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jeudi 16 septembre 2021

mercredi 15 septembre 2021



  • En ce jour anniversaire de la naissance de Marshall B. Rosenberg, père de la Communication Nonviolente, j'ai à coeur de célébrer tout ce que son être et son processus ont apporté à ma vie et celles de milliers d'êtres dans le monde !
    Pour ce faire, j'ai de la joie à partager avec vous l'un de ses textes qui me parle le plus "La langue Girafe (c'est ainsi qu'il nommait la manière d'utiliser les 4 étapes du processus de la CNV) n'est pas une langue".
    Je vois qu'il est fréquent que le processus de la Communication Nonviolente soit confondu avec une manière de parler, qui elle-même se résumerait en 4 points :
    • Observation
    • Sentiment
    • Besoin
    • Demande
    ce qui pourrait laisser à penser que pratiquer cet art de vivre qu’est la CNV se réduirait à ânonner des phrases du type :
    "Quand je te vois faire ça (observation), je me sens agacé (sentiment), parce que mon besoin de considération (besoin) n'est pas rejoint. Serais-tu d'accord de me dire pourquoi tu agis ainsi ? (demande)"
    ou
    "Quand tu me dis ça (observation), est-ce que tu te sens triste (sentiment) parce que ton besoin de délicatesse (besoin) n'est pas rejoint ? Et qu'aimerait-tu maintenant (demande) ?

    Certes, Marshall Rosenberg nous a transmis 4 points sur lesquels nous pouvons porter notre attention lorsque nous souhaitons augmenter nos chances de vivre des relations bienveillantes en lesquelles les besoins de chacun sont rejoints, mais il nous a avant tout transmis que la langue girafe (expression qu'il employait pour désigner la manière d'utiliser ces 4 points, que ce soit pour se mettre à l'écoute de l'autre ou pour exprimer ce qui se vit en nous) n'est pas une langue en soi.

    Marshall disait : "Loin d'être une recette figée, la CNV s'adapte à toutes les variétés possibles de situation, de même qu'aux styles personnels et culturels de chacun. Et bien que, pour des raisons pratiques, il m'arrive de dire que la CNV est un "processus" ou un "langage", elle permet tout aussi bien d'exprimer ses 4 composantes sans une parole, car son principe même repose non sur la verbalisation, mais sur une prise de conscience des 4 composantes." 

    En disant ceci, il tentait d'attirer notre attention sur le fait que la dimension la plus importante de la CNV est son intention, celle de se relier de coeur à coeur d'une manière qui permette à la compassion de se vivre naturellement, dans le donner et dans le recevoir : lorsque cette intention est pleinement vécue, peu importe les mots qui sont utilisés...

    A contrario, lorsque les 4 étapes pré-citées sont utilisées sans que nous soyons profondément ancrés dans cette intention, nous devenons ce que Marshall nommait un "Giraffe Parrot", un "perroquet Girafe", qui en utilise les mots sans que son coeur y soit relié.
    Le mien se serre lorsque je vois les conséquences tragiques d'utiliser cette manière de s'exprimer alors que le coeur n'y est pas : les interlocuteurs s'exaspèrent de ce qu'ils perçoivent comme un manque d'authenticité et en viennent rapidement à détester la CNV qu'ils identifient à cette manière mécanique de parler.
    C'est pourquoi j'ai l'élan ce matin de partager ce texte qui relate ce que Marshall Rosenberg avait dit à ses participants la fin d'un d'un stage d'introduction à la CNV.

    Puissent ses paroles s'inscrire en nos cœurs, afin que nous ne confondions pas la forme et le fond...
    Marshall B. Rosenberg

    LA LANGUE GIRAFE N’EST PAS UNE LANGUE
     par Marshall B. Rosenberg

    Ces propos de Marshall B. Rosenberg sur la langue girafe idiomatique ont été recueillis par Jean-François Lecocq, formateur et médiateur à l'Université de Paix, lors de la première session intensive en Communication Nonviolente donnée à La Marlagne du 5 au 15 août 1996.

