Sur le Web, ces 21 derniers jours

vendredi 30 mars 2018

  • La nature de l'esprit et le Dzogchen

     

     

    Philippe Cornu: La nature de l'esprit et le Dzogchen (Trekchö/Tögal)

     

    rainbow

    J'ai beaucoup de respect et de reconnaissance pour le dzogchen.

    Il y a dans cette tradition - que connait très bien Philippe - d'excellents enseignements (Trekchö) pour voir directement la nature de l'esprit.

    Pour le reste (les visualisations, Thögal), j'avoue mon scepticisme total.

    Traverser les murs, transformer son corps en arc-en-ciel....Je comprends l'idée :

    L'idée c'est que puisque tout surgit de la base , si je suis bien établi dans cette base, je dois pouvoir voir jaillir le monde des apparences avant qu'elles ne se structurent en un monde humain, soumis au temps, à l'espace et à la causalité karmique.

    Mais cela relève pour moi de la foi, pas de l'expérience. Je n'ai rencontré aucun maitre qui traversait les murs ou qui avait un corps de lumière.

    J'ai lu les textes qui en parlent. J'ai lu des témoignages de gens qui avaient vu des gens qui avaient vu des gens qui avaient vu quelqu'un qui avait transformé son corps en arc-en-ciel.

    Comme j'ai lu des textes anciens de gens qui disaient avoir vu quelqu'un sortir de son tombeau et monter au ciel dans un corps transfiguré.

    Mais je n'ai pas cette foi là.

    Et je n'en ai pas besoin.

    Ici et maintenant nous pouvons nous éveiller à la nature de l'esprit et accueillir le mandala déjà parfait qu'est le monde.

    What else?

     

    jlr

     

     

     


jeudi 29 mars 2018

  • attention

     

    Un petit exercice d'attention

     

     

     


mercredi 28 mars 2018

  • La vision à deux directions

     Le secret de la pratique spirituelle, c'est la vision à deux directions, comme le dit ici Douglas Harding : à la fois prendre conscience de l'espace au-dessus de mes épaules et de tout ce qui surgit en lui ;

    à la fois prendre conscience de l'absence de l'observateur, et de la présence du monde.

    jlr

     

    la-vision-a-deux-directions

     

    Le vide est rempli du monde, le vide est le monde.

    jlr

     

     

    "La vision à deux directions

     

    Je dirai qu’en général tout ce que je fais,

    à partir de l’illusion et de l’absurdité

    de croire qu’il y a une chose ici qui le fait, est mal fait.

    Et tout ce que je fais à partir de mon espace est mieux fait.

     

    Donc il s’agit d’une vision dans les deux directions.

     

    Quoi que je fasse, dans cette direction,

    en prêtant attention à cette direction

    quoi que fassent ces mains, ou à quel qu’endroit qu’aillent ces pieds,

    ou quoi que dise cette voix, je ne perds pas de vue l’endroit d’où je viens.

     

    Donc il s’agit de regarder à l’intérieur vers l’espace

    et à l’extérieur vers ce qui le remplit actuellement.

     

    Donc je dirai que ceci est une véritable méditation

    pour la vie ordinaire, pour la place du marché.

     

    Une vision dans les deux directions

    sans perdre de vue l’observateur.

     

     

    Et ce n’est pas aussi difficile qu’il y parait.

    Mais cela nécessite de le faire.

     

    Et nous le ferons si nous sommes intéressés

    Et si nous en avons grand besoin.

     

    Vous savez, penser : « ça va, je vais bien,

    Ok, j’y arrive très bien. On s’en sort »

     

    Mais la vie a une façon de devenir

    de plus en plus dure

     

    Pourquoi ne pas commencer cela

    avant d’être poussé à le faire, quand peut-être il sera un peu trop tard ?

     

    Pourquoi le laisser pour un temps où il sera un peu trop tard ?

     

    En attendant prenez du plaisir.

     

    Bien sûr, nous ne pouvons pas espérer beaucoup de résultats

    avec juste un simple coup d’œil sur ça, comme nous le faisons maintenant

     

    C’est si simple à voir,

    Et très difficile à maintenir.

