%3Acomment%3A(ugcPost%3A6679672475342766080%2C6680032758347173888
    Okell et al., juin 2020 https://www.thelancet.com/pdfs/journals/lancet/PIIS0140-6736(20)31357- X.pdf
    Flaxman et al., mars 2020, DOI: https://doi.org/10.25561/77731
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    Acemoglou et al., https://www.nber.org/papers/w27102 mai 2020
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    Andolfatto et Labbé, 22 juin 2020 https://www.revuepolitique.fr/covid-19-une-defaite-francaise/ Le Bourg et al., 2020, ,https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-02560574/document
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    Raude, avril 2020 https://www.francebleu.fr/infos/faits-divers-justice/la-quarantaine-en-france-un- modele-autoritaire-selon-un-chercheur-1587018502
    Nordmann, 2 mai 2020 https://b.marfeel.com/amp/www.contrepoints.org/2020/05/02/370212- confines-mais-non-testes-la-potion-toxique-des-gaulois
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    https://www.vidal.fr/actualites/25061/covid_19_la_seule_chose_qui_compte_c_est_l_endroit_ou_s _qu_elle_tombe_ou_comment_eviter_une_eventuelle_deuxieme_vague/)
    Santé Publique France, juin 2020 https://www.santepubliquefrance.fr/maladies-et- traumatismes/maladies-et-infections-respiratoires/infection-a-coronavirus/documents/bulletin- national/covid-19-point-epidemiologique-du-18-juin-2020)
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    Drosten, 2018 https://www.nature.com/articles/s41598-018-33487-8
    Balloux et al., https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S1567134820301829
    Holland et al., mai 2020, https://jvi.asm.org/content/early/2020/04/30/JVI.00711-20
    Su et al., mars 2020 https://www.biorxiv.org/content/10.1101/2020.03.11.987222v1
    Il Giornale, juin 2020, https://www.ilgiornale.it/news/cronache/cosa-sta-succedendo-davvero-virus- 1867430.html)
    Gagnon et al., https://academic.oup.com/cid/advance-article- abstract/doi/10.1093/cid/ciaa075/5716254?redirectedFrom=fulltext
    Sicard, juin 2020 https://www.publicsenat.fr/article/debat/pr-didier-sicard-le-virus-s-arretera- avant-l-arrivee-du-vaccin-183309

    * * *



    Derrière la seconde vague, la mutation du capitalisme (ERTV, 29 juin 2020)

    * * *


vendredi 3 juillet 2020

  • Doigt qui pointe

    Qu'est-ce que vous voyez dans la direction de ce doigt ?


    Une tête ou un espace ouvert ?

     

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    Je vais m'acheter une main comme ça

    et la mettre sur la cheminée de mon salon comme rappel.


  • Espace ouvert

     

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    "Notre Soi, notre conscience est comme un espace ouvert, vide, accueillant.

    En tant que tel, nous ne résistons à rien, nous ne retenons rien, nous ne cherchons rien.

    Ainsi, le bonheur est notre nature essentielle."

    Rupert Spira


  • Eureka

    Une recension de mon livre dans le dernier numéro de la revue Inexploré.

    Merci Carine Anselme

     

    inexplore

     

    Il s'agit d'un article sur les intuitions abruptes, les Eureka de l'esprit.

    eureka

     

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    Voici le livre en question :

    eveil-spirituel-jose-le-roy

     

    Qu'on peut acheter chez Almora : https://www.almora.fr/livre/almora/jose-le-roy/10765-l-eveil-spirituel.html


jeudi 2 juillet 2020

  • il dit qu’il n’est plus la conscience

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    Jean Dunn

     

    Source https://www.revue3emillenaire.com/blog/nisargadatta-entretien-avec-jean-dunn/

    Extrait du livre Turning east par Malcolm Tillis & Cynthia Giles (Paragon Press 1989). Tillis était parti à la rencontre d’occidentaux qui suite à leur quête spirituelle ont fini par habiter en inde. Actuellement on peut acheter le livre ou lire les interviews sur http://www.newlives.freeola.net/

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    ***

    Traduction libre

    Je laisse mes bagages dans la salle des bagages et je garde la petite valise avec l’enregistreur et l’appareil photo.

