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vendredi 20 juillet 2018

  • Grande Traversée : Mohamed Ali
    MAJ de la page : Cassius Clay, Mohamed Ali







    GRANDE TRAVERSÉE : MOHAMED ALI, COMBATS  par Judith Perrignon
    16-20 juillet 2018

    Champion du Monde
    Mohamed Ali, champion du monde des poids lourds en 1964. Et pourtant à l'époque, personne n'aurait parié sur lui, pas même Robert Lipsyste, jeune journaliste sportif et témoin du fameux combat qui lança la légende.
    La Matrice
    Comment Cassius Clay est-il devenu Mohamed Ali ? Qu'est-ce qui a poussé l'icône à se convertir à l'islam et à prôner la séparation raciale entre les noirs et les blancs ?
    L'Insoumis
    La conversion et le changement de nom de Cassius Clay en Mohamed Ali sont vécus comme une provocation pour l’Amérique conservatrice blanche. Déjà bien connue, sa réputation ne fait qu'augmenter et sa légende commence.
    Ali Bomayé! 
    La décennie change et avec elle, Mohamed Ali. En bon boxeur, il lutte contre sa sentence de prison, il lutte pour revenir sur les rings, il lutte pour redevenir champion du monde. Et c'est sûrement pour cela qu'on se le rappelle.
    Silence et tremblements
    "Par une étrange ironie du sort, tout s'est arrêté lorsque cet homme si loquace s'est soudain transformé en masque et n'a plus pu parler." Robert Lipsyte

    Mohamed Ali à 12 ans


  • Ne parle pas du Soi, soit le Soi une méditation guidée par MOOJI
  • «En 2018, il faut aller sur une chaîne russe pour de vrais débats»
    Cruel retournement, moins de trente ans après la chute de l'Union soviétique l'Occident joue le rôle du totalitarisme soft.  Les médias privés sont (presque tous) dans les mains d'oligarques et les gouvernements votent des lois pour restreindre les libertés, confisquer le débat démocratique, et augmenter la surveillance de leurs citoyens au prétexte de lutte contre les fake-news ou le terrorisme.
    En France, après la tentative de supprimer Cash Investigation des chaines publiques, Frédéric Taddei est contraint de s'exiler sur la chaine Russia Today (que le gouvernement français rêve d'interdire) pour pouvoir organiser de vrais débats contradictoires.




    Lavrov s'inquiète de la loi française contre les Fake-News "Si ce n'est pas de la censure, si ce n'est pas une tentative de limiter l'espace de libre expression, alors je ne comprends pas grand chose à la vie" (RT, 16 juillet 2018)

    Lire aussi : Frédéric Taddeï animera quatre émissions hebdomadaires sur RT France, le 16 juil. 2018 - RT


    Frédéric Taddeï rejoint Russia Today France : «Les injures, je m’en fiche»
    Par Paul Géli, le 18 juillet 2018 - Le Parisien

    Le journaliste rejoint à la rentrée la chaîne controversée RT France et assume son choix.
    Après avoir été évincé de l’émission « D’art d’art » sur France 2 et relégué en week-end sur Europe 1, Frédéric Taddeï, 57 ans, rejoint en septembre la rédaction de Russia Today (RT) France, chaîne financée par le gouvernement russe. Il s’explique sur cette arrivée inattendue.

    Pourquoi avoir rejoint RT France ?
    C’est la seule chaîne qui m’ait donné carte blanche pour faire ce que je préfère à la télévision : une vraie émission culturelle avec de vrais débats, comme à l’époque de « Ce soir ou jamais » sur France 3 et France 2. La question que l’on devrait se poser, c’est pourquoi, en 2018, il faut aller sur une chaîne russe pour pouvoir le faire.

    À quoi ressemblera cette nouvelle émission ?
    Rien n’est encore défini, pas même le nom, mais ce sera une heure de talk-show à partir de 19 heures, du lundi au jeudi.

    Ça ne vous pose pas un problème de travailler pour un média financé et contrôlé par le Kremlin ?
    Je ne suis pas le premier. Larry King, l’ex-intervieweur vedette de CNN, est sur RT America depuis cinq ans. De célèbres journalistes américains de gauche y animent des talk-shows, comme Chris Hedges, lauréat du prix Pulitzer 2002, qui est très anti-Trump. Sur RT France, il y a déjà Jean-Marc Sylvestre. Et Jean-Luc Hees, l’ancien président de Radio France, est président du comité d’éthique. Ils m’ont dit qu’il n’y avait pas de problème, que je pouvais venir. Les gens qui me reprochent d’aller animer des débats sur RT sont ceux qui aimeraient bien qu’il n’y ait plus de débats du tout. J’aurai une totale liberté sur le choix des sujets et des invités, comme je l’ai toujours eue. Le jour où il y aura un débat sur la Russie, j’inviterai des pro-Poutine, ce que j’ai toujours fait et que mes confrères ne font pas, et, bien entendu, des anti-Poutine.

    Ne craignez-vous pas de perdre la liberté que vous aviez ailleurs ?
    Pas du tout. J’ai animé « Ce soir ou jamais » pendant dix ans sur une chaîne d’État. Je n’ai pas fait la propagande du gouvernement pour autant. J’anime des débats, j’invite tout le monde.

    RT France a déjà été mis en demeure par le CSA pour manquement à la diversité des points de vue et à l’honnêteté.
    La mise en demeure du CSA visait une voix mal synchronisée, une erreur de montage, purement technique. Toutes les chaînes françaises ont été un jour ou l’autre mises en demeure par le CSA. On en parle davantage parce que RT France est très « observée ». L’Élysée refuse d’accréditer les journalistes de RT, ce qui est un peu ridicule. Ça rappelle le FN qui faisait la même chose avec « le Petit Journal » de Yann Barthès. Le SNJ, premier syndicat des journalistes, a dénoncé « la guerre puérile », je le cite, menée par l’Élysée contre RT France. Il a même parlé de « censure d’État ». En ce qui me concerne, respecter la diversité des points de vue est une spécialité. On me l’a suffisamment reproché ! J’ai toujours été libre. « Ce soir ou jamais » m’a valu beaucoup d’éloges, mais aussi pas mal d’injures. Ce sera pareil sur RT. Je m’en fiche. J’ai ma conscience pour moi. RT respecte les lois en vigueur dans mon pays, c’est tout ce qui m’importe.

    La visibilité de RT reste nettement moins forte que France 2 ou France 3…
    La chaîne est diffusée sur la Freebox, sur Fransat, sur plusieurs satellites, et en clair sur YouTube et sur RtFrance.tv. Quand je faisais « Paris Dernière » sur Paris Première, ce n’était pas non plus une très forte visibilité. L’émission a tout de même marqué pas mal de gens.

    Qu’allez-vous faire sur Europe 1 à la rentrée ?
    Je passe d’une quotidienne à une hebdomadaire. Je reprends l’émission de Nikos Aliagas le dimanche de 11 heures à 12h30, qui va assurer la matinale du lundi au vendredi.

