Sur le Web, ces 21 derniers jours

lundi 15 octobre 2018

  • La limpidité du voyant

    Voici un beau passage du livre de Michel Bitbol: La conscience a-t-elle une origine? (ce livre est un très bon livre d'ailleurs !)

    Il commente un texte de Merleau-Ponty pour qui le visible et le voyant s'entremèlent.

    Voici le texte de Merleau-Ponty :

    « Le visible autour de nous semble reposer en lui-même. C’est comme si notre vision se formait en son cœur […] Ce qu’il y a, donc, ce ne sont pas des choses identiques à elles-mêmes qui, par après, s’offriraient au voyant, et ce n’est pas un voyant, vide d’abord, qui, par après, s’ouvrirait à elles, mais […] des choses que nous ne saurions rêver de voir “toutes nues”, parce que le regard même les enveloppe, les habille de sa chair. »

    Puis le commentaire de Michel Bitbol.

    Bitbol remarque que le monde se donne dans l'absence d'un voyant, dans la disparition du crane. C'est exactement ce que je raconte sur ce blog depuis des années.

     

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    "La vision se forme au cœur du visible. C’est l’expression de ce que nous vivons quotidiennement, dès que nous ouvrons les yeux et que nous consentons à nous laisser abasourdir par ce qui se présente alors : un vaste environnement fait de surfaces opaques ou opalescentes, qui se rapproche du regard en l’enserrant inexorablement par nos propres membres et notre propre thorax, puis qui s’ouvre brusquement en un cercle sans bords d’absolue transparence aux environs de nos orbites oculaires.

    Comment l’opacité du visible s’est-elle convertie en la limpidité du voyant ?

    Comment l’impénétrabilité de ces tissus biologiques s’est-elle laissé traverser jusqu’à sembler pour ainsi dire volatilisée en une certaine région de notre propre crâne ?

    Il ne suffit pas, pour en rendre compte, d’invoquer les propriétés optiques de translucidité du cristallin et de l’humeur vitrée (qui, de toute manière, s’arrêtent à la rétine). Car la transparence dont il s’agit, loin de se réduire à l’énoncé de la présence détectable des photons en deçà et au-delà de la surface de la cornée, se manifeste par une véritable absence : absence de tout objet visible là où le voyant s’origine ; absence sur fond de laquelle se détachent les existences. Il n’y a rien là où s’ouvre la disposition à voir quelque chose ; et ce rien se promène en quelque sorte parmi les choses, absolument solidaire de l’une de ces choses qu’est le corps propre ; et ce rien, avant même de se promener et de distinguer la variété des choses, se tient immobile dans la pulpe-de-chose, et se découvre comme une étonnante diaphanéité dans la masse indifférenciée, dense et ténébreuse de ce qui se présente alentour.

    Cela va de soi, et c’est pourquoi il faut le faire ressortir à partir de soi. Consentir à la stupéfaction du banal ; c’est ce que fait Merleau-Ponty comme tout vrai philosophe, et ce qui en ressort est un constat aux antipodes de la banalité : que le voyant est creusé dans la substance entière du monde visible. Le constat n’a rien d’intellectuellement choquant, à condition de ne pas conférer plus de sens au mot « monde » que ce qu’autorise le motif phénoménologique de sa désignation : non pas un grand objet exhaustif, sphérique et dur, mais simplement tout cela qui se montre. L’apparaître est excavé au milieu de l’apparition ; ni plus, ni moins."

    Michel Bitbol


  • Qu'est-ce que le macronisme ?
    MAJ de la page : Emmanuel Macron



    Emmanuel Todd, Qu'est-ce que le macronisme (Science Po, 9 octobre 2018)

    "J'ai été frappé par tous ces dialogues qu'il allait chercher dans la rue, avec des gens plus faibles que lui sur le point de la formation intellectuelle. J'ai cru sentir chez lui une véritable jouissance à humilier les humbles, cela m'a frappé parce que c'est répétitif et c'est tellement facile d'écraser, face à une caméra, un ouvrier dans une usine ou un jeune dans une banlieue, etc. J'ai perçu ça pas simplement comme l'expression psychique d'un besoin de domination mais d'une certaine forme de violence dans sa personnalité. c'est très violent de faire cela.(...) Ce qu'à révélé l'affaire Benalla c'est l'omniprésence d'un discours méprisant et violent dans le cercle restreint du macronisme".