    Les gares du monde entier sont des endroits frénétiques ; je cherche une librairie car je voudrais acheter le livre de Nisargadatta Maharaj : I am That (Je suis). Nisargadatta était sur ma liste pour une interview ici à Bombay, mais tout le monde me dit qu’il était très malade pour recevoir du monde. Je demande à un chauffeur de taxi quelle est la librairie la plus proche ; il me dit qu’il y en a une à Grant Road, à cinq minutes de là. Grant Road ? Je regarde dans mon carnet d’adresses – Oui – c’est près de chez Nisargadatta ! Qu’est-ce que je peux perdre, car j’ai tant de temps libre ?

    À mon arrivée, quelqu’un court dans l’escalier délabré – ce n’est pas un des meilleurs endroits de Bombay.

    Oui, oui – Maharaj est là-haut, me dit-il, entrez directement.

    Je trouve un petit rassemblement aux pieds d’un homme de 80 ans environ, simplement vêtu et qui semble très malade. La pièce est minuscule mais j’arrive à m’asseoir par terre. Nisargadatta est un Maître Advaïta qui a un petit nombre de disciples dévoués. Il me regarde attentivement mais semble avoir trop mal pour parler. L’homme que j’ai rencontré dans les escaliers revient en courant en disant : Ma femme dit qu’il est bien de prendre la dose supplémentaire. On l’apporte ; en quelques minutes, la douleur semble avoir diminué.

    Nisargadatta continue de me regarder, puis, par l’intermédiaire d’un interprète – il ne parle pas anglais – il demande pourquoi je suis venu.

    Pourquoi suis-je venu ? Je dis : Pour votre darshan.

    Davantage de silence. Il demande pourquoi.

    J’explique maintenant que j’avais voulu interviewer un de ses disciples occidentaux mais que je suis maintenant en route pour Delhi.

    Il dit : Jean Dunn va donner l’interview.

    Il y a une certaine confusion, elle n’est pas là – pas avant demain. Je commence à comprendre pourquoi je ne peux pas sortir de Bombay. Je vais devoir rester – je dois rester pour cet entretien.

    Maharaj est plus brillant maintenant et dit : Posez une question !

    Je réponds : Devant les saints, on ne peut que demander la grâce.

    Cela ne l’impressionne pas. Il laisse passer. Il n’y a pas d’autre discussion. Nous nous inclinons et nous nous dispersons dans l’escalier.

    L’homme que j’ai rencontré à mon arrivée me parle. Il me dit : Si vous n’avez nulle part où passer la nuit, vous êtes les bienvenus dans une chambre chez moi.

    Dans le taxi, il explique que c’est sa première visite à Nisargadatta, sa femme est une adepte. Je suis tellement ému, je suis là, aidé par un étranger. Avant d’arriver à son appartement, j’apprends qu’il est le cousin de mon propriétaire à Rajpur, où j’ai vécu pendant six ans. Sa femme est médecin et c’est elle qui a conseillé par téléphone la dose supplémentaire de ce que Nisargadatta prend pour soulager sa douleur.

    Mais plus extraordinaire encore, il explique qu’il est l’ingénieur en chef de la Western Railways ici à Bombay, ce qui signifie, assure-t-il, qu’il peut m’obtenir une réservation sur n’importe quel train à destination de Delhi !

    Nous parlons tard dans la nuit de la vie de l’esprit ; il veut entendre parler de mes voyages, des gourous que j’ai rencontrés, de mon propre gourou. Voici un merveilleux exemple d’un dévot vivant dans le monde, accomplissant ses devoirs mondains, mais avec son attention intérieure fixée. J’ai rencontré beaucoup de ces personnes en Inde. En Occident, comme on s’adonne à un passe-temps et qu’on le poursuit avec passion, il y a ici des enthousiastes qui consacrent tout leur temps libre à développer la vie spirituelle intérieure.

    Le matin, on me conduit à la maison minuscule de Nisargadatta ; plus tard, je dois récupérer ma réservation du train de nuit au bureau de M. Malik à la gare. A l’étage, il y a la même petite réunion, mais maintenant Jean Dunn est présente.

    Nisargadatta semble aller mieux, à tel point qu’il commence par m’attaquer :

    Pourquoi écrivez-vous ce livre ?