    La Communication Nonviolente est un art de vivre qui nous aide à donner et à recevoir dans un esprit de bienveillance. Elle attire notre attention sur les sentiments, besoins et demandes de chaque personne, et nous garde de toute critique, jugement ou évaluation, qui sont souvent sources de malentendus. L'enseignement du processus de la Communication Nonviolente est souvent présenté comme l'apprentissage d'une langue étrangère, dite «langue girafe», en rapport avec la marionnette utilisée pendant les séminaires de formation pour symboliser l'attitude que l'on veut vivre (la langue «chacal» désignant notre façon habituelle de penser et parler sous formes de jugements, d’évaluations, d’interprétations).

    «Maintenant que nous venons de passer beaucoup de temps à réviser la forme de la Communication Nonviolente - ou de la langue girafe - et que nous avons vu comment elle s'organisait autour de la façon qu'on a de dire certaines choses, j'ai une mauvaise nouvelle pour vous : LA LANGUE GIRAFE N'EST PAS UNE LANGUE !

    En fait le processus a relativement peu de choses à voir avec les mots, il est universel et s'applique à toutes les cultures. Si donc vous compreniez la langue girafe, vous ne diriez pas : «C'est un langage que je ne peux pas employer là où je travaille», vous diriez plutôt quelque chose comme : «Comment puis-je arriver à faire circuler ce flot d'énergie là où je travaille ?»

    Il y a un mois, en Angleterre, j'ai reçu un cadeau magnifique : la photographie d'un tableau. Ce tableau a été peint après que j'ai raconté l'histoire d'un dialogue que j’ai eu avec un fermier immigrant du Mexique. Si je m'étais adressé à lui, c'est parce que je l'avais vu vivre une danse girafe où il avait permis de façon exemplaire à ce flot d'énergie que je viens de mentionner, de circuler.
    Cet homme venait d'avoir une conversation avec une mère et son enfant de trois ans. J'aurais voulu pouvoir filmer cette scène, parce qu'il y avait là un exemple parfait d'un échange girafe. Or pas un seul mot n'a été prononcé !
    J'ai assisté à ce moment de communication extraordinaire alors que j'arrivais dans une salle d'attente d'une gare routière de San Francisco. C'était une salle bondée, il y avait foule. Dès que j'ai pénétré dans cette salle d'attente, j'ai immédiatement perçu que quelque chose de merveilleux s'y déroulait. C'est dans le regard d'un enfant de trois ans, assis sur les genoux de sa mère, que je l'ai vu. J'ai regardé de l'autre de la pièce, pour voir ce qu'il regardait : c'était une orange.


    Cette orange était posée sur les genoux du fermier immigrant qui avait juste terminé son repas.
    Cette orange était posée sur les genoux du fermier immigrant qui avait juste terminé son repas. Il venait de mettre les vieux papiers dans un cornet brun. Il était sur le point de commencer à peler son orange pour la manger. Il se trouve qu'il a levé les yeux et a croisé le regard de l'enfant.
    L'enfant n'a pas dit: « Quand je vois ton orange, je me sens très affamé, et j'ai vraiment le besoin d'être nourri ; j'aimerais que tu me dises si par hasard tu serais d'accord de partager un morceau de ton orange avec moi juste maintenant ; naturellement, je ne voudrais pas que tu le fasses, à moins que tu puisses le faire avec joie ; s'il te plaît, abstiens-toi si, par hasard, il y a un peu de peur, de culpabilité ou de honte dans ta motivation ».
    Le garçonnet n'a rien dit de tout cela. Et en même temps il a dit tout cela... avec ses yeux.
    Et quand ce fermier l'a compris, il n'a pas répondu: « Si je comprends bien, tu as faim ».
    Et néanmoins il l’a dit, avec son regard. Il s'est levé, il a marché en direction de l'enfant et a eu une magnifique conversation avec sa mère, non verbalement. Il ne lui a pas dit: « Quand je vois les yeux de ton enfant tournés vers moi, j'ai des sentiments mélangés : je ressens de la joie à la possibilité d'exercer ma générosité et, en même temps, je ressens aussi de l'appréhension, parce que j'aimerais être sûr que mon geste ne va pas contrarier tes projets concernant ce que tu veux faire manger à ton enfant aujourd'hui. Ainsi j'aimerais savoir si tu me donnes la permission de donner cette orange à ton fils ? »
    Il n'a pas dit cela... et pourtant il l'a dit. Et la mère n'a pas répondu : « Je vois, au mouvement que tu fais avec ton orange, que tu tiens vraiment à l'offrir ». Elle n'a rien dit de tel... et pourtant si.
    Quand l'homme est arrivé devant l'enfant, il s'est incliné avec beaucoup de courtoisie, a embrassé l'orange et l'a tendue au petit garçon.
    Je dois dire que j'ai eu beaucoup de chance, car le seul siège resté libre dans cette salle d'attente, se trouvait à côté de celui de cet homme. Je me suis donc assis à côté de lui et lui ai dit : « J'ai été très touché de voir la façon dont vous avez donné votre orange à ce petit garçon ». Je n'avais pas encore maîtrisé la langue girafe aussi bien que lui, les mots m'étaient encore nécessaires ! Il a été sensible au fait que je reconnaisse sa générosité.
    J'ai ajouté: « Ce que j'ai particulièrement aimé, c'est la façon dont vous avez embrassé l'orange avant de lui la tendre ». Il a réfléchi un instant et il était très sérieux quand il m'a répondu: « J'ai presque 70 ans et s'il y a une chose que j'ai très bien apprise, c'est de ne jamais rien donner, à moins de le donner du plus profond de son coeur ».