     

    Mais si nous sommes intéressés nous y réussirons."

    trad José Le Roy

    Douglas Harding

     


     


  • Atelier et rencontre

    Rencontre sur internet avec José Le Roy

    Jeudi 29 mars

     20h30 21h30

    gratuit

    Qu'est-ce que l'éveil?

    Comment revenir à la Présence ?

    Comment appliquer les outils de Douglas Harding dans le quotidien?

     

    Renseignements : Joseleroy29@gmail.com

     

    Atelier à Paris avec José Le Roy, Lorène, Serge Durand

    Vendredi 30 mars

     20h30 22h30

    gratuit

    S'éveiller à sa vraie nature avec l'enseignement de Douglas Harding.

     

    Renseignements : Joseleroy29@gmail.com


  • Réveillez-vous, nous crie la voix

    Wachet auf, ruft uns die Stimme, est une cantate religieuse de Jean Sébastien Bach, composée à Leipzig en 1731

     

    Réveillez-vous !


    Et ici au piano avec le grand Wilhelm Kempff.

     

     

    Et la version chantée par Peter Schreier.

    merci à Didier

     

     

    Et merci à Claire

     


     

     

     


  • Présence et vacuité

    Voici un extrait d'un livre d'Alain Sainte-Marie, grand connaisseur de la mystique chrétienne.

    Avec une préface de Michel Hulin. Sorti en 2016.

    Ce passage est intéressant parce qu'il montre que l'expérience d'éveil est à la fois une expérience de vacuité et de présence.

    Certains courants spirituels mettent l'accent sur la vacuité (bouddhisme) d'autres sur la Présence (Vedanta), mais en réalité l'absolu est une vacuité-présence, un Rien qui est Tout, une non-chose-toutes-choses.

    jlr

     

    le flux de la vie

    « Jusqu’à ce jour, par un remarquable travail de traduction de textes de mystiques avec lesquels il est manifestement en résonance, Alain Sainte-Marie a assumé un rôle de véritable passeur.
    Aujourd’hui, avec Le Flux de la vie, il offre à travers cette suite de réflexions philosophiques et ontologiques, sous forme d’aphorismes, le témoignage de l’être ancré dans la non-dualité, miroir pour ainsi dire à double face, qui laisse jaillir sous nos yeux de lecteurs le vibrant paradoxe de la vie, et trace à chaque instant le chemin toujours neuf vers la connaissance de soi.
    Loin d’être exclu de ce “chemin sans chemin”, l’autre y est l’ami et compagnon indispensable qui nous révèle à nous-même nous aidant à nous défaire des griffes de l’ego, qui nous entrave et nous réduit, libérant et restaurant ainsi l’Être, le témoin que nous sommes, dans le flux de la vie. »

    Marie Charlotte Grandry

     extrait du chapitre 3

    "1. Le flux est l’être dans la concrétude de son avènement.

    2. En tant que connaissance indifférenciée et naissance différenciée de l’être en flux, le témoin est essentiellement vacuité de présence. Il est l’origine sans cause qui englobe toutes les spontanéités.

    3. Par vacuité de présence, j’entends l’essence de la conscience et du témoin dans la visée de l’être, c’est-à-dire l’absolue plénitude.

    4. La conscience est le dynamisme qui préside aux diverses manifestions de la vie consciente. Réciproquement, les faits de conscience sont l’expression de ce dynamisme. La conscience est donc spontanément connue dans ses mani­festations, comme lumière réfractée. C’est cela qui la différencie d’un simple miroir. Mais elle est également connue en tant que telle quand elle se saisit elle-même par un acte réflexe à l’occasion de la saisie d’un objet (une impres­sion, une idée, une impulsion). C’est à cette occasion-là qu’apparaît le témoin.

    5. De même que la source est à la fois béance d’où l’eau jaillit et eau jaillis­sante, de même la vacuité de la conscience fait un avec le témoin dans le flux de la manifestation.

    6. La vacuité est l’essence de la présence, de même que la présence est le signe de la vacuité, sa plénitude. Toutes deux sont un même absolu.