    J’essaie d’expliquer.

    Pensez-vous – il crie – que vous réussirez là où d’autres ont échoué ?

    Je dis que le résultat n’est pas entre mes mains.

    Il fait des gestes dramatiques et hostiles avec ses bras. Il veut que je pose des questions.

    Je répète ce que j’ai dit hier… on ne peut que demander la grâce.

    Il y a plus de cris. Ses disciples rient. Je garde le silence mais je suis extrêmement surpris, mal à l’aise.

    Il crie : Dites quelque chose !

    Le pouvoir – je réponds – qui m’a amené ici hier semble me détourner ce matin.

    Il se moque maintenant de moi.

    Quelqu’un pose alors une question à Nisargadatta.

    Il répond. J’espère que la scène de la provocation est passée et que je n’aurai pas à subir plus d’embarras.

    Il y a une brève pause, mais il revient à moi ensuite :

    Que pensez-vous de la réponse ?

    J’ai été jeté dans la plus inattendue des situations. Que puis-je faire de tout cela maintenant ?

    Je réponds : Mon intellect me dit que ce que vous avez dit doit être juste, mais comme je n’ai pas atteint l’illumination, c’est encore un concept.

    Plus de cris : DÉBARRASSER-VOUS-DE-TOUS-LES-CONCEPTS !

    Je suis profondément déconcerté. Je tente une réponse faible en disant : Je commence à penser qu’il est probablement bien mieux de se faire engueuler par une personne éveillée que d’être ignoré par elle.

    Il parvient à sourire d’un quart, à agiter la main, nous nous levons tous, nous nous inclinons et nous nous débattons dans l’escalier étroit.

    J’essaie désespérément de disparaître, de m’évaporer aussi vite que possible. Je suis physiquement très très fatigué… ce n’est pas le moment idéal pour devoir faire face à des situations soufie-zen.

    Mais Jean Dunn est derrière moi, et pour ajouter à ma perplexité, dit : Nous allons faire le tour, je connais un restaurant tranquille où nous pouvons faire l’interview (elle doit être – DOIT ÊTRE – en train de plaisanter !).

    Non, non, il veut que nous le fassions – c’est seulement sa façon de faire, suivez-moi !

    Seulement sa façon ? Je n’arrive toujours pas à croire ce qui se passe. J’ai besoin de temps pour réfléchir à ce qui vient de se passer, ce qui est probablement plus important que ce que je suis capable de comprendre à l’heure actuelle.

    Mais nous sommes effectivement assis dans un restaurant tranquille où la personne interrogée a jugé bon de prendre la relève ; elle a commandé un café et est prête à commencer.

    Je respire profondément, je déballe la petite valise noire à laquelle je me suis accroché depuis hier comme un conspirateur démasqué et acculé en attendant le coup de grâce.

    ***

    Bombay 19 février 1981

    Je ne suis qu’une personne normale de cinquante-neuf ans qui a cherché toute sa vie jusqu’à ce que, il y a dix ans, elle entende parler de Ramana Maharshi. Elle a visité son ashram, est retournée aux États-Unis, puis est retournée en Inde, où elle vit depuis quatre ans. Il y a deux ans, elle a rencontré Nisagardatta Maharaj, et il est devenu son gourou.

    Vous a-t-il donné une forme d’initiation ?

    Il m’a donné un mantra et une initiation.

    Comment avez-vous entendu parler de lui pour la première fois ?

    À l’ashram de Ramana Maharshi, de nombreuses personnes viennent le voir – il semble y avoir un lien.

    Est-ce en raison de la similitude de l’enquête sur soi-même ?

    Ce n’est plus cela. Maharaj a un cancer de la gorge depuis l’année dernière, ses enseignements ont donc été peaufinés ; il dit qu’il n’est plus la conscience, il observe la conscience, qu’il est l’Absolu. Ses enseignements sont maintenant sur cette ligne.

    Pouvez-vous me parler de son livre, I Am That (Je suis)?