    Que pense Europe 1 de votre arrivée sur RT ?
    Ils me font confiance. Je suis l’un des plus anciens sur Europe 1. Ils m’ont toujours soutenu.

    Vous ne présenterez plus « D’art d’art » sur France 2 à la rentrée. Que s’est-il passé ?
    J’ai appris trois semaines avant l’enregistrement que je ne faisais plus l’émission (NDLR : désormais animée par Adèle Van Reeth). C’est le producteur qui m’a averti. Je n’ai pas cherché à en savoir plus.
     

  • Comment parler de “13 Reasons Why” avec votre ado
    MAJ de la page : Le suicide, pourquoi il faut en parler

    De jeunes suisses hospitalisés après avoir visionné la série "13 Reasons Why"
    Le 9 juillet 2018 - RTS
    Une quarantaine de jeunes ont été pris en charge dans une clinique psychiatrique zurichoise après avoir visionné la série de Netflix "13 Reasons Why", qui raconte le suicide d'une adolescente. Des cas ont aussi été observés à Genève.
    La série controversée "13 Reasons Why", dont la saison 2 est disponible depuis le 18 mai sur Netflix, met un visage sur le suicide chez les jeunes: celui d'Hannah Baker, 17 ans, incarnée par l'actrice australienne Katherine Langford. La jeune fille laisse des indices à son entourage pour expliquer les motivations de son acte.
    Source (et suite) du texte : RTS




    "13 Reasons Why, Beyond the reasons", Les 13 raisons pour lesquelles je me suis suicidé, au delà des raisons, Netflix 2017
    Bande annonce saison 1 : Youtube


    Comment parler de “13 Reasons Why” avec votre ado
    Par Charlotte Frossard, journaliste, vice-présidente de Stop Suicide, le 31 mai 2018 - Le Temps

    Viol, harcèlement, suicide, exclusion, adolescents livrés à eux-mêmes et adultes défaillants : la deuxième saison de “13 Reasons Why” vient de sortir. Depuis sa création, la série à succès qui met en scène le difficile quotidien adolescent suscite de nombreuses inquiétudes – chez les parents comme chez certains professionnels de la santé – quant aux effets qu’elle pourrait avoir sur ses jeunes téléspectateurs.
    La crainte d’imaginer son enfant regarder cette série alors qu’il pourrait être confronté aux mêmes problématiques est compréhensible. Et ce d’autant plus que la consommation de séries se fait, chez les adolescents et jeunes adultes, de façon solitaire et parfois compulsive, bien loin des soirées familiales autour de la télé d’autrefois, échappant de fait à tout contrôle parental.

    Qu’en pensent les jeunes ?

    "On doit faire mieux. La façon dont on se traite les uns les autres
    et... dont on veille les uns sur les autres.
    On doit faire mieux d'une manière ou dûne autre".
    Une étude a été réalisée suite à la première saison de “13 Reasons Why” auprès de 5400 adolescents, jeunes adultes et parents d’adolescents dans quatre pays (Etats-Unis, Royaume-Uni, Brésil et Nouvelle-Zélande) afin de comprendre comment la série avait influé sur eux ; ce qu’elle avait changé au niveau comportemental et relationnel ; ce qu’elle avait généré comme intérêt ou comme compréhension.

    Conclusion : les jeunes interrogés ont rapporté que la série leur avait permis de mieux comprendre et identifier les problématiques soulevées (dépression, anxiété, harcèlement moral, physique ou sexuel, cyber-harcèlement, pensées suicidaires, orientation sexuelle, etc.), qui leur semblaient conformes à la réalité qu’ils vivaient. La complexité du processus suicidaire, très bien démontrée par la série, leur a fait également prendre conscience que leurs actes avaient des conséquences sur autrui, bien que le suicide ne puisse jamais être imputé à une seule cause. Ils ont témoigné que leur empathie vis-à-vis de leurs pairs avaient augmenté suite au visionnement de “13 Reasons Why”, et qu’ils réfléchissaient davantage à la façon dont ils traitaient les autres.

    Et, contrairement aux nombreuses critiques émises de la part de professionnels suite à la diffusion de la première saison, la majorité des adolescents de l’étude ont estimé que le fait de montrer le suicide de Hannah de façon réaliste, dans toute sa violence, était nécessaire pour bien saisir la gravité de la problématique du suicide.
    Enfin, près de la moitié des jeunes interrogés ont affirmé que la série leur avait donné envie d’obtenir plus d’informations sur les difficultés rencontrées par les personnages.

    Qu’en pensent les parents ?

    La moitié des parents interrogés ont rapporté que la série leur avait permis d’engager le dialogue avec leur enfant sur des sujets habituellement tabous et difficiles. Ils ont indiqué que l’épisode supplémentaire Beyond the Reasons (voir ci-dessous) les y avait aidés. Ils ont manifesté également de l’intérêt à accéder à davantage de ressources informatives autour de la série et demandé à ce que les acteurs sortent de leur rôle pour parler prévention (c’est désormais chose faite dans plusieurs vidéos thématiques, à visionner ici),
    Autant de témoignages qui peuvent encourager les parents inquiets à profiter de l’opportunité de cette série pour engager le dialogue avec leur(s) enfant(s), adolescents ou jeunes adultes.

    Alors, comment en parler ?

    Voici plusieurs pistes sur la façon d’engager la discussion avec votre enfant, adolescent ou jeune adulte, basées sur les conseils de Stop Suicide et un guide de discussion proposé par Netflix, producteur de la série.

    1. Engager la conversation : être attentif au moment où son enfant mentionne la série, un acteur ou un élément y ayant trait, et rebondir dessus.
    2. L’encourager à s’écouter : dans son visionnement de la série, encourager son enfant à s’écouter et à chercher du soutien si certaines scènes le mettent mal à l’aise : lui rappeler qu’il peut mettre l’épisode sur pause pour en discuter au fur et à mesure, que vous vous tenez à sa disposition, qu’il peut sauter les parties trop difficiles à regarder.
    3. Faire résonner la série avec sa réalité : l’encourager à se questionner sur les rapports entre la fiction et la réalité. La série lui semble-t-elle correspondre à sa vie à lui ? Est-ce que les personnages se comportent de la même façon que les personnes de son entourage ? A-t-il déjà vécu les mêmes situations, ressenti les mêmes émotions ? A-t-il déjà observé des événements similaires ?
    4. Encourager au dialogue : aider votre enfant à questionner ce qui se présente à lui, ce que les personnages montrent et comment ils agissent ; discuter avec lui l’histoire de la série. Est-ce que tel personnage aurait pu réagir différemment ? Si oui, qu’aurait-il pu faire ? Est-ce que les personnages expriment toujours ce qu’ils vivent et ressentent à l’intérieur ? Est-ce que les adultes ont le comportement que l’on attend d’eux ? Comment les personnages auraient-il pu mutuellement s’entraider ?
    5. Parler de suicide sans le dramatiser ni le banaliser : a-t-il repéré des signes d’alerte dans la série ? Connaît-il quelqu’un qui a déjà eu ou fait part d’envies suicidaires ? Lui-même a-t-il déjà eu de telles pensées ? Sait-il où trouver des ressources d’aide (des adultes, des médecins, des activités) pour lui-même ou pour autrui le cas échéant ?
    6. Fournir des ressources d’aide : pour les téléspectateurs de la série, Netflix a centralisé sur le site 13reasonswhy.info les ressources d’aide en fonction du pays de résidence. En Suisse romande, de nombreuses ressources existent aussi : les plus jeunes peuvent contacter le 147 (ligne d’aide de ProJuventute), tandis que le 143 (la Main Tendue) est à disposition pour les adultes.