    Lire aussi : Un "puceau de la pensée" élu dans "une hallucination collective" : le macronisme selon Emmanuel Todd, par Hadrien Mathoux, Marianne, 12 octobre 2018Emmanuel Todd : “La menace, ce n’est pas les Fake News, c’est l’autoritarisme de l’État”, Les Crises, 21 mars 2018 / «Qui serait le fact-checker ?» : Philippe Béchade sur la loi fake news, RT, 10 octobre 2018 / Dossier EU Disinfolab, Les Crises




    Michel Onfray, Seconde lettre à Manu (octobre 2018)

    "D’abord, premier doigt, il y eut cette étonnante évaporation de tes bénéfices en tant que banquier chez Rothschild: tu sembles en effet avoir habilement fait disparaître cette somme considérable de ta déclaration de patrimoine avant les présidentielles. Quid en effet des cinq millions d’euros que tu as engrangés comme banquier pendant huit ans et dont personne ne retrouve la trace ? (source : "Cinq millions d’euros en huit ans, où est l’argent, Emmanuel Macron?" dans Economie Matin du 16 février 2017). Cinq millions, ça en fait des billets de cinq euros que tu voles dans la poche des étudiants qui reçoivent l’APL!"
    Source et transcript entier : Michel Onfray



    Fabrice Eboué clash Emmanuel Macron (octobre 2018)



    Jupiter, Doigt d'honneur et Cornuto. 
      

dimanche 14 octobre 2018

  • La marche : une expérience paradoxale de liberté


    LES CHEMINS DE LA PHILOSOPHIE  par Adèle Van Reeth et Philippe Petit
    La marche : une expérience paradoxale de liberté 28/05/2013
    avec Frédéric Gros, Philosophe, essayiste, professeur de pensée politique à Sciences-po Paris

    * * *

    Autre marche, plus inquiétante (les premières applications seront militaires), pour montrer les progrès robotiques de Boston Dynamics :



    Parkour Atlas (octobre 2018)



    Spot Robot Testing at Construction Sites (octobre 2018)

  • AMA


    Julie Gauthier, AMA (2018)

    Six minutes de danse sous l'eau. En apnée, Julie Gautier sublime le monde du silence. Un ballet tout en poésie, où pression et temps semblent ne plus avoir de prises.
    Danseuse passionnée, apnéiste médaillée et réalisatrice autodidacte, Julie Gautier raconte, avec cette nouvelle création, une histoire que chacun peut interpréter à sa manière. Un film sans parole, sous l'eau où tout est suggéré et rien n'est imposé.
    Source  du texte : Redbull




    Site officiel : Julie Gauthier

    Julie Gautier, femme de l’ode
    Par Ruben Curiel, 13 avril 2018 - Redbull

    Dans AMA, un ballet poétique sous l'eau, Julie Gautier est une créature éthérée. On a retrouvé la danseuse et apnéiste, en bord de mer. Elle raconte son message aux femmes et sa « liberté retrouvée ».