    La langue girafe n'est pas une langue, elle n'est pas une affaire de mots ; c'est une attitude qui nous permet de rejoindre un flot d'énergie à partir duquel il est possible de donner du plus profond de son coeur. Et donner du fond du coeur n'est pas une affaire de culture. Plus je voyage, plus je découvre de nouvelles cultures et plus je suis convaincu que fait simplement partie de la nature humaine. J'ai été extrêmement touché de constater le nombre de fois où j'ai été l'objet de cette générosité.

    Je suis donc convaincu qu'if s'agit d'un processus naturel. Mais il est certes possible, dans certains contextes, que quelque chose interrompe ce flot et rende plus difficile de parvenir à s'y engager ou de se laisser porter par lui. La langue girafe n'est donc qu'une manière de se rappeler tout cela, de se rappeler où mettre notre attention afin que ce flot, qui est naturel, puisse couler librement.

    La langue girafe est une façon de nous rappeler où nous voulons que les autres personnes mettent leur attention. Ce qui ne veut pas dire nécessairement qu'il faille employer certains mots à des moments spécifiques.

    Alors, me direz-vous, pourquoi passer tant de temps à travailler sur les mots ? Je ne connais pas d'autres moyens d'amener l'attention des gens là où j'ai envie qu'elle soit, si ce n'est en rendant clairs les observations, les sentiments, les besoins et les demandes, qui, tous, font partie de ce flot. Quand nous sommes connectés à ce niveau-là, le flot se répand tout seul.

    Lorsque vous aviez trois mois, et que vous réveilliez au milieu de la nuit, vous ne vous adressiez pas à vos parents en leur disant. « Comment pouvez-vous être aussi insensibles, voilà plusieurs heures que je n'ai pas mangé, levez vos culs paresseux de vos lits et venez me nourrir ! »
    A l'époque où vous étiez bébé, vous ne vous êtes jamais exprimé comme ça parce que vous aviez une langue qui vous était naturelle et amenait directement l'attention sur vos sentiments et vos besoins. Mais bien des cultures enseignent une langue qui nous coupe de cette capacité naturelle. Ce qui fait que l'on apprend à utiliser une langue qui finit par ressembler pratiquement à des insultes, au moment où on est le plus affamé !
    La langue girafe est simplement destinée à nous rappeler comment redevenir aussi malin que lorsque nous avions trois mois. Quoi que ce soit que l’on communique, on essaie de mettre les personnes à qui on parle en lien avec nos besoins et sentiments.


    A l'âge de trois mois, nous étions vraiment habiles à faire cela, autrement nous ne serions pas là aujourd'hui. Sans l'usage des mots, nous communiquions pourtant très clairement nos sentiments et nos besoins. La langue girafe n'est donc qu'une façon de nous rappeler des choses que nous savions déjà à l'âge de trois mois.
    Peu importe ce qui se passe dans la culture où vous vous trouvez, ne vous laissez pas distraire, gardez votre attention sur ce flot naturel et vous verrez que les gens viendront vous y rejoindre.