    BESOIN D’AIDE ? NUMEROS D’AIDE GRATUITS EN SUISSE, 24h/24 et 7j/j
    147 (ProJuventute, Ecoute et conseils jeunes)
    143 (La Main Tendue, Ecoute et conseils adultes)
    144 (Ambulance, Urgences)
    117 (Police, Urgences)

    France : Ministère des Solidarités et de la Santé
    Belgique :  Prévention suicide 
    Quebec : Association québécoise de prévention du suicide

    Pour poursuivre la réflexion sur la série “13 Reasons Why”: lire la prise de position de STOP SUICIDE suite à la sortie de la première saison.

    Références
    1. Cette étude réalisée par un institut a été mandatée par Netflix : ses résultats sont donc à nuancer, sachant que toutes les thématiques liées au suicide n’ont pas été couvertes par l’étude. Voici sa référence complète : Lauricella, A. R., Cingel, D. P., & Wartella, E, (2018). Exploring how teens and parents responded to 13 Reasons Why: Global Report. Evanston, IL: Center on Media and Human Development, Northwestern University.
    https://www.forbes.com/sites/careypurcell/2018/03/21/study-reports-controversial-content-in-13-reasons-why-sparks-conversations-and-inspires-empathy/2/#53ab3cd228e5
    www.13reasonswhy.info

    Charlotte Frossard
    Charlotte Frossard est vice-présidente du comité de STOP SUICIDE. Parallèlement à son engagement bénévole auprès de cette association, elle poursuit une carrière de journaliste.
      

jeudi 19 juillet 2018

mercredi 18 juillet 2018

  • Tous cela n'est il pas n'importe quoi ?
     
     
    Question :
    Cher moine Gojo, vous êtes très sympathique ainsi que l'ambiance dans vos stages et vos retraites, mais je me demande si finalement, toute cette histoire d'absence de moi, de Conscience, n'est pas tout simplement n'importe quoi ?
     
    Réponse :
    Merci de votre franchise.
    Notez que l'ambiance sympathique et conviviale d'amitié et de partage, est un élément fondamental.
    C'est le terreau dans lequel notre amour pour la vérité et notre recherche peuvent s'épanouir avec bonheur.
    Pour le reste, vous n'avez pas tord.
    Au regard de la personne que nous croyons être, du point de vue de l'égo, ou d'un moi personnel et séparé, et même du point de vue classique et traditionnel de la société et de notre entourage, tout cela est effectivement n'importe quoi.
    Nos conditionnements, notre entourage, la société, tout, nous semble-t-il, nous pousse à croire en la réalité de ce fameux "moi", et prétend que le bonheur que nous recherchons, dépend plus ou moins, de l'atteinte des objectifs qu'il nous propose.
     
    Alors je vous propose trois choses:
    1 : Voyez si vous êtes réellement pleinement heureux?
    Autrement dit, si l'atteinte de tous les objectifs que le moi vous propose vous apporte le bonheur recherché ?
    2 : A propos du moi que vous évoquez :
    voyez s'il existe réellement, autrement dit, si vous pouvez trouver quelque part, une entité séparée et définie que vous baptiseriez "moi"?
    3: Concernant la Conscience:
    voyez s'il est vrai, ou pas, que ici et maintenant, dans votre expérience, quelle qu'elle soit, il est vrai qu'il y a Conscience ou non?
     
    Considérez très sérieusement ces trois points, et reparlons en.

lundi 16 juillet 2018

  • L'UE pourra conclure ses accords commerciaux sans Parlements nationaux
    Déni de démocratie, suite.


    L'UE pourra conclure ses accords commerciaux sans Parlements nationaux
    Le 22 mai 2018 - Le Figaro

    Les ministres du Commerce de l'UE ont validé mardi une nouvelle approche dans la conclusion des futurs accords commerciaux de l'Union qui permettra de se passer, selon les cas, de leur ratification par les Parlements nationaux afin d'accélérer les discussions.

    Cette approche permettra à l'Union européenne d'éviter que les traités qu'elle négocie puissent être stoppés par un seul Parlement national ou régional, comme ce fut le cas dans le passé pour l'accord avec le Canada, le CETA. Opposé à certains dispositions du CETA, le seul Parlement de la région belge francophone de Wallonie avait bloqué, fin 2016, sa signature pendant plusieurs jours, engendrant une mini-crise diplomatique avec Ottawa.

    A l'avenir, la Commission proposera donc de scinder les accords commerciaux en deux: d'un côté les dispositions purement commerciales qui ne nécessiteront que l'approbation du Parlement européen pour entrer en vigueur; de l'autre, un accord d'investissement qui devra être ratifié par tous les Parlements.
    Il appartiendra cependant aux Etats membres de décider, "au cas par cas, de la scission des accords commerciaux" en fonction de leur contenu, souligne le Conseil de l'UE dans son communiqué.

    * * *




    Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne, saoul lors du dernier sommet de l'Otan à Bruxelles (12 juillet 2018)

    [Exemple de Fake news officielle :]
    Titubant au sommet de l'Otan, Jean-Claude Juncker souffre d'une sciatique
    Le 12 juillet 2018 - FranceTVInfo 

    Des images tournées mercredi 11 juillet à l'occasion d'un sommet de l'Otan à Bruxelles montrent le chef de la Commission européenne en difficulté.
    "Une performance honteuse." Un député eurosceptique allemand a publié, jeudi 12 juillet, une vidéo montrant le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, la veille, "apparemment ivre", aidé dans ses déplacements par des chefs d'Etat et de gouvernement réunis à Bruxelles (Belgique) à l'occasion d'un sommet de l'Otan. Un message partagé et commenté par des milliers d'internautes, trompés par le contenu mensonger du message.
    Selon la RTBF, Jean-Claude Juncker a réagi à ces images en disant souffrir d'une "sciatique qui affecte parfois ses mouvements". Le Premier ministre portugais, Antonio Costa, et son homologue néerlandais, Mark Rutte, ont évoqué "un problème de dos".
    "Je ne suis pas saoul"
    Fin juin, s'exprimant devant le Sénat irlandais, le patron de la Commission européenne avait déjà évoqué ses difficultés de déplacement, comme le montrent des images sur le site du Daily Express (en anglais). "Je ne suis pas saoul, j'ai une sciatique, avait-il dit, en souriant. Je préférerais être saoul !"