    C’est sous forme de questions et de réponses. La cinquième édition vient de sortir. Il est sorti en deux volumes en 1973, après avoir été collecté et édité par Maurice Frydman, qui est devenu tardivement un disciple de Maharaj. Aucun autre livre n’a été publié. L’année dernière, j’ai demandé à Maharaj – j’avais enregistré toutes ses périodes de questions et réponses s’il voulait que je les rassemble pour un livre. Il a dit oui. Ainsi, Seeds of Consciousness (Graines de conscience), sortira cette année. Un autre volume paraîtra plus tard : Au-delà de la conscience.

    Malgré sa maladie, il donne du darshan tous les jours ?

    Il souffre parfois beaucoup mais arrive à parler deux fois par jour. Il est l’un des saints cachés, donc il n’attire que quelques personnes à la fois. Ses enseignements ne sont pas destinés au grand public ; nous avons la chance de pouvoir l’écouter.

    Il s’est lui-même arrangé hier pour que vous donniez cette interview. Pouvez-vous dire pourquoi il a été si dur avec moi à l’instant ?

    Non, je ne peux pas. Personne ne peut donner de raison à ce qu’il fait.

    Comment enseigne-t-il habituellement ?

    Jusqu’à sa maladie, c’était par questions et réponses. Maintenant, il n’enseignera plus l’ABC ; il n’a pas la force physique ; il nous dit la position, puis c’est à nous de voir.

    Il semblait insister pour que je pose des questions.

    Il veut que des questions soient posées, puis il y aura du silence de sorte que les questions restantes trouveront une réponse en vous-même.

    Ses partisans sont principalement occidentaux d’après ce que j’ai vu.

    Les Occidentaux sont majoritaires – des milliers l’ont vu ; certains pour quelques jours, d’autres pour des mois. Il en fait parfois partir certains immédiatement. Il dit qu’il ne sait pas pourquoi il renvoie des gens alors qu’ils veulent rester.

    Vous vivez en Inde de façon permanente ?

    Oui, j’ai un permis de séjour. J’ai terminé le travail sur le deuxième livre : l’ouvrage est terminé. Tout ce qu’il a à dire a été dit.

    La société occidentale, votre vie de famille vous manque-t-elle parfois ?

    Jamais.

    Pouvez-vous dire quelque chose sur votre relation personnelle avec votre gourou ?

    Il n’y a pas de mots pour décrire cela…

    Avez-vous un but dans la vie ? Par exemple, pour ne faire qu’un avec lui ?

    Mon but dans la vie est de perdre un but dans la vie – c’est son enseignement : il n’y a pas de but dans cette vie, c’est juste un divertissement. C’est tout.

    Cela semble plutôt krishnamurtien.

    De nombreux supporters de Krishnamurti viennent ici ; dix d’entre eux sont venus récemment.

    Comment Maharaj a-t-il atteint l’illumination ?

    Vous trouverez cela dans la première partie de « Je suis ». Je peux vous dire ceci : la première fois qu’il a rencontré son gourou, – son ami a insisté pour l’emmener ; il a même dû acheter la guirlande pour la présenter au gourou – il ne voulait pas partir.

    Il était très jeune à l’époque ?

    Il avait une trentaine d’années. Le magasin de bidi [cigarettes indiennes] du coin lui appartient ; son fils le gère. Il avait huit magasins, mais quand son gourou est mort, il a tout quitté, sa famille et son entreprise. Il a erré pendant des mois dans toute l’Inde, jusqu’à ce qu’il rencontre un autre disciple qui l’a convaincu qu’il valait mieux vivre dans le monde. Il est retourné à Bombay, mais tous les magasins avaient disparu sauf celui-ci. Il ne voulait rien, toute l’ambition du monde était partie. Quand les gens ont commencé à venir le voir, il a construit cette pièce à l’étage.

    C’est minuscule. Quelles sont les dimensions ?

    Oh, environ neuf par douze. J’ai vu cette salle bondée, surtout par les Occidentaux. Il dit que les Indiens ne sont pas prêts pour ses enseignements.

    Pensez-vous que c’est parce qu’il ne voulait pas de publicité personnelle qu’il semblait être ennuyé par moi ?

    C’est exact. Je suis sûr que c’était l’idée. Il ne veut pas de disciples – s’ils viennent, c’est bien ; sinon, c’est bien aussi. Il n’y gagne rien. Il a atteint son apogée parce qu’il n’aime rien de ce que le monde peut lui offrir.