    Elle parle de la mer comme remède à l’ostracisme. De l’apnée comme d’une course après son ombre. De sa discipline comme une thérapie. Posée dans un restaurant de Villefranche-sur-Mer, bourgade qui emprunte des traits à Capri et des couleurs à Valparaíso, Julie Gautier vient de sortir du yoga et pose sa trottinette dans un coin. Elle explique qu’elle doit effleurer la mer pour vivre. Elle dessine les contours de celle qui est devenue sa ville, « par hasard de la vie ». Un endroit où elle a enfin posé ses valises, elle qui « ne pouvait pas s’empêcher d’être en mouvement ». Terrée derrière ses lunettes de soleil, distillant des phrases toutes plus pensées les unes que les autres avec une voix reposante, on pourrait croire qu’elle se cache de la lumière. Lumière qu’elle ne peut rejeter après la sortie d’AMA, un film silencieux de six minutes, un ballet en apnée qui a atteint les yeux du monde entier en quelques jours. « Pour qu'elle ne soit pas trop crue, je l'ai enrobée de grâce. Pour qu'elle ne soit pas trop lourde, je l'ai plongée dans l'eau. » C’est avec ces mots que Julie Gautier, apnéiste et référence internationale du film sous-marin, décrit la douleur qu’elle exprime dans ce court-métrage. À la fin du film, elle remonte à la surface. Elle termine de sublimer le monde du silence. Pour enfin s’ouvrir.

    Tu sors du yoga à l’instant. Ça fait partie de ton entrainement d’apnéiste ?

    J’ai fait toute ma carrière d’apnéiste sans pratiquer le yoga. Alors qu’on a des exercices en apnée qui viennent du yoga. Comme j’ai toujours besoin d’être en mouvement, je ne trouvais pas la forme de yoga qui me convenait. J’ai découvert l’Ashtanga Vinyasa très dynamique et dansé. L’idée est d’associer la respiration au mouvement. Maintenant que je ne fais plus de compétition en apnée, je ne saurais pas dire ce que cela m’apporte au niveau de l’apnée. Mais je fais ça pour moi aujourd’hui.

    Tu t’entraines à Villefranche-sur-Mer, une ville parfaite pour l’apnée.

    Le hasard de la vie m’a amenée ici. Je n’avais pas l’intention de m’installer ici, je suis de La Réunion. C’est l’endroit idéal pour vivre avec Guillaume (Néry, son mari, champion et spécialiste de la plongée en poids constant, ndlr). Il vient d’ici, c’est La Mecque de l’apnée ici.

    Un novice en apnée peut se lancer dans le grand bain ici ?

    Tout dépend de ce qu’il recherche. Si son envie tourne autour de la découverte de l’apnée, de la recherche de soi ou s’il veut juste nager avec les poissons… Ce n’est pas pareil. Si tu fais une sortie avec notre club (le CIPA, ndlr), on s’ancre très proche du bord. L’intérêt de cette rade, c’est qu’elle est très profonde, environ 200 mètres. Même en restant proche du bord, tu peux avoir beaucoup de profondeur. On apprend à respirer avant d’aller dans l’eau, à appréhender la profondeur, à pouvoir descendre. Et ensuite on fait de l’exploration. Par contre Il n’y a pas énormément de faune et flore, ce n’est pas Bali. Mais pour avoir un accès régulier à l’eau, c’est parfait.


    La réalisatrice et apnéiste Julie Gautier est une référence internationale du film sous-marin.
    Julie Gautier, habituée à filmer sous l'eau

    Peux-tu nous parler de ta découverte de l’apnée ?

    Mon père est chasseur et ma mère est danseuse. Depuis toute petite, je fais les deux. Mon père me ramenait des poissons quand j’étais gamine. Et dès mes 11 ans, il m’a emmené avec lui. Et ce rapport à l’eau, à l’apnée, je le connaissais comme moyen, pas comme discipline. Quand j’avais 18 ans, mon père a vu un article qui parlait de deux apnéistes connus à La Réunion. Et je me suis inscrite directement dans un club.
    Source (et suite) du texte : Redbull


  • notre vie est déjà libre !

    natural perfection

     

    "La liberté accompagne la réalité :
    libre au centre, tout effort est inutile ;
    éternellement libre, aucune libération n'est nécessaire ;
    libre en elle-même, aucun remède n'est possible ;
    directement libre, libérée dans la vision ;
    complètement libre, pure par nature ;
    constamment libre, la familiarisation est vaine ;
    et naturellement libre, la liberté ne peut être fabriquée.