    Remarque :
    En l'occurence (pour les chaines publiques, FranceTV et RTBF - et de nombreux autres médias) une fake news n'est pas une fausse information mais une information contredisant l'information officielle ! Le penchant pour l'alcool (euphémisme) de Jean-Claude Juncker est de notoriété publique et ce n'est pas la première fois qu'on le voit saoul dans l'exercice de ses fonctions - une sciatique ne fait pas tituber, ni sourire celui qui en souffre ou ceux qui en sont témoin.

    Lire aussi : « Jean-Claude Juncker saoul. C’est l’Europe qui titube. » L’édito de Charles Sannat, le 16 juillet 2018


    Sciatique 2.0
    Contrairement à la sciatique ordinaire, la sciatique 2.0 ne provoque pas de douleur 
    mais une euphorie communiquante, surtout après quelques pas en arrière. 
    Joues rouges et embonpoint en sont les nouveaux symptômes ainsi que 
              

  • Dans la trajectoire de Marx et de Debord
    MAJ de la page : Francis Cousin / Guy Debord



    Francis Cousin, Dans la trajectoire de Marx et de Debord, Contre toutes les falsifications du spectacle marchand (juin 2018)



    Entretien avec Francis Cousin (juin 2018)

    Auteur de : L'être contre l'avoir : Pour une critique radicale et définitive du faux omniprésent..., Ed. Le Retour aux Source, 2012 / Commentaires sur l'extrême radicalité des temps derniers : critique de la dictature démocratique du spectacle de la marchandise terminale..., Ed. Le Retour aux Source, 2016 / Véridique rapport sur les dernières nécessités de préservation et d'extension de la domination américaine sur le monde - Nouvelle édition : Avant-propos et épilogue de Francis Cousin, Ed. Le Retour aux Source, 2018




    La reprise du travail aux usines Wonder ou Wonder mai 68 - évoquée par Francis Cousin dans sa conférence.
    Dialogues entre syndicalistes CGT et grevistes :
    - Alors tes camarades, tout le monde (sic), a décidé de rentrer... 
    - Non, moi je rentrerai pas, non je rentrerai pas d'dans, non ! Je mettrai plus les pieds dans cette taule, hein... 




    Francis Cousin, L'amour vrai et l'amour faux (compilation)
    Autres vidéos : Retour aux Sources
    Site internet officiel : Cabinet de Philo-Analyse

  • L'obsolescence de l'homme
    Gunther Anders, extrait de : L'obsolescence de l'homme, 1956 / Tome 2, Ed. l'Encyclopédie des Nuisances.

    Pour étouffer par avance toute révolte, il ne faut pas s’y prendre de manière violente. Les méthodes du genre de celles d’Hitler sont dépassées. Il suffit de créer un conditionnement collectif si puissant que l’idée même de révolte ne viendra même plus à l’esprit des hommes.

    L’idéal serait de formater les individus dès la naissance en limitant leurs aptitudes biologiques innées. Ensuite, on poursuivrait le conditionnement en réduisant de manière drastique l’éducation, pour la ramener à une forme d’insertion professionnelle. Un individu inculte n’a qu’un horizon de pensée limité et plus sa pensée est bornée à des préoccupations médiocres, moins il peut se révolter. Il faut faire en sorte que l’accès au savoir devienne de plus en plus difficile et élitiste. Que le fossé se creuse entre le peuple et la science, que l’information destinée au grand public soit anesthésiée de tout contenu à caractère subversif.

    Surtout pas de philosophie. Là encore, il faut user de persuasion et non de violence directe : on diffusera massivement, via la télévision, des divertissements flattant toujours l’émotionnel ou l’instinctif. On occupera les esprits avec ce qui est futile et ludique. Il est bon, dans un bavardage et une musique incessante, d’empêcher l’esprit de penser. On mettra la sexualité au premier rang des intérêts humains. Comme tranquillisant social, il n’y a rien de mieux.
     


    En général, on fera en sorte de bannir le sérieux de l’existence, de tourner en dérision tout ce qui a une valeur élevée, d’entretenir une constante apologie de la légèreté ; de sorte que l’euphorie de la publicité devienne le standard du bonheur humain et le modèle de la liberté. Le conditionnement produira ainsi de lui-même une telle intégration, que la seule peur – qu’il faudra entretenir – sera celle d’être exclus du système et donc de ne plus pouvoir accéder aux conditions nécessaires au bonheur.

    L’homme de masse, ainsi produit, doit être traité comme ce qu’il est : un veau, et il doit être surveillé comme doit l’être un troupeau. Tout ce qui permet d’endormir sa lucidité est bon socialement, ce qui menacerait de l’éveiller doit être ridiculisé, étouffé, combattu. Toute doctrine mettant en cause le système doit d’abord être désignée comme subversive et terroriste et ceux qui la soutienne devront ensuite être traités comme tels. On observe cependant, qu’il est très facile de corrompre un individu subversif : il suffit de lui proposer de l’argent et du pouvoir.

    Voir aussi : La question nucléaire, à l'origine d'une nouvelle pensée : le catastrophisme, par Frédérick Lemarchand, 2017 - Canal-U

    «Autrement». En 1930, Günther, poète, essayiste, mais aussi peintre et musicien, brigue un poste d’esthétique de la musique à l’université de Francfort. Las, les places sont déjà réservées aux nazis. Brecht lui dégote un job de «garçon à tout faire» au Börsen-Courier de Berlin, mais il fait tellement tout que sa signature remplit les colonnes du journal. Le directeur s’en émeut : «Eh bien, vous n’avez qu’à m’appeler autrement», répond Stern qui, désormais, signera aussi Anders, c’est-à-dire «autrement» en allemand.
    Source (et suite) du texte : Libération

    Günther Anders (né Günther Siegmund Stern) est un penseur, journaliste et essayiste allemand puis autrichien, né en 1902 à Breslau et mort à Vienne en 1992. Ancien élève de Husserl et Heidegger et premier époux de Hannah Arendt, il est connu pour être un critique de la technologie important et un auteur pionnier du mouvement antinucléaire. Le principal sujet de ses écrits est la destruction de l'humanité.
    Source (et suite) du texte : wikipedia
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samedi 14 juillet 2018

  • Qui greffe quoi ?
    MAJ de la page : Transhumanisme



    Matière à penser avec René Frydman
    La greffe de tête : un jour possible ? 07/07/2018
    Avec Philippe Saint-Germain, auteur de La greffe de tête - Entre science et fiction, Ed. Liber, 2017