    Bien entendu, il peut être nécessaire d'ajuster les mots qu'on va choisir d'employer suivant la culture dans laquelle on se trouve. Une des cultures dans laquelle je travaille, par exemple, et où l'on n'a pas l'habitude de parler la langue girafe classique, c'est celle de la partie pauvre de la ville de Cleveland, dans l'Ohio (Etats-Unis).
    Il s'y trouve des gangs de rue qui sont sans cesse en guerre les uns contre les autres.
    Mon travail consiste à enseigner la langue girafe à des personnes qui ont été arrêtées pour leur comportement violent.


    La première fois que je me suis trouvé avec l'un de ces groupes, j'ai dit que j'étais très heureux d'avoir l'occasion de partager avec les personnes présentes un certain processus de communication... J'en étais là de ma phrase quand un des hommes présents s'est mis à rire: « Communication ? Alors tu te trouves entouré par trois gars d'un autre gang, il y en a un qui te menace d'une arme et tu veux communiquer ? Merde alors ! »
    J'ai parlé la girafe avec lui, j'ai mis mon attention sur ce qu'il ressentait, en tout cas j'ai deviné, et j'ai perçu qu'il avait peur à l'idée de communiquer dans certaines situations. J'ai ensuite voulu vérifier si je le comprenais bien : « Est-ce que tu as peur à la perspective de communiquer dans certaines situations ? »
    Il a sauté de sa chaise, s’est avancé vers moi en déclarant: « Moi ? j'ai peur de rien, mec ! ». Ce qui m'a donné l’occasion de parler avec lui la langue girafe idiomatique. Il y a certaines cultures dans lesquelles on ne peut pas parler aux hommes des sentiments qu'ils éprouvent. ll y a des cultures où les gens ne sont pas vraiment heureux de mentionner leur s sentiments, surtout certains sentiments spécifiques.
    Si j'avais dit à cet homme: « T'en as plein les bottes, parfois, non ?... » ça, il l'aurait toléré. Mais « peur » en tout cas pas. Donc il a fait mon éducation : si je veux pouvoir lui parler quand je perçois qui a peur, je me contente de le percevoir, mais ne mentionne rien de tel à haute voix devant ses pairs. Pourtant, je continue à parler girafe puisque mon attention est quand même sur ce qu'il ressent vraisemblablement. Avec, évidemment, l'inconvénient de ne pas pouvoir vérifier.
    J'ai repris: « En tout cas, ce que tu veux que je voie, c'est que ça peut être dangereux de vouloir communiquer dans certaines circonstances ». Il pouvait accepter cela. Il m'a répondu: « C'est facile, pour toi, tu viens de ces coins privilégiés, tu ne comprends rien à ce que c'est de communiquer quand on vient de la rue, tu viens ici pour gaspiller notre temps avec ta merde ! »
    - « Donc, ce que tu voudrais, c'est quelqu'un qui connaisse davantage ta culture pour venir travailler ici avec vous ? »
    - « Et comment ! »
    Et l'un après l'autre. Ils ont commencé à s'exprimer et à m'expliquer combien c'était stupide qu'une personne comme moi vienne essayer de leur apprendre quelque chose.

    J'ai continué à les écouter avec mes oreilles girafes : parfois j'ai reflété verbalement, parfois en silence... et après une quarantaine de minutes pendant lesquelles ils ont tous crié à mon adresse à tour de rôle, on pouvait sentir, très progressivement très doucement, une certaine qualité d’énergie se transformer. Le premier qui s’était exprimé avait vraiment une espèce de rage à l'idée de gaspiller son temps avec quelqu'un comme moi. Mais vers la fin, ils parlaient davantage à partir d’un certain désespoir en expliquant combien c'était dur pour eux de vivre dans un environnement où ils passaient leur temps à avoir peur, à être en danger. La plupart du temps, c'est uniquement avec mes yeux que j'ai communiqué : j'ai écouté les sentiments et les besoins qu'ils exprimaient.
    Un conseiller, qui faisait partie du programme, a perçu le changement d'énergie dans la pièce.
    « Qu’est-ce que vous pensez de lui ? » leur a-t-il demandé en me désignant. L'un des gars présents a répondu: « C'est une des personnes qui parlent le mieux de toutes celles que l'on a rencontrées jusqu'ici ». Le conseiller était en état de choc et m’a chuchoté: « Mais tu n'as pratiquement pas ouvert la bouche ! » J'avais pourtant dit beaucoup... en langue girafe idiomatique ! Je m'étais engagé avec ces hommes dans un certain flot énergétique. Donc, ça c'est un exemple d'une culture dans laquelle il n'est pas si facile de parler de sentiments.