    7. Présence et vacuité sont simultanément transcendante et immanente l’une à l’autre. Chacune est elle-même tout en étant l’autre.

    8. L’absolu est le dynamisme des processus en acte. Tous les moyens lui sont ordonnés et sont donnés avec lui. C’est pourquoi nous finissons par trouver nécessairement ce que nous cherchons, si nous employons les moyens ordon­nés à cette fin.

    9. Le témoin (vacuité) et le flux (présence) sont les deux modes (connaissance et naissance) par lesquels nous connaissons l’absolu en y participant, car l’ab­solu conçoit mais n’est pas conçu : il est connaissance participée.

    10. L’esprit dualiste connaît l’être tantôt comme plénitude, tantôt comme va­cuité. Mais dans l’expérience de l’absolu, présence et vacuité sont données simultanément comme unique réel.

    11. La présence et la vacuité peuvent être vues comme le dehors et le dedans de l’être.

    12. Le changement est alors perçu dans la présence, où rien n’est inerte ; l’immutabilité réside dans la vacuité, qui est la condition du changement.

    13. Quand la conscience se connaît dans le témoin, la connaissance de la causalité et, avec elle, le changement, est, en quelque sorte, abolie dans la vision unifiée de l’absolu."

    Alain Sainte-Marie


  • • C'est la Conscience qui se goûte et s'observe à chaque instant - Julie Ann Robitaille

    À l'automne 2017, il y a eu l'éveil total, ce que les sages appellent la réalisation du Soi.

    Lorsque cela arrive, il est vu que nous sommes La Présence même, nous sommes la source de toutes choses, que nous sommes tous UN, qu’il n'y a pas de séparation, que le personnage que nous croyons si fort être n'existe pas. Tout le monde est déjà réalisé mais très peu le savent à cause du voile de l'identification. Il n'y a pas de hiérarchie, chacun est Le Maître, le TOUT. Tout est parfait maintenant, il n'y a qu'à profiter du voyage sans lutte, goûter la vie dans toutes ses saveurs sans condition.

    C'est la Conscience qui se goûte et s'observe à chaque instant. Lors de la Réalisation, il est aussi vu que le temps est une illusion, il n'y a que maintenant. La souffrance se situe en dehors de maintenant et dans l'illusion d'être une personne.

    C'est un résumé très sommaire de ce qui est vécu au moment de la Réalisation car aucun mot ne peut traduire cela. La vie se dévoile à chaque maintenant dans son immense sagesse et peut être accueillie dans toute sa splendeur quand il n'y a plus le filtre de l'ego.

    Lorsque cela est vu, c'est la fin de la souffrance, de la dualité, de la lutte contre la vie elle-même. Ce que l'on Est, nous le sommes maintenant, nous l'avons toujours été, le serons toujours, c'est la seule chose qui est permanente, ça ne bouge jamais, c'est éternel.

    Toutes les barrières tombent. Il n'y a plus de peur car il est vu qu'il n'y a personne à protéger. C'est la fin de la souffrance car il est compris que la vie n'est pas une affaire personnelle. La merveilleuse Présence que nous sommes peut alors s'installer pour exprimer sa pleine expression sans être restreinte par l'identification et nous restons à bord du bateau de la vie afin d'observer toutes les merveilles de celle-ci émerger à chaque instant et d'en savourer chaque expérience intensément puisque totalement présent à la vie, sans condition.

    Lors de la Réalisation, il y une transformation radicale qui fait en sorte que le mental s'efface et la connaissance émerge spontanément. C'est le mouvement de vie qui s'exprime à chaque instant. L'apparence de ce corps devient totalement au service de la vie. Il n'y a plus rien de personnel.

    C'est l'Ultime Paix, l'Amour, la Joie pure. Il n'y a pas de mot pour décrire Cela.

    Quelle beauté !

    Dans la Paix, l'Amour et la Joie infinis qui émergent de ce que l'on est.