    En 2015, le neurochirurgien italien Sergio Canavero a provoqué une onde de choc en promettant une première greffe de tête humaine avant la fin 2017. Mais ce n'était que la plus récente étape d'une vaste entreprise médicale et médiatique amorcée deux ans plus tôt par la publication d'un article controversé exposant le projet. Scientifiques, journalistes, bioéthiciens, théologiens, blogueurs, ont tenté d'en prendre la mesure. C'est dans ce labyrinthe que s'aventure cet essai. Tout en décrivant le projet d'une greffe de tête humaine, il en rappelle la préhistoire - littéraire et scientifique - et en approfondit les enjeux éthiques et philosophiques. Monstruosité ou exploit, il se déploie ainsi entre la science et la fiction, suivant en cela le docteur Canavero lui-même qui, à certains égards, ressemble au savant fou d'un étrange feuilleton. « Je ne me donnerai pas pour tâche de déterminer sa faisabilité ou son bien-fondé d'un point de vue éthique, et encore moins scientifique ; ces questions seront toujours abordées en tant qu'elles font partie de la vaste mosaïque des narrations entourant le projet d'une greffe de tête. » Une part non négligeable de l'intérêt que suscite ce projet tient à ce qu'il n'existe encore qu'en puissance, aussi bien pour les observateurs que pour ses concepteurs, qui peuvent dès lors librement promettre et prédire ce qui, un jour, pourrait être réalisé. Ce possible stimule l'imagination en dilatant l'espace disponible à la spéculation. Parler d'un projet qui n'est pas encore réalisé permet de le devancer, plutôt que de simplement le décrire après coup.
    Quatrième de couverture


    Bientôt une greffe de tête ? 
    Le 3 janvier 2018 - Le Matin

    Controversé, l’Italien Sergio Canavero affirme qu'une telle opération est possible. Un premier test aurait même eu lieu sur des cadavres. Interview.
    Selon le neurologue turinois Sergio Canavero, le transfert de la tête ne durerait que «quelques secondes».

    La perspective de la première greffe de tête a alimenté ces dernières années la réputation sulfureuse du neurologue turinois Sergio Canavero. L’opération aurait dû être effectuée sur le Russe Valery Spiridonov, cloué dans un fauteuil roulant à cause d’une dystrophie musculaire et volontaire pour qu’on greffe sa tête sur un corps sain décapité. Mais le trentenaire ne jouera pas les cobayes, le projet fou du spécialiste italien aurait pu être financé par la Chine à condition que le protocole médical soit expérimenté puis peaufiné dans les structures de l’ex-Empire du milieu, et avec une équipe locale.

    Sergio Canavero a récemment affirmé qu’il avait réalisé une première intervention, située aux limites de l’éthique selon la communauté scientifique mondiale: il y a un an, sous la direction du professeur Xiaoping Ren, qui avait effectué la première greffe de main en 1999, l’opération aurait été tentée sur deux «patients zéros» décédés quelques heures auparavant, ce qui permettait de contourner le problème du processus de décomposition. Dans la revue scientifique américaine Surgical Neurology International, où ils ont publié les résultats de cette intervention, les deux spécialistes affirment par ailleurs qu’ils ont effectué d’autres opérations identiques depuis.

    Le Russe Valery Spiridonov devait être le premier cobaye vivant. Pourquoi l’opération programmée pour décembre a-t-elle été annulée ?

    La Chine s’occupe des Chinois, pas des Russes. Et puis il y a aussi un autre problème, à la fois psychologique et physique: Valery Spiridonov a le type slave, il faudrait trouver un donneur russe. On peut en trouver un, mais, visiblement, les Russes ne sont pas intéressés par le cas Valery Spiridonov. J’ai discuté avec lui, je lui ai dit qu’il pourrait marcher après l’intervention, courir je ne sais pas. Souvenons-nous toutefois des images tournées en Corée du Sud avec le chien qui gambadait comme un fou, et des rats aussi d’ailleurs.

    Comment fonctionne la greffe de tête ?

    En vérité, il s’agit d’une greffe de cerveau, une «anastomose méningo-cérébrale somatique» dans le langage médical. L’intervention effectuée par vingt chirurgiens, plus les paramédicaux et les techniciens, et dirigée par le chirurgien chinois Xiaoping Ren, a duré dix-huit heures. L’équipe a prélevé la tête d’un homme qui venait de mourir et l’a positionnée sur le corps d’un autre patient également à peine décédé, un système qui permet de contourner le processus de la décomposition. Les nerfs, les vaisseaux sanguins et la colonne vertébrale ont été connectés. Les organes comme le larynx et les nerfs phréniques n’ont pas été endommagés.

    Comment a été conservée la tête avant la greffe ?

    Si on réussissait à congeler la tête avant la mort, on arriverait à un taux de possibilité de réussite maximal. Mais les Chinois ne partagent pas mes idées sur l’hypothermie profonde. Selon la méthode chinoise, l’intervention se déroule sur deux jours. D’abord, on établit une connexion entre l’artère vertébrale et la carotide externe. Ensuite, on recoud et on réveille le patient. Dès qu’on trouve un donneur, on passe à la phase deux, celle de la greffe. Durant l’opération, le flux cérébral n’est jamais interrompu parce qu’on utilise une machine pour mélanger le sang du donneur et celui du receveur. Il n’y a donc pas de risque d’AVC. Le transfert de tête dure quelques secondes à peine. À partir du moment où le sang commence à circuler, il arrive dans le point de connexion et commence immédiatement à irriguer le tronc cérébral où se trouve le centre respiratoire. Après, on recoud. Le seul problème concernerait éventuellement le polygone de Willis (ndlr: système circulatoire qui permet l’apport de sang au système nerveux), qui est incomplet dans 50% des cas. Il faudrait donc d’abord faire une angiographie. Grâce au système de la connexion effectuée le premier jour sur le receveur, on évite le problème du cycle incomplet. Cette procédure mise au point par Xiaoping Ren est extraordinaire.

    Combien de chances de survie pour le receveur ?

    En l’état actuel, nous sommes arrivés à un niveau très élevé, plus de 90%.

    D’autres transplantations ont-elles été effectuées depuis celle de l’an dernier en Chine ?

    Il faudrait le demander aux Chinois. Beaucoup de tests ont été faits auparavant, notamment par des chirurgiens américains, mais l’an dernier c’était la première fois que l’on effectuait une greffe complète sur la base d’un protocole précis. Cette technique va bouleverser la médecine, l’histoire de l’humanité et la vie d’un certain nombre d’êtres humains atteints de graves pathologies. Il faudra du temps pour perfectionner le protocole, souvenons-nous de la première greffe de cœur, on a hurlé que c’était impossible. Et puis le temps a passé, et regardez combien de vies ont été sauvées grâce aux transplantations de plus en plus minutieuses. Pour le cerveau, il y aura une évolution, c’est normal. Pour en revenir aux greffes de ce type, je suis fasciné par les travaux du professeur Michael Levin, de l’Université Tufts de Boston, qui veut régénérer des parties de notre corps en modifiant des parties électriques, c’est génial. On parle d’avatars, de transplanter un cerveau dans un cyber. Mais tout cela ne fait pas scandale, contrairement à mon projet, qui fait réagir tout le monde. On me traite de fou.