    C’était bien plus facile, cependant, que de partager la langue girafe avec des policiers en Israël, parce que la communication du style girafe ne faisait vraiment pas partie de la culture du département de police avec lequel j'ai travaillé.
    On m'a demandé de travailler avec le département à propos duquel il y avait le plus de plaintes de brutalités. Quand ces policiers se retrouvaient en fin de journée, ce n'était pas pour se dire des choses du style: « Oh, j'ai eu une connexion fantastique avec telle personne, j'ai eu l'occasion de donner de l'empathie à telle autre en pleine détresse », etc. Non, ce n'était pas du tout le style de leur conversation !
    Quand j'essayais d’écouter ce qu'ils échangeaient pendant les pauses, ou à d'autres occasions, c'était : « Ce fils de pute m'a insulté, alors je lui ai cassé la gueule ! » A quoi un autre répondait : « T'aurais dû y aller plus fort ! », etc. Et ces personnes n'avaient pas fait le choix de dépenser beaucoup d'argent pour venir me voir et écouter ce que j'avais à leur apprendre. C'est leur chef qui leur avait imposé de venir. Donc, comme vous pouvez deviner, ce n'est pas seulement du fait de leur culture qu'ils ne se montraient pas vraiment réceptifs à la langue girafe, mais parce qu'ils étaient obligés de venir à un cours et menacés de représailles, s'ils n'y allaient pas ! Ce n'était évidemment pas la meilleure manière de les ouvrir à ce qu'ils allaient entendre.
    Le gouvernement israélien a fait beaucoup de recherches pour voir quel était l'effet de la langue girafe dans cette culture-là et s'est montré extrêmement satisfait des résultats.

    Comment ai-je enseigné la langue girafe dans ce contexte ?
    En la vivant, en la démontrant. Si vous parvenez à entrer dans ce flot d'énergie qui est le plus proche de ce que nous sommes censés être en tant qu’êtres humains, ceux qui vous entourent vont avoir envie de vous y rejoindre.

    Parfois aussi les mots peuvent aider. Alors si les mots peuvent nous aider pour revenir à cette qualité d'énergie, pourquoi ne pas les utiliser ? Evidemment, on va choisir les mots qui nous aident le plus à parvenir à cette qualité. Il se peut que, suivant les circonstances, les mots que nous avons utilisés ces jours derniers, soient les meilleurs possibles pour arriver à créer cette connexion. Alors que, d'autres fois, la même forme va s'avérer un obstacle. On peut alors choisir d'autres mots, l'essentiel étant que notre intention soit toujours de nous connecter au niveau des sentiments et des besoins. Toutes les cultures ont des sentiments et des besoins, les mêmes besoins. Il s'agit simplement de se mettre en connexion avec la vérité de ce qui se passe au coeur des êtres

    Marshall B. Rosenberg


    Si vous souhaitez faire un pas de plus avec la Communication NonViolente (CNV), je vous propose 3 ressources :
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  • C'est avec joie que je partage avec vous cette vidéo INÉDITE extraite du stage "Au coeur de la Communification" du 1er au 3 mai 2015 à Lyon.
    Dans cette vidéo, je chemine avec un participant autour de la question qu'il me pose... et nous découvrons ensemble que la question n'est au final pas celle qui était apparente...
    Je fais le vœu que cette vidéo vous apporte de la clarté sur notre manière habituelle de nous poser des questions, qui ne nous permet que rarement d'accéder directement à la détente que nous espérons si nous y trouvions réponse...
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  • De 2011 à 2017, j'ai publié plus de 800 posts sur le Blog de la Communification, en utilisant Blogger comme plateforme.