    Parle-t-il parfois des autres gourous et de leurs méthodes ?

    Il parle des soi-disant gourous qui propagent leurs propres concepts ; mais il n’y a rien de mal à cela à ce niveau.

    Admire-t-il les enseignants vivants ?

    Pour autant que je sache, J. Krishnamurti. Dans le passé, Ramana Maharshi. L’autre jour, il a dit : « Krishnamurti, Ramana et moi ne faisons qu’un ».

    Préconise-t-il un régime végétarien ?

    Cela concerne le corps ; il n’enseigne rien en rapport avec cela. Tout ce qu’il veut, c’est que vous découvriez qui vous êtes.

    Ses adeptes peuvent boire et s’adonner à des relations libres ?

    Ce qui vient naturellement à chacun, il doit le faire.

    Il ne donne aucun conseil éthique ?

    Non. Tant que vous pensez être une personne et que ce monde est réel, alors vous vivez selon certaines règles. Une fois que vous avez compris la chose complète, votre vie se vit d’elle-même…. Il n’y a pas de règles, ni bonnes, ni mauvaises : je devrais faire ceci, je ne devrais pas faire cela. Si vous y réfléchissez, tout cela se passe dans cette durée de vie, dans cette durée de conscience, et quand cette conscience s’en va, quelle différence cela fait-il ?

    Ne conseille-t-il pas de se détacher des activités mondaines ?

    Cela vient naturellement. La principale et unique chose qu’il enseigne est de découvrir qui vous êtes. Plus vous vous en approchez, plus vous vous détachez du monde ; cela se fera naturellement. Vous ne pouvez rien faire pour que cela arrive. Cette idée de faire quelque chose est une idée de l’ego : « Je » peux accomplir. Maharaj dit que la conscience vous traîne par l’oreille parce qu’elle veut connaître sur elle-même, votre vraie nature.

    Qu’a-t-il dit sur le fait de laisser le corps au moment de la mort physique ?

    Pour lui, ce sera un grand festival qu’il attend avec impatience. Pour ceux qui pensent qu’ils sont le corps, ce sera une expérience traumatisante. Pour une personne éveillée, c’est un moment de joie.

    Lorsqu’il vous fait méditer, vous demande-t-il ce que vous voyez à l’intérieur ?

    Il doit y avoir quelqu’un pour voir quelque chose ! [rires] … Non, il ne le fait pas. Les visions et les expériences ont lieu dans la conscience ; elles n’ont aucun sens. Avant votre naissance, saviez-vous quelque chose de ce monde ? Quand vous mourrez, saurez-vous quelque chose sur ce monde ? Vous ne saviez pas que vous existiez, vous existez en tant qu’Absolu, mais vous n’êtes pas conscient de votre existence. Quand cette conscience se manifeste, spontanément, vous savez « Je suis ». On s’empare d’un corps et on s’y identifie. Il veut que vous reveniez, que vous vous éloigniez de tout cela pour retrouver votre vraie nature. En ce moment, c’est la conscience ; plus longtemps nous restons dans cette conscience seulement et l’observons, nous voyons que tout ce que nous voyons n’est pas à nous, il y a un « vous » qui voit cela.

    Mais qu’enseigne-t-il sur Dieu ?

    Sans moi, il n’y a pas de Dieu.

    Vraiment ?

    Oui.

    Et il enseigne cela ?

    Oui. Y avait-il un Dieu avant que vous soyez ? Sans vous, y a-t-il un Dieu ?

    Qu’est-ce qui m’a ramené dans ce corps ?

    Vous souvenez-vous d’un corps précédent ?

    Beaucoup de gens ont ce souvenir. Vous voulez dire que nous n’avons jamais eu de naissance auparavant ?

    Il n’y a pas de « nous » ; il n’y a pas d’entité ; il y a une conscience universelle, qui s’exprime continuellement à travers ces corps.

    Maharaj ne croit pas au karma et à la réincarnation ?

    Exact !

    Ramana Maharshi a enseigné cela, n’est-ce pas ?