    Certains spécialistes ont déjà soulevé les questions liées à l’éthique. Par exemple, que se passera-t-il si le receveur a un enfant ? Celui-ci aurait une identité multiple…

    Il va falloir éviter les dérapages. Certaines sociétés pourraient être tentées de sauver des personnalités. Imaginons un nouvel Albert Einstein, on pourrait décider de greffer sa tête sur un autre corps pour l’empêcher de mourir. Il faut absolument établir des règles avant que le procédé ne tombe entre les mains de médecins peu scrupuleux sur le plan éthique. (Le Matin)


mercredi 11 juillet 2018

  • Ingérence françaises au Yemen : honte et manipulation !
    Au Yémen, un enfant meurt toutes les dix minutes, victime de "la pire crise humanitaire du monde"

    Théâtre d’un conflit qui oppose les rebelles Houthis et une coalition menée par l’Arabie saoudite depuis plus de trois ans, le Yémen est victime de "la pire crise humanitaire du monde" selon l’ONU

    Aujourd’hui, le Yémen c’est 27 millions d’habitants, dont huit millions au bord de la famine, deux millions de déplacés et un million affecté par une épidémie de choléra, difficilement contrôlable à cause de la guerre. Depuis plus de trois ans, le pays est enlisé dans un conflit meurtrier entre les rebelles houthis, soutenus par l’Iran chiite, et une coalition menée par l’Arabie saoudite. En plus d’avoir provoqué plus de 10 000 morts et 53 000 blessés, la guerre a entraîné une grave crise humanitaire et sanitaire. La situation est critique : un enfant meurt toutes les dix minutes. En 2017, l’ONU a déclaré que le pays connaissait "la pire crise humanitaire depuis la seconde guerre mondiale" et évoque régulièrement des risques de famine à grande échelle.
    Source (et suite) du texte : FranceTVInfo, janvier 2018



    * * *

    Ingérence françaises au Yemen : honte et manipulation ! 
    Par Richard Labévière, le 24 juin 2018 - Proche et Moyen Orient

    Chacun de souvient de l’une des photos les plus célèbres de la guerre du Vietnam : ce 8 juin 1972 – dans le village de Trang-Bang – une effroyable bavure est commise par l’aviation sud-vietnamienne, qui combat les forces communistes du Nord aux côtés des Etats-Unis. Mal renseignés, les bombardiers Skyraider se trompent de cible et larguent des bombes au napalm sur un temple qui abrite non pas des Viêt-Congs, mais leurs propres soldats et de nombreux civils.

    Kim Phuc – neuf ans – figure parmi les victimes de cette erreur tragique. Alertés par le passage préalable d’un avion de reconnaissance, « Phuc » (c’est son prénom qui signifie « bonheur ») et sa famille voient s’abattre sur eux les bombes incendiaires. Le déluge de napalm – pouvant atteindre les 1 200 degrés Celsius – inflige à la fillette de terribles brûlures. Ses vêtements soufflés, Phuc s’extirpe des flammes, laisse derrière elle ses parents et se retrouve à fuir sur la route 1 de Trang Bang.

    À quelques centaines de mètres, le photographe Nick Ut a assisté à toute la scène. Avec un groupe de reporters, il voit des civils surgir de la fumée. Parmi eux, il photographie la grand-mère de Kim Phuc portant dans ses bras le corps inerte d’un petit garçon. Lorsque la fillette parvient à sa hauteur, Nick Ut tire de son sac un quatrième et dernier appareil encore chargé, un Leica M3. Il immortalise la détresse de la petite fille qui répète sans cesse les mêmes mots : « trop chaud ! Trop chaud ! »

    « On les massacrait avant de les soigner… », paradoxe des guerres occidentales modernes que Francis Ford Coppola fait dire au capitaine Willard, son héros d’Apocalypse Now, palme d’or au Festival de Cannes en 1979.

    Toute proportion gardée, c’est un peu ce que la France éternelle fait au Yémen et s’apprête à faire à la fin du mois à Paris. L’initiative a été annoncée le 10 avril lors d’une visite en France du prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane : l’organisation – à Paris – d’un « sommet humanitaire » rassemblant les donateurs susceptibles de se mobiliser au service… du Yémen, les deux co-organisateurs (la France et l’Arabie saoudite), chacun dans sa catégorie étant des co-bélligérants directement impliqués dans cette guerre particulièrement meurtrière, occultée par la propagande quotidienne déversée sur la guerre civilo-globale de Syrie : Bachar al-Assad est un boucher sanguinaire, Mohammed ben Salmane et son homologue émirien étant de joyeux humanistes réformateurs. Défense de sourire !

    On croyait être définitivement sorti des inepties néo-coloniales de Bernard Kouchner. Erreur, profonde erreur ! Comme en Syrie, les pays occidentaux aident et arment les jihadistes engagés au Yémen (recrutés par l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis/EAU), sous prétexte d’aide humanitaire et de lutte contre « l’impérialisme iranien ». Nouvelle défense de sourire !

    Bref, le 27 juin prochain à Paris, autant dire que cette conférence « humanitaire » risque de tourner au ridicule, comme un congrès de sapeurs-pompiers avec pyromanes comme invités d’honneur, comme un sommet de diabétiques enfermés dans une pâtisserie…

    GUERRE CLANDESTINE

    Et pourtant, les bombardements de la coalition saoudienne s’apparentent à des crimes de guerre selon les propres critères des Nations unies. Cela dit, Riyad est parvenu – jusqu’à maintenant – à empêcher l’ONU d’enquêter sur les quelques 15 000 civils tués depuis janvier 2017, tout bilan officiel restant impossible à établir. L’ONU et plusieurs ONGs évoquent des épidémies de famine, de choléra, ainsi que des milliers de blessés et déplacés. Une « catastrophe entièrement causée par l’homme », souligne le dernier rapport du Haut-Commissariat aux droits de l’homme (HCR) de l’ONU. À cela s’ajoutent la destruction partielle de la vieille ville de Sanaa, patrimoine mondial de l’humanité et l’expansion de la Qaïda dans la péninsule Arabique (AQPA) : « AQPA est plus puissant que jamais. Alors que la destruction de l’organisation « État islamique » fait les gros titres (…), la Qaïda reste un modèle de réussite ». L’organisation a notamment « su exploiter une économie de guerre florissante », écrit la chercheuse d’International Crisis Group April Longley Alley. L’Arabie saoudite a inondé le Yémen de fusils d’assaut Steyr-AUG, une partie d’entre eux a atterri entre les mains d’AQPA !

    « La France a octroyé pour un peu plus de 16 milliards d’euros de licences pour la seule Arabie saoudite en 2015 et livré à ce pays pour 900 millions d’euros d’équipements militaires la même année (…) À aucun moment, le gouvernement n’a indiqué ces deux dernières années qu’il avait refusé, révoqué ou suspendu des autorisations d’exportation », commente pour sa part Amnesty International.