    De 2017 à mai 2019 : j'ai publié mes textes et articles sur une nouvelle plateforme, à l'adresse www.blog-communification.com

    Depuis juin 2019, tous mes nouveaux posts sont publiés sur www.aucoeurduvivant.com

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  • • Témoignage non-duel

    Merci Didier de partager avec nous cette dynamique de l'Éveil à travers ce(s) témoignage(s).

    Site Web de Didier Weiss : Explorations non-duelles


  • Hello world!

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mardi 14 septembre 2021

  • Rencontre à Paris samedi 2 et dimanche 3 octobre avec le moine Gojo.

     LA VOIE DE LA NON-DUALITE

     

    Rencontre à Paris samedi 2 et dimanche 3 octobre

     

    Le lieu :

    A Paris dans le 13ièm. (l'adresse exacte vous sera communiquée au moment de l'inscription)

     

    Les horaires :

    Samedi 2 :  de 19h à 21h : brève méditation puis dialogue.

    Dimanche 3 : journée de 10h à 17h30 environ.

     

    Programme :

    Méditation, dialogues, approche corporelle.

     

    Renseignements, inscriptions, écrire :

    michele.muller8@gmail.com

     

    Rencontre à suivre :

    Retraite d'automne à Apt dans le Luberon

    du 30 octobre au 1er novembre.

     

    Vidéos :

    Nouvelle vidéo sur youtube : tapez : le moine Gojo.

       

            


dimanche 12 septembre 2021

  • le sommeil comme état primitif

    Dans ce texte très interessant, Schopenhauer montre que notre véritable identité n'est pas la conscience ou la connaissance, mais la volonté.

    La connaissance (et donc la conscience) pour lui cesse pendant le sommeil, non la volonté.

    C'est elle qui est éternelle, non la conscience.

    Intéressant, non?

    Sa thèse est très différente de l'advaita vedanta qui fait de la conscience un absolu éternel.

     

    jlr

     

    An Unknown American Contribution to the German Pessimism Controversy: Amalie J. Hathaway's 'Schopenhauer' – Blog of the APA

     

    "Dans le sommeil profond, la connaissance et la représentation sont complètement suspendues. Mais le noyau même de notre être, l’élément métaphysique du moi, le primum mobile que supposent nécessairement les fonctions organiques, ne peut jamais suspendre son activité, à moins d’enrayer la vie elle-même ; cet élément d’ailleurs, en tant que métaphysique et conséquemment incorporel, n’a pas besoin de repos. Aussi les philosophes qui ont considéré l’âme, c’est-à-dire un pouvoir primitivement et essentiellement connaissant, comme ce noyau, se sont-ils vus contraints d’affirmer que l’âme est infatigable dans son pouvoir de connaître et de représenter et que ces facultés s’exercent même dans le sommeil le plus profond ; seulement, au réveil, il ne nous en reste aucun souvenir. Mais, quand la doctrine de Kant nous eut débarrassés de l’âme, on put facilement se convaincre de la fausseté de cette assertion.