    Ils vous parleront à ce niveau si c’est votre niveau. Mais si vous comprenez ce que je dis, il n’y a qu’une conscience universelle qui s’exprime ; il n’y a pas d’individu, alors il vous y amènera. Il n’en parlera plus. Si vous mourez avec des concepts, ces concepts prennent une autre forme, mais ils ne seront pas vous ; vous ne savez pas quelle sera cette forme. Les concepts reviendront jusqu’à ce qu’ils aient tous disparu.

    Qu’enseigne Maharaj sur le service désintéressé, l’aide aux autres ?

    À leur niveau, c’est bien. Mais son enseignement est qu’il n’y a pas d’autres, pas d’entités individuelles ; tout se passe spontanément ; il n’y a pas d’exécutant. Il enseigne : Laissez cette vie vivre elle-même et comprenez que vous n’êtes pas cela.

    Si nous ne sommes pas ceci, nous sommes cela. Qu’est-ce que « cela » ?

    « Cela », c’est la conscience en ce moment.

    En ce moment ? Qu’est-ce que ce sera quand nous quitterons le corps ?

    L’Absolu.

    Alors, qu’est-ce qui revient ?

    La conscience se renouvelle continuellement. Vous lancez un morceau de la nourriture dans un coin ; en quelques jours, les vers viendront – vie, conscience. La même conscience dans ce ver est en vous. Ce n’est pas « ma » conscience, « votre » conscience ; c’est une conscience universelle, et cette conscience universelle, c’est vous.

    À notre niveau de compréhension, tout cela n’est que concepts ? N’avez-vous pas trouvé ces théories déroutantes au début ?

    Le premier jour où je suis venu à Maharaj, il m’a dit : « Mon être est un produit de la nourriture… et la même conscience chez l’âne était chez Sri Krishna. » Je suis allé faire une réservation pour retourner chez moi ; aucune n’était disponible, alors comme quelque chose à l’intérieur savait que c’était vrai, j’y suis retourné. Il avait secoué le tapis sous mes pieds, et il a continué à le faire jusqu’à ce que je perde tout endroit où poser mes pieds. Il vous oblige à abandonner tous les concepts.

    Renvoie-t-il souvent les personnes qui viennent le voir ?

    Souvent. Mais il ne sait jamais pourquoi. Chaque instant passé à le regarder est comme un film spectaculaire ; les besoins de chaque personne sont pris en charge – j’ai pu l’observer. Vous pouvez vous asseoir tranquillement, mais les questions que vous avez à l’intérieur trouveront une réponse. Tout se passe en fonction de vos besoins. Il n’a pas d’attitude ou de but personnelle : c’est pourquoi cela peut arriver. Il n’y a pas d’ego contre lequel se heurter.

    Vivre si près d’un être éveillé ne doit pas être facile.

    Ce n’est pas facile s’il vous reste un peu d’ego.

    Pouvez-vous nous parler du côté positif ?

    Il n’y a pas de mots pour le décrire ; tout est pris en charge automatiquement. Il n’y a plus de « vous » pour remercier Dieu pour quoi que ce soit. Vous lâchez tout. Il n’y a pas de vous, pas d’entité séparée ; tout se passe spontanément. C’est comme s’il y avait un espace tranquille là où vous êtes, et pourtant tout se passe autour de vous.

    Quel travail avez-vous fait en Amérique ?

    J’ai travaillé dans des journaux.

    Y a-t-il une raison pour laquelle les gens s’impliquent avec des enseignants imparfaits ?

    En tant qu’êtres humains, nous pensons qu’il y a une raison à tout ; il n’y a pas de raisons, pas de causes ; c’est un événement sans cause. Tant que nous serons à ce niveau humain et que nous pensons qu’il y a une cause, nous pourrons en trouver une. Si certaines personnes se font avoir par de faux gourous, vous pouvez dire que cela leur arrive pour se débarrasser de quelque chose – que c’est parfait, quoi qu’il arrive. Nous devons juste comprendre qu’il n’y a pas de conscience personnelle ; tout est impersonnel, voyez-vous.

    Mais lorsque nous rencontrons un enseignant parfait, c’est notre conscience qui reconnaît cela, n’est-ce pas ?

    Oui.

    Alors nos vies changent.

    Oui.

    C’est la nouvelle vie ?

    Exact !

    Cela fait partie du plan divin qui ne demande aucun effort ?