    Julie Ann


    Rencontres et Événements à venir : 


mardi 27 mars 2018

  • Printemps

    Bill evans sur un thème de Michel Legrand

     


  • En marche... vers la légalisation de la pédophilie ?
    MAJ de la page : Seuil de consentementDroits sexuels / Ariane Bilheran / Pédocriminalité



    Ariane Bilheran, Lanceuse d'alerte sur les Droits Sexuels (2017)
    Pour approfondir le sujet (avec notamment les textes sourcés et leur analyse) :
    L'imposture des droits sexuels: Ou la loi du pédophile au service du totalitarisme mondial, 2017


    Consentement : les relations sexuelles avec un mineur ne seront pas automatiquement un viol
    Le 21 mars 2018 - Le Parisien

    Dans le projet de loi, les relations entre un adulte et un mineur de moins de 15 ans ne sont pas systématiquement assimilées à un viol, comme cela avait été envisagé.

    Un recul du gouvernement ? A l’heure où le projet de loi contre les violences sexistes et sexuelles était présenté ce mercredi matin au Conseil des ministres, ce qui devait en être la disposition phare manquait à l’appel. Plus question, comme cela avait été annoncé, d’interdire toute relation sexuelle entre un majeur et un mineur de moins de 15 ans, l’âge qui avait été finalement retenu.
    L’urgence d’une telle disposition était apparue à l’occasion de deux affaires judiciaires récentes dans lesquelles des fillettes de 11 ans avaient été considérées comme consentantes par la justice, ce qui avait fait scandale, tant du côté des parents que de l’opinion publique.
    (...)

    Une simple « présomption de contrainte »
    Le projet de loi, qui doit encore faire l’objet d’un débat au parlement, se contente donc de renforcer la répression des abus sexuels commis sur les mineurs. Il propose d’ajouter dans le code pénal la notion de « présomption de contrainte » en cas d’acte sexuel entre un majeur et un mineur de moins de 15 ans.

    « Lorsque les faits sont commis sur un mineur de quinze ans, la contrainte morale ou la surprise peuvent résulter de l’abus de l’ignorance de la victime ne disposant pas de la maturité ou du discernement nécessaire pour consentir à ces actes », précise le nouveau texte. Établir qu’il y a bien eu viol pourrait donc être plus facile mais le juge continuerait de disposer d’une marge d’appréciation. Un changement qui risque de décevoir les associations de protection de l’enfance, qui plaidaient pour une présomption de « non-consentement irréfragable », c’est-à-dire rendant irrecevable la preuve du contraire.

    « C’est toujours sur la victime que (va) repose (r) la charge de la preuve », s’est d’ores et déjà plaint le Haut conseil à l’Egalité. L'association La Voix de l'Enfant regrette une « mesure a minima » : « Le gouvernement n'a pas pris en considération la vulnérabilité et la fragilité » des enfants.
    Source (et suite) du texte : Le Parisien


    Remarque : 
    La France innove (si le texte soumis est accepté) en refusant le "non-consentement irréfragable" pour lui substituer une simple "présomption de contrainte".
    Accepter qu'une relation sexuelle entre un enfant et un adulte puisse ne pas relever d'un viol c'est ignorer le discours des professionnelles de santé, pédopsychiatres, thérapeutes, mais aussi chercheurs, neurologues, autrement dit ne pas vouloir entendre les souffrances de l'enfant, et légitimer de fait une forme de pédophilie sans violence physique (mais non sans violence psychique).
    Le monde marche sur la tête :
    - On veut donner des "Droits sexuels" aux enfants (sic) comme si la sexualité relevait du droit et que les enfants avaient des demandes sexuelles à satisfaire (par définition un enfant n'en a aucune, ne peut assumer aucune forme de sexualité adulte, et doit donc en être protégé). (1)
    - Et "Éduquer à la sexualité" des enfants dès la naissance (sic), même remarque. Cette soi-disant éducation ne peut être qu'une demande de la part d'adultes (ignorants sinon pervers) et non d'enfants (on ne parle pas d’adolescents mais bien d'enfants "dès 0 ans" - sic), et constitue donc une effraction de leur psychisme. (2)
    Les auteurs de ces textes (ou les lobbies pédophiles derrière eux) penseront peut-être améliorer ainsi "les Capacités évolutives de l'enfant" (sic) en matière de sexualité - et échapper à la "Présomption de contrainte" (dont le critère est l'abus de l'ignorance) puisque l'enfant aura été informé dès 0 ans. Effectivement un enfant ayant subi une sexualisation précoce peut parfois développer une demande, voir de l'addiction à une excitation sexuelle, non pas pour sa "Santé sexuelle" (sic), ou pour "Développer son plein potentiel sexuel" (sic), mais comme une réponse pathologique à son traumatisme. (L'enfant doit alors recevoir des soins appropriés et non continuer à subir ce qui restera toujours des abus).
    Le double mythe d'une sexualité enfantine (de type adulte) et de la possibilité d'un consentement des enfants à des relations sexuelles sans violence physique sont des revendications pédophiles et rien d'autres. (Quant à la pédophilie, ou pédocriminalité, ce n'est pas une orientation sexuelle mais une perversion et un crime).
    (1) Déclaration des droits sexuels de l'IPPF (Planning familial international), 2009
    (2) Standards pour l'éducation sexuelle en Europe, OMS, 2013