    Car l’alternance du sommeil et du réveil montre clairement à l’observateur non prévenu que la connaissance est une fonction secondaire déterminée par l’organisme, au même titre que toute autre. Le cœur seul est infatigable ; car ses pulsations et la circulation du sang ne sont pas immédiatement déterminées par les nerfs, mais se trouvent être précisément la manifestation primitive de la volonté. De même toutes les autres fonctions physiologiques qui dépendent des nerfs ganglionnaires, lesquels n’ont avec le cerveau qu’une relation très médiate et éloignée, se continuent pendant le sommeil, bien que les sécrétions s’opèrent plus lentement les pulsations du cœur même, comme elles dépendent de la respiration qui est conditionnée par le système cérébral (moelle allongée), subissent comme celle-ci un certain ralentissement. C’est l’estomac peut-être qui est le plus actif pendant le sommeil, cela tient à la nature particulière de ses rapports avec le cerveau qui chôme à ce moment, rapports qui occasionnent des troubles réciproques. Le cerveau seul, et avec lui la connaissance, s’arrête tout à fait pendant le sommeil. Car cet organe n’est en nous que le ministère des relations extérieures, de même que le système ganglionnaire est le ministère de l’intérieur. Le cerveau, avec sa fonction du connaître, n’est au fond qu’une vedette établie par la volonté, pour servir celles de ses fins qui sont situées au dehors ; postée au sommet de la tête, comme dans un observatoire, elle regarde par la fenêtre des sens, attentive à voir si quelque danger menace ou si quelque profit est à portée, puis elle fait son rapport, d’après lequel la volonté se décide. Et pendant cette occupation la vedette, comme tous ceux qui sont employés à un service actif, est dans un état continuel de tension et d’effort ; aussi la garde une fois montée, se voit-elle relevée avec plaisir, telle la sentinelle, quand elle quitte le poste. Or elle est relevée par le sommeil, et voilà pourquoi ce dernier est si doux et si agréable, voilà pourquoi nous nous y prêtons si volontiers ; au contraire, rien ne nous contrarie comme lorsqu’on nous secoue pour nous réveiller, car alors la vedette est subitement rappelée à son poste. Après la systole bienfaisante, c’est la diastole pénible qui se reproduit, c’est l’intellect qui se sépare à nouveau de la volonté. Une âme proprement dite, qui serait primitivement et par essence un sujet connaissant, devrait au contraire se réjouir du réveil, comme le poisson quand on le remet dans l’eau. Dans le sommeil, où se continue uniquement la vie végétative, c’est la volonté seule qui agit suivant sa nature primitive et essentielle, sans perturbation venant du dehors, sans rien perdre de sa force par l’activité du cerveau et la tension pénible de la connaissance ; cette dernière fonction organique est sans doute la plus difficile de toutes, mais elle n’est pour l’organisme qu’un moyen, non une fin : aussi dans le sommeil tout l’effort de la volonté tend-il à la conservation, et le cas échéant, à l’amélioration de l’organisme. C’est pourquoi toutes les guérisons, toutes les crises bienfaisantes se produisent pendant le sommeil, car alors seulement la vis naturæ medicatrix a libre jeu, étant débarrassée du poids de la fonction du connaître. L’embryon, auquel il reste à former tout le corps, dort perpétuellement pour cette raison, et le nouveau-né dort pendant la majeure partie du temps. Aussi Burdach (Physiologie, t. III, p. 484) a-t-il raison de considérer le sommeil comme notre état primitif."


vendredi 10 septembre 2021

  • Qui est Shiva ?

    Grâce à l'ami David Dubois qui en parle sur son Blog, j'ai pu retrouver les sources d'une histoire que Douglas Harding racontait parfois dans les stages.

     

    Voici l'histoire telle que rapportée par Sarvapriyananda de la Ramakrishna Mission ; il s'agit d'une fable cachemirienne :


    "Il était une fois un grand dévot de Shiva qui méditait jour et nuit et répétait son Mantra.

    Mais il ne recevait aucune vision de Shiva. Un jour, Shiva lui apparut en songe. Ce dévot lui demanda : "Mais pourquoi donc ne puis-je te voir directement ?"

    Shiva lui répondit : "Soit, tu pourras me voir. Demain". Le pieux homme voulait savoir où il pourrait voir Shiva : "Mais où pourrai-je le voir ? Où devrai-je regarder ?"

    Shiva précisa : "Cherche l'homme sans tête. Ce sera moi".

    Le lendemain, le dévot regarda tout le monde attentivement, des pieds... à la tête ! Mais il ne voyait aucun homme sans tête. Mais il continua, si bien qu'il finit par voir son corps. Et il vit que, en effet, son corps n'avait pas de tête.

    A la place de cette absence, il vit Shiva, directement, vide vivant et sans limites."

     

    Douglas Harding en donnait une version différente :

    "Le monde des humains allait de plus en plus mal.

    Les lois n'étaient plus respectées, les crimes augmentaient, les gens souffraient, avaient perdu tout espoir.

    Alors les grands sages de l'humanité, les grands brahmanes se réunirent et décidèrent de se rendre auprès de Dieu, auprès de Shiva pour lui demander de l'aide.

    "Shiva, dit le plus âgé des Brahmanes, la terre ne va pas bien du tout. Les hommes s'entredéchirent; il faut faire quelque chose.