    Aucun effort.

    Pour terminer, pourriez-vous nous dire quels sont les avantages à entrer en contact avec votre gourou.

    Je me suis débarrassé de l’idée que quelqu’un va bénéficier de quelque chose… [beaucoup de rires]


  • L’insaisissable m’a saisi d'henri Michaux

     

    michaux

    Henri Michaux (Namur, 1899 – Paris, 1984)

     

     

    Arrêt

    arrêt

    Jour immobilisateur

    .

    Plus d’apports, plus de prises

    .

    L’œil ne va pas voir

    L’oreille n’écoute plus

    .

    n’acquérant plus

    n’entassant plus, ne rangeant plus, ne s’emparant plus

    .

    ne recevant plus d’arrivages

    .

    indiscontinué

    ne dérivant pas

    .

    Suspendue, l’arrivée des informations

    l’être ne quitte plus le fond

    .

    Le varié, le divers, le distrayant n’a plus sa part

    sa monstrueuse part

    .

    En pénitence, la diversité

    .

    Incuriosité au transitoire

    Plus d’investissements

    .

    Unité du silence

    Superficies par le Silence

    .

    Dissolution des masses, des groupes,

    des médiocres crédos

    .

    Jour de l’Absence du Temps Fragmenté

    .

    N’est plus, l’incidentel

    n’est plus, l’événementiel

    .

    l’alentour, sa différence est affaiblie

    .

    Le palpable, sa dureté perdue,

    le palpable aussi parle d’implacable

    parent à présent, tous parents

    parents poussières

    .

    Un matelas d’ondes me porte, m’emporte

    une bande d’indéfini passe, traverse

    .

    ascension,

    .

    Hier encore aux carrefours d’intranquilité

    .

    Le réel assourdissant s’est enfoncé,

    Dans le dehors, définitivement dehors

    .

    l’hérésie s’éloigne

    où l’on fut mêlé

    .

    Relâche

    .

    Des flocons ont triomphé du béton

    .

    Certitude vibrante

    se touche si fine, qui fait signe

    .

    cime et abîme sur la même ligne

    .

    Dans la vallée sans commandement

    des milliers d’hiers occupés à pêtrir

    .

    Le suprême

    prend la place

    soulève la vie

    .

    j’hérite d’inconnus

    .

    L’insaisissable m’a saisi

    qui tout traverse

    .

    Quelque chose parachève en moi quelque chose

    .

    Fidèle à l’être.

    .

     

    Jours de silence
    Editions Gallimard
    1978

  • Atelier avec José Le Roy en ligne le 18 juillet

    Atelier avec José Le Roy le 18 juillet 2020

     

    S'éveiller à Soi, s'éveiller au Soi

     

    et Trouver notre paix intérieure

     

    José Le Roy propose un atelier de 4 heures et demie, en petit groupe (20 personnes max), pour nous permettre de nous éveiller au Soi.

    Le Soi est notre identité profonde, au-delà de tous les masques auxquels souvent nous nous identifions.

    En s'appuyant sur les expériences de Douglas Harding et sur sa connaissance des voies traditionnelles et de la philosophie, José Le Roy vous montrera comment découvrir notre vraie identité - le Soi - et comment le vivre dans le quotidien.

    Simple, directe, puissante, cette voie d'éveil est une manière moderne de présenter les vérités des spiritualités anciennes d'Orient et d'Occident.

    En prenant conscience du Soi, nous découvrons en nous de vrais trésors : la liberté, la paix, et la joie.

     

    L'atelier est en ligne et se tiendra sur la plateforme ZOOM.

     

    Après votre inscription vous recevrez un lien pour la réunion et un mot de passe.

     

    Atelier samedi 18 juillet 2020

    de 10h à12h30 et de 14 h à 16h

     

    José Le Roy est agrégé de philosophie, écrivain, conférencier et a publié plus de 10 livres sur la spiritualité dont L'éveil spirituel chez Almora en 2018 et S'éveiller à soi-même chez Pocket en 2018.

     

    Inscription : https://www.weezevent.com/eveil-au-soi

     

    358-josc3a9-le-roy-sc3a9veiller-c3a0-soi-mc3aame

    eveil-spirituel-jose-le-roy

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