    Pour approfondir le sujet, un livre indispensable :
    Ariane Bilheran, 'imposture des droits sexuels : Ou la loi du pedophile au service du totalitarisme mondial, 2017

  • En marche... contre la Russie ?
    MAJ de la page : Affaire Skripal



    Richard Gotainer, Les Moutons (Clip officiel 2017)

    Dans le rôle des moutons, sont nominés : Macron, Merkel, ... Le Monde, L'Obs, ... :

    Trump ordonne d'expulser 60 diplomates russes dans le cadre de l'affaire Skripal
    Le 26 mars 2018 - Sputniknews
    Affaire Skripal : la France et d'autres pays annoncent l'expulsion de diplomates russes
    Le 26 mars 2018
    Une quinzaine de pays occidentaux ont déclaré leur intention d'expulser des diplomates russes en réaction à l'empoisonnement d'un ancien agent double russe sur le sol britannique dont Moscou dément être responsable. La Russie promet une réponse.
    Source (et suite) du texte : RT France

    Pourquoi Moscou avait tout intérêt à empoisonner son ex-espion... et à ce que ça se sache (sic)
    Par Jean-Baptiste Naudet, le 15 mars 2018 - L'Obs
    Critique de l'article :
    Affaire Skripal : Désinformation et croisade contre la Russie
    Par Simon Clanice, ingénieur, le 23 mars 2018 - Les Crises

    En Russie, des témoignages accablants sur le programme « Novitchok »
    Par Isabelle Mandraud, le 20 mars 2018 - Le Monde
    Critique de l'article :
    Le Monde tronque une information capitale de l’affaire Skripal : la création d’une “No news”
    Par Olivier Berruyer, le 23 mars 2018 - Les Crises


    « Les Britanniques ont pu empoisonner Skripal » 
    Interview du professeur Léonid Rink, le 20 mars 2018 - RIA Novosti / Les Crises (trad.)


    Les autorités britanniques affirment qu’une arme chimique a été utilisée contre l’ex-agent du GRU (Direction Générale du Renseignement, service de renseignement militaire de Russie, NdT) Sergey Skripal et sa fille, et accusent directement la Russie. Le professeur Léonid Rink, docteur en chimie, faisait partie du groupe de concepteurs du système d’agents toxiques qui reçut, en Occident, le nom de “Novitchok” (“Petit nouveau” en russe). Dans une interview exclusive pour RIA Novosti le professeur Rink explique pourquoi il est absurde de parler de formule du “Novitchok”, comment cette technologie est devenue accessible et ouverte à tous et pourquoi Londres refuse de fournir à Moscou des échantillons de “l’affaire Skripal”.

    Étiez-vous impliqué dans la conception de ce que les autorités britanniques nomment le “Novitchok” ?

     Oui. Cela a servi de base à ma thèse de doctorat. Je travaillais alors à Chikhany (ville proche de la frontière ouest du Kazakhstan, NdT) dans une antenne du GosNIIOKHT (Institut d’Etat de recherche scientifique en chimie organique et technologie qui s’occupait du développement de l’armement chimique à l’ère soviétique, NDLR) en tant que chercheur principal et chef de laboratoire.