    Shiva demanda: "Très bien que voulez-vous qu eje fasse?"

    "Eh bien, dit le Brahmane, dans le monde d'aujourd'hui, les hommes t'ont oublié; le dharma a été perdu. Tu es trop lointain. Ils ne te voient plus. Il faudrait que tu sois plus présent, plus visible, Ô Shiva."

    Shiva écouta le sage, réfléchit et dit.

    "Très bien. A partir d'aujourd'hui je serai parmi vous, toujours proche. Vous pourrez me voir."

    "Formidable dit le Brahmane. Mais comment te reconnaitront les hommes?"

    "C'est très simple dit Shiva, parmi vous, je serai le seul à ne pas avoir de tête."

    Et Douglas demandait alors: "Qui est parmi vous celui n'a pas de tête? Qui est Shiva ?"

     

    se compter

    Qui est Shiva ?

     

     


mardi 7 septembre 2021

  • Un dans la vision

     

    "Le voyant et le vu deviennent un dans la vision,

    Celui qui écoute et ce qui est écouté deviennent un dans l'écoute

    L'amant et l'aimé deviennent un dans l'amour."

    Nisargadatta Maharaj

     

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dimanche 5 septembre 2021

  • Peux-tu dire: « Je ne vois pas la présence de l’Esprit »

     

    Extrait de La libération par la vision nue

    de Padmasmbhava, maitre tibétain du 8ème siècle

     

    Guru Rinpoche statute

     

    "La réalisation passée ou présente

    Est sans racine, fraîche, instantanée,

    Elle consiste à demeurer tel quel, sans contrainte.

    A saisir le temps dans toute sa simplicité immédiate,

    A se voir dans son absolue nudité à chaque instant,

    Alors ta vision sera limpide, transparente, sans objet!

    C’est l’intelligence nue, fulgurante!

    C’est la spatialité qui ne pose rien,

    L’étincelante vacuité au delà des formes,

    Délivrée de la permanence, fluide,

    Sans limite, vibrante et claire!

    Sans unité, sans pluralité,

    Elle n’a qu’une saveur,

    Elle ne vient de nulle part,

    Clairement consciente d’elle-même,

    C’est la Réalité même!

    Cette introduction directe à la Réalité

    Contient la totalité des mondes.

    Le corps de vérité, le corps de félicité,

    Le corps absolu en regorgent.

    Étincelante est cette énergie naturelle de la liberté!

    Voici l’introduction à cette puissante méthode

    Révélatrice de la réalité même:

    En cet instant, ta conscience est cette totalité,

    Elle est cette clarté naturelle dépourvue de contrainte!

    Peux-tu dire: « Je ne comprends pas la nature de l’Esprit »

    Alors qu’il n’y a rien sur quoi tu puisses méditer

    Dans cette clarté sans faille de ton intelligence?

    Peux-tu dire: « Je ne vois la présence de l’Esprit »

    Alors que celui qui pense est cette réalité?

    Peux-tu dire: « Même en la cherchant elle demeure mystérieuse »

    Alors qu’il n’y a absolument rien à faire?

    Peux-tu prétendre que malgré les pratiques elle t’échappe

    Alors qu’il suffit de demeurer sans contrainte?

    Peux-tu dire qu’il t’est difficile d’agir

    Alors qu’il est naturel de demeurer inactif?

    Peux-tu dire que tu es incapable

    Alors que la clarté, la conscience et l’espace sont ta propre réalité?

    Peux-tu prétendre que la pratique ne porte pas de fruits

    Alors qu’elle est naturelle, spontanée, libre de tous liens?

    Peux-tu dire « Je cherche et ne trouve pas »

    Alors que la pensée et la libération naturelle sont simultanés?

    Pourquoi penser que les remèdes sont inefficaces

    Alors que ta propre intelligence est simplement « cela »?

    Comment peux-tu prétendre que tu ne sais pas?

    Sois assuré que la nature de l’esprit est vacuité sans appui.

    Ton esprit est aussi dépourvu de substance que l’espace vide. »

    Padmasambhava, la libération par la vision nue de la nature de l’esprit."

    Extrait du livre

    L’incendie du coeur de Daniel Odier