    Depuis plus de deux ans, une guerre menée par les plus riches pays du Proche-Orient – voire du monde – contre le plus pauvre se poursuit, dans une large indifférence politique et médiatique. Le 26 mars 2015, l’Arabie saoudite – suivie de dix pays sunnites – lance une opération militaire aérienne au Yémen contre les Houthis du Nord. Les partisans d’Abdel Malek Al-Houthi avaient forcé la démission le président de la transition Abd Rabbo Mansour Hadi en s’alliant avec leur ancien opposant, Ali Abdallah Saleh. Au début de l’offensive, les Houthis occupent militairement la capitale Sanaa et la principale ville du sud, Aden. Sollicités par Hadi, les Saoudiens et leurs alliés prétendent vouloir le rétablir et contrer l’« avancée iranienne ». Le Conseil de sécurité de l’ONU donne son aval et la France, le Royaume-Uni et les États-Unis fournissent les fusils !

    « DIPLOMATIE ECONOMIQUE »

    Dès son arrivée à l’Elysée, Nicolas Sarkozy a commencé à mettre en œuvre l’une de ses promesses de campagne : rééquilibrer la politique étrangère de la France au Proche-Orient en faveur d’Israël. L’un des corollaires de cette volonté signifiait d’appuyer le rapprochement des monarchies du Golfe avec Tel-Aviv. Ainsi, l’Elysée s’emploiera à faire du Qatar l’un de ses premiers partenaires dans la région : le petit émirat paiera la libération des infirmières bulgares pour que Cécilia vienne faire un show « humanitaire » à Tripoli (Libye). Ensuite, il paiera aussi le divorce de la même Cécilia avec le président de la République française qui exonèrera – en retour – le Qatar de toute espèce de fiscalité sur ses transactions immobilières en France.

    En juillet 2007, à la suite d’une demande émirienne, Nicolas Sarkozy s’engage à développer une présence militaire permanente dans ce pays. Elle est annoncée en janvier 2008, lors d’une tournée dans le Golfe du président de la République. La base française d’Abou Dhabi est officiellement inaugurée le 26 mai 2009 dans l’espoir de voir les Emiriens acheter le Rafale français. La promesse de vente tournera court, mais François Hollande ne reviendra ni sur l’existence de la base émirienne, ni sur les privilèges fiscaux accordés au petit Qatar. Au contraire, il accentuera le trait avec la fameuse « diplomatie économique » portée par son ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius.


    Avec Emmanuel Macron, la politique étrangère néo-conservatrice de la France va se poursuivre et s’accentuer : soutien inconditionnel à Israël et aux monarchies pétrolières sunnites avec lesquelles les affaires vont s’intensifier. Selon les meilleures sources, on peut relever que :

    dès le déclenchement de la guerre au Yémen, l’armée française « a effectué des vols de reconnaissance au-dessus des positions houthis pour le compte du client saoudien et continué à former ses pilotes de chasse »;
    la France a également transféré des nacelles Thalès Damocles XF de désignation de cible et de guidage de bombes, que les forces saoudiennes placent sous leurs avions de chasse – ce qui n’empêche pas les « bavures » ;
    trois mois après le début du conflit, un avion ravitailleur Airbus 330-200 MRTT a été livré à l’Arabie saoudite. C’est le dernier d’une flotte de six. En avril 2017, deux de ces avions étaient déployés au Yémen. Indispensables à la guerre en cours, ils ravitaillent en vol les F-15 saoudiens ;
    des canons Caesar 155 mm de l’entreprise française Nexter, des hélicoptères de transport Cougar du groupe EADS et des drones de renseignement militaire SDTI de l’entreprise française SAGEM sont livrés à la coalition saoudienne ;
    en 2016, la France a livré 276 blindés légers indique son propre rapport de juillet 2017 au secrétariat du TCA. Ce lot est composé de blindés légers Renault Sherpa light et Vab Mark 3 du groupe Renault Trucks Defense, originellement destinés au Liban. Dès février 2016, face à l’échec des campagnes de bombardements, la coalition s’appuie sur des milices locales équipées de véhicules légers émiratis Nimr pour tenter de déloger les forces houthis. L’arrivée des blindés légers français, qui se faufilent sans difficulté dans les rues étroites des villes arabes, s’inscrit pleinement dans cette stratégie de contre-insurrection déployée au sol. Et les Sherpa light sont équipés de capteurs de dernière génération offrant une protection contre les engins explosifs improvisés ;
    la coalition fait également usage de petits patrouilleurs, en soutien aux navires de guerre, pour assurer le blocus du Yémen. Si l’entreprise française Couach bloque à quai deux patrouilleurs rapides à destination du Yémen en raison de l’embargo, elle débute ses livraisons d’intercepteurs rapides à l’Arabie saoudite dès août 2016 ; 39 nouveaux exemplaires de ce type d’unités sont destinés à Riyad ;
    pour assurer le blocus qui affame la population, la coalition utilise des Corvettes Baynunah livrées aux EAU. L’artillerie et les marines de la coalition sont, par ailleurs munies de systèmes électroniques de navigation vendus par SAFRAN, des équipements essentiels à la logistique des tirs ;
     enfin, 745 fusils de précision ont été livrés à Riyad en 2015 et 500 en 2016 selon les rapports au Parlement sur les exportations d’armes de 2016 et 2017.
    Dernièrement, plusieurs parlementaires français – accompagnés de l’ambassadeur de France à Riyad et de son épouse – sont allés se féliciter bruyamment, dans la province de Mareb contrôlées par les Saoudiens, de l’excellence des efforts humanitaires de leurs hôtes… Fallait oser, mais c’est fait ! Et le pompon, c’est bien-sûr, la dernière affaire du déminage du port d’Hodeïda ! Le 15 juin, Le Figaro affirme : « alors que les forces progouvernementales ont annoncé s’être emparées vendredi de l’aéroport d’al-Hodeïda, la France entend s’impliquer dans le déminage du port, la véritable cible de la bataille lancée il y a trois jours par les troupes yéménites, appuyées par les EAU et l’Arabie saoudite, pour chasser les rebelles houthis pro-iraniens de cette ville stratégique sur la mer Rouge. Mais comme l’engagement français dans cette guerre oubliée est source de contestation, le ministère des Armées avance sur des œufs… » On ne saurait mieux dire !

    UNE FUITE LACANIENNE

    Le 13 juin, le Quai d’Orsay a indiqué que le président Emmanuel Macron, après s’être entretenu avec Mohammed ben Zayed, prince héritier d’Abou Dhabi, avait « évoqué la situation politique et militaire au Yémen, et notamment à Hodeïda » et « appelé les parties prenantes à la retenue et à la protection des populations civiles. » « La France rappelle que seule une solution politique négociée, y compris à Hodeïda, permettra de mettre fin de manière durable à la guerre au Yémen et d’arrêter la dégradation de la situation sécuritaire et humanitaire dans ce pays », a souligné le porte-parole du Quai.