    En tout, j’ai travaillé là-bas 27 ans, jusqu’au début des années 90. Plus tard, je me suis occupé uniquement de projets biochimiques civils. Le projet “Novitchok” a mobilisé un groupe conséquent de spécialistes en technologie, toxicologie, biochimie, à Chikhany et à Moscou. Il fallait synthétiser un prototype, ensuite satisfaire une dizaine de milliers de conditions, afin que le dispositif soit efficace et fiable pour tout type d’utilisation. Et en fin de compte, nous avons obtenu de très bons résultats.

    D’ailleurs, en Union Soviétique et en Russie, il n’existait pas de programme de conception d’arme chimique qui s’appelait “Novitchok” [NdR : “Nouveau venu”]. Des programmes de développement de munitions chimiques existaient bien, mais pas sous ce nom. Dès qu’un programme s’achevait, on le passait aux militaires qui lui donnaient un nom. Ce nom pouvait être n’importe lequel.

    Entre autres, il y avait un registre avec le terme “Novitchok“. Il comprenait divers systèmes de combat utilisant des formules et des mécanismes d’action différents, répertoriés par des numéros, par exemple: “Novitchok-1“, “Novitchok-2“, “Novitchok-3“. C’est-à-dire qu’il n’existait pas de substance distincte dénommée “Novitchok“. Comme il n’existait pas de projet de conception portant ce nom. C’est plutôt un système de codification et d’enregistrement. Il est absurde de parler de formule du “Novitchok” et de projet dénommé ainsi.

    Les médias occidentaux désignent le chimiste Vil Marzayanov, qui a immigré aux États-Unis, comme le concepteur de cette arme. A-t-il participé à sa mise au point ?

    Non, et, d’ailleurs, lui même l’écrit en toute honnêteté. Il était juste chromatographiste (chimiste qui s’occupe de la séparation et de l’analyse de différents mélanges – NDLR). Il n’avait même rien à voir avec les travaux analytiques dans ce domaine. Mais il dirigeait le service de lutte contre les services de renseignements techniques étrangers, il protégeait nos études, et c’est pour cela qu’il avait tous les accès. Il ne participait pas aux discussions sur les systèmes en projet, et n’avait rien à voir avec leur conception. Malgré tout, dans la mesure où les scientifiques parlent de tout entre eux, il était au courant.

    Mirzayanov était le directeur scientifique de certains de nos chromatographistes à Chikhany, c’est pourquoi il venait parfois chez nous à la maison, nous faisions du ski ensemble et nous nous sommes liés d’amitié. Qu’on l’ait laissé sortir du pays et qu’il ait alors commencé à divulguer les secrets qu’il connaissait, c’est la faute de ceux qui l’ont laissé partir.

    Le gouvernement britannique accuse la Russie…

    La Russie n’a aucun mobile, c’est évident. D’une part, monsieur Skripal a été littéralement “essoré” par les deux parties, c’est-à-dire qu’il a livré aux Russes tous ses contacts anglais, et aux Anglais tout ce qu’il savait en URSS. Il ne présentait aucun intérêt pour Moscou. D’autre part, c’est un moment vraiment très malvenu pour la Russie. À quelques jours des élections, et peu avant le Championnat du monde de football.

    De plus, étant donné que tous les acteurs de cet incident sont encore en vie, il est difficile de croire que les Russes sont impliqués : une telle incompétence de la part des prétendus agents est tout simplement risible et inacceptable. Et, le plus important, même le plus incompétent des agents russes n’ira pas utiliser le seul poison d’origine russe avec un nom russe, de surcroit. Il y a plein d’autres produits bien plus adaptés pour ça. Tirer sur un homme inutile avec une fusée surpuissante, et en plus le rater, c’est le summum de la bêtise.

    — Le journal The Telegraph, se référant à des sources dans les services secrets britanniques écrit que les affaires de la fille de Skripal auraient été empoisonnées déjà à Moscou.

    — C’est absolument n’importe quoi ! Ce que l’on écrit sur le transport de l’échantillon dans la valise de la fille est une ânerie totale, car dans ce cas, elle ne serait même pas arrivée jusqu’à Londres.