    Pourtant, la " liberté " n'est qu'une convention verbale,
    et qui est " réalisé " et qui ne l'est pas ?
    comment quelqu'un pourrait-il être "libéré" ?
    Comment quelqu'un pourrait-il se perdre dans le samsara ?
    la réalité est libre de toute délimitation !



    la liberté est intemporelle, elle est toujours présente ;
    la liberté est naturelle, elle est inconditionnelle ;
    la liberté est directe, ainsi la vision pure se réalise ;
    la liberté est illimitée, il n'y a donc pas d'identité possible ;
    la liberté est unique,  la multiplicité y est absorbée.



    La conduite ne change rien - notre vie est déjà libre !
    la méditation ne sert à rien - notre esprit est déjà libre !
    la vue ne produit rien - tout dogme est liberté !
    la réalisation n'exige rien - nous sommes libres tels que nous sommes !"

    Longchenpa


samedi 13 octobre 2018

  • l'UN dans le coeur

    Un petit texte de Catherine Harding

     

    lumiere

    "Chaque fois que je m’assieds, je tombe littéralement dans le Silence qui résonne:
    LA PRESENCE
    Il fut un temps où ce corps était élégant…
    Il est bien déformé maintenant
    Il fut un temps où ce corps avait de belles jambes, de jolies mains
    De tout cela, plus rien!
    Mais moi?
    Cette lumière qui m’habite et
    Éclaire le monde
    N‘est-elle pas toujours la même
    Vibrante de vie,
    Inaltérable?
    L’ETRE
    l’UN indissoluble dans le COEUR immense, impersonnel, universel."
    Catherine Harding
    .

     


vendredi 12 octobre 2018

  • seul le Soi est

    Voilà Mooji

     

    "Sache que l'idée de trouver et de perdre le Soi

    est une illusion.

    Sache aussi que le conseil de « rester en tant que le Soi »

    est également une illusion.

    Sache qu'il n'y a personne pour trouver le Soi,

    car seul le Soi est.

    Seul le Soi crée tout ce jeu

    afin de goûter à l'expérience ou au jeu de la séparation

    et de l'union.

    Il n'y a jamais que le Soi unique et indivisible."

    (extrait de « White Fire »)"

    ~ Mooji

    white-fire-spiritual-insights-and-teachings-of-advaita-zen-master-mooji



    Know that the sense of finding and losing the Self
    is illusion. Know also that the advice to 'stay as the Self'
    is also illusion. Know that there is no one to find the Self,
    for the Self alone is. The Self alone creates all this game
    in order to taste the experience or the play of separation
    and union. There is only ever the one indivisible Self.

    (from 'White Fire')

    ~ Mooji


  • Y a-t-il un Témoin?

    Dans certains enseignements ou textes spirituels, il est demandé de trouver une position de Témoin en soi. Ce Témoin est une sorte d'observateur immobile qui assiste aux changements des phénomènes qui passent en nous : pensées, émotions, sensations,...

    Il est vrai que j'ai parfois trouvé dans les textes de l'advaita vedanta, le mot de Sakshî (साक्षी) qui signifie Témoin en effet, Voyeur ou Voyant.

    Je pense que cette consigne de chercher un Témoin en soi peut être un bon conseil au début de la pratique parce qu'au début nous sommes emportés par nos pensées.Nous ne sommes pas conscient de ce qui arrive en nous. Ainsi, être le Témoin permet de reprendre conscience de ce qu'il se passe et d'y être attentif.

    Mais au bout d'un moment il faudra aller plus loin et s'apercevoir que le Témoin est encore une identification à un Observateur, même subtil. C'est encore une chosification du processus de la conscience.

    Car en réalité il n'y a pas de Témoin.

    Il y a vision, mais pas de voyant.

    Le seul endroit où pourrait se trouver un Témoin, un observateur, c'est dans la tête, quelque part derrière les yeux.

    Or, si je cherche là, je ne trouve rien. Le poste d'observateur est vide. Il n'y a personne derrière nos yeux qui regarde la scène.

    Regardez vous-mêmes....

     

     

    jlr

    oeil

     

     


  • Sans titre

jeudi 11 octobre 2018