    Mais sous cette langue d’acajou, il s’agit de bien autre chose ! Un responsable émirien a déclaré à l’agence de presse Reuters, que la France aurait « accepté d’apporter une assistance en matière de déminage dans le cadre de l’opération militaire lancée par la coalition sunnite pour reprendre le port d’Hodeïda. » Et d’ajouter : « Les États-Unis ont rejeté pour leur part la requête d’Abou Dhabi qui leur demandait des moyens de renseignement, de surveillance aérienne, de reconnaissance et de déminage ».

    Quelques heures plus tard, le ministère des Armées a confirmé qu’une telle opération était dans les tuyaux. « Il n’y a pas d’action militaire française aujourd’hui dans la région de Hodeïda, et la France ne fait pas partie de la coalition qui est engagée sur ce théâtre », a-t-il commencé par préciser. Toutefois, Le Figaro affirmait que des membres des forces spéciales françaises étaient déjà présents au Yémen, aux côtés des troupes émiriennes.

    Ainsi, « deux sources militaires contactées par Le Figaro révèlent également que des forces spéciales françaises sont présentes aux côtés des Émiriens au Yémen », affirme le journaliste Georges Malbrunot dans l’édition datée du 16 juin 2018. La ministre de la Défense Florence Parly dément aussitôt et elle a raison. Les soldats français présents dans le port d’Hodeïda ne font pas partie des Forces spéciales françaises, mais sont des plongeurs-démineurs du Service-action de la DGSE (nos services extérieurs), dédiés aux opérations clandestines. Par conséquent, circulez, y’ rien à voir et c’est bien normal ! La dissociation entre Forces spéciales destinées aux opérations extérieures publiques et le Service-Action, spécialisé dans des actions clandestines – devant restées classifiées « confidentiel » ou « très confidentiel » – demeure l’apanage légitime de n’importe quelle démocratie. La carabistouille est ailleurs et révélatrice d’un nouveau dysfonctionnement de la communication présidentielle !

    Depuis plusieurs mois, Saoudiens et Emiriens se plaignaient auprès de leurs interlocuteurs français, leur tenant à peu près ce langage : « on vous achète quantités de matériels et d’armements alors que vous ne nous apportez pas le moindre soutien politique public et ça commence à bien faire ! » Les communicants de l’Elysée ont alors imaginé le montage d’une fuite émirienne à Reuters qui serait reprise par notre cher Georges national du Figaro. En effet, celui-ci n’aurait jamais exploiter une telle information sans obtenir le feu vert, sinon l’encouragement de ses sources du ministère de la Défense !

    En France, les anciens otages ont un statut tout à fait particulier. Non seulement immédiatement érigés au statut d’expert multifonctions, ils doivent se souvenir quotidiennement comment ils ont retrouvé la liberté. En l’occurrence, la libération de Georges et de son collègue Christian Chesnot a coûté plusieurs millions d’euros environ sept) prélevés dans les fonds spéciaux de la DGSE, c’est-à-dire de l’argent public et cela mérite bien quelques renvois d’ascenseurs…

    Par conséquent, l’information de l’engagement yéménite des armées françaises aux côtés de la coalition saoudo-émirienne est bien sortie, même si toute la vérité n’est pas dite. Héroïne lacanienne, Florence Parly dit toujours, toujours la vérité, mais pas toute… parce que les mots y manquent ! Et c’est même par cette impossibilité qu’elle participe au réel !

    Et le psychanalyste Jacques Lacan aurait certainement ajouté que le réel, c’est quand on se cogne… Quoi qu’il en soit, la France et ses armées sont – aujourd’hui – engagées au Yémen, aux côtés des EAU et de l’Arabie saoudite (deux grandes démocraties bien connues), en train de massacrer l’un des pays les plus pauvres de la terre. Un jour, ces gens auront des comptes à rendre, les responsables français qui ont pris la responsabilité d’engager notre pays aussi !

  • "N'est-ce pas singulier que je sois constamment transportée de joie, sans raison ?"


    Rosa La Vie, Rosa Luxembourg, lettres de prison, lecture de Anouk Grinberg  (Paris, 27 septembre 2009)
    Voir aussi la présentation du spectacle par la comédienne : Youtube



    Rosa Luxembourg (Ina)

    N'est-ce pas singulier que je sois constamment transportée de joie, sans raison ? De temps à autre, au loin, le roulement étouffé d'un train ou bien tout près le palant de la sentinelle. Je suis étendue, là, seule, livrée à l'obscurité, à l'ennui, à l'hiver, et malgré tout une joie étrange, inconcevable, fait battre mon coeur, comme si je marchais dans une prairie en fleurs, sous un soleil éclatant. Alors je cherche une raison à cette joie, je n'en trouve pas, je crois que c'est la vie qui est l'unique secret. 


    Rosa Luxemburg, souvent retranscrit en français Rosa Luxembourg, en polonais Róża Luksemburg, née le 5 mars 1871 à Zamość dans l'Empire russe (actuelle Pologne) et morte assassinée le 15 janvier 1919 à Berlin en Allemagne, est une militante socialiste et théoricienne marxiste.
    Née sujette polonaise de l'Empire russe, elle s'exile en Suisse pour suivre des études, puis prend la nationalité allemande afin de poursuivre en Allemagne son militantisme socialiste. Figure de l'aile gauche de l'Internationale ouvrière, révolutionnaire et partisane de l'internationalisme, elle s'oppose à la Première Guerre mondiale, ce qui lui vaut d'être exclue du Parti social-démocrate d'Allemagne (SPD). Elle cofonde la Ligue spartakiste, puis le Parti communiste d'Allemagne. Deux semaines après la fondation de ce dernier, elle meurt assassinée à Berlin le 15 janvier 1919 pendant la révolution allemande, lors de la répression de la révolte spartakiste.
    Ses idées ont inspiré des tendances de la gauche communiste et donné naissance, a posteriori, au courant intellectuel connu sous le nom de luxemburgisme. L'héritage de Rosa Luxemburg a cependant été revendiqué, de manière contradictoire, par des mouvances politiques très diverses.
    Source (et suite) du texte : wikipedia

    Le capitalisme est la première forme économique douée d'une force de propa­gande ; il tend à se répandre sur le globe et à détruire toutes les autres formes écono­mi­ques, n'en supportant aucune autre à côté de lui. Et pourtant il est en même temps la première forme économique incapable de subsister seule, à l'aide de son seul milieu et de son soi nourricier. Ayant tendance à devenir une forme mondiale, il se brise à sa propre incapacité d'être cette forme mondiale de la production. Il offre l'exemple d'une contradiction historique vivante ; son mouvement d'accumulation est à la fois l'expression, la solution progressive et l'intensification de cette contradiction. A un certain degré de développement, cette contradiction ne peut être résolue que par l'application des principes du socialisme, c'est-à-dire par une forme économique qui est par définition une forme mondiale, un système harmonieux en lui-même, fondé non sur l'accumulation mais sur la satisfaction des besoins de l'humanité travailleuse et donc sur l'épanouissement de toutes les forces productives de la terre.
    Source (et texte entier) : L'accumulation du capital
    Autres textes : marxists



    Rosa Luxembourg, film de Margarethe von Trotta (1986) VOSTFR