    — C’est-à-dire que l’effet est immédiat ?

    — Oui, il ne s’agit pas d’un produit à action cumulative, c’est un poison ordinaire.

    — Est-il possible d’identifier de quel produit il s’agit ?

    — Bien sûr, tout peut être identifié. Et il est absolument certain que ce genre de spécialistes existe en Grande-Bretagne. Ce sont justement eux, selon moi, qui auraient pu traiter les affaires de Skripal et de sa fille.
    Ou bien certaines choses au cimetière. Naturellement, on devait savoir là-bas que ces jours-ci Skripal irait au cimetière. Cela aurait facilement pu être fait par les Britanniques eux-mêmes.

    — Ont-ils accès à cette technologie ?

    — Évidemment. Elle est facilement accessible à des professionnels ! Pour n’importe quel pays qui possède des armes de destruction massive, pour la Grande-Bretagne, les États-Unis, la Chine et tous les pays développés qui ont un minimum de “chimie”, créer une telle arme ne pose aucun problème ! Pourquoi les Britanniques ne donnent-ils pas un échantillon à Moscou ? Parce que malgré tous les efforts des spécialistes, la technologie sera toujours un peu différente. C’est une sorte de “signature”. On verra tout de suite qu’il ne s’agit pas de technologie russe. Certes, les taux de concentration des composants peuvent être extrêmement faibles et les composants légers, qui sont nombreux, se sont probablement déjà volatilisés. Ils ne pouvaient pas connaître toutes les finesses du système, la teneur de nombreux composants.

    Cela même Vil Mirzayanov ne pouvait pas le savoir. C’est pour cela qu’un échantillon de Salisbury – c’est comme une empreinte digitale pour un criminaliste. On peut tout de suite dire que ça n’a pas été “cuisiné” en Russie.

    — Pourquoi les Britanniques ne donnent-ils pas un échantillon à Moscou ? Parce que malgré tous les efforts des spécialistes, la technologie sera toujours un peu différente.

    — C’est une sorte de “signature”. On verra tout de suite qu’il ne s’agit pas de technologie russe. Certes, les taux de concentration des composants peuvent être extrêmement faibles et les composants légers, qui sont nombreux, se sont probablement déjà volatilisés. Ils ne pouvaient pas connaître toutes les finesses du système, la teneur de nombreux composants. Cela même Vil Mirzayanov ne pouvait pas le savoir. C’est pour cela qu’un échantillon de Salisbury – c’est comme une empreinte digitale pour un criminaliste. On peut tout de suite dire que ça n’a pas été “cuisiné” en Russie.

    Pour le moment, tout le monde est en vie. Cela veut dire que soit ce n’est pas notre système, soit il a été mal préparé ou sa mise en application bâclée. Ou alors, les Anglais ont utilisé un antidote juste après l’empoisonnement, mais pour cela, il fallait savoir exactement avec quoi on empoisonne.

    — Cette technologie est-elle à la portée d’une grosse société chimique privée ?

    — Bien sûr, n’importe quelle société pharmaceutique ou chimique est capable de le faire dans ses laboratoires. Mais reproduire la formulation exacte, il y a peu de chances que quelqu’un y arrive.

    —De quelle façon a-t-elle cessé d’être secrète ?

    — Et bien, c’est grâce aux efforts de Vil Sultanovich (Mirzayanov, NdR) ! Il a rendu publiques toutes les formules. Il y a aussi quelques personnes, connaissant cette technologie, qui ont quitté la Russie dans les années 90. J’en connais cinq. Ces autorisations de sortie du territoire, comment dire, nous ont pas mal interpelés dans notre institut.

    — Si cette technologie est maintenant publique, pourquoi Londres a-t-il eu besoin d’affirmer publiquement qu’il s’agit précisément du “Novitchok” ?

    — Parce qu’à lui seul, ce nom mène à la Russie, plus exactement à l’URSS. Pour un spécialiste, l’implication de Moscou sur cette base est absurde, mais cela peut avoir un impact sur l’habitant occidental moyen, et c’est le but.