Les abeilles droguées aux pesticides

vendredi 29 mai 2015
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Le déclin des abeilles inquiète les chercheurs qui tentent d’en analyser les causes. Parmi les facteurs explicatifs, l’utilisation des pesticides "néonicotinoïdes" est mise en cause dans deux publications de la revue "Nature" d’avril et mai 2015.

Les abeilles préfèrent les solutions traitées

La première étude, menée par des chercheurs anglais en laboratoire, montre que non seulement les abeilles domestiques et les bourdons n’évitent pas les fleurs chargées de ce type de molécules, mais au contraire semblent être attirées par elles.

Richard Gill (Imperial College, Royaume-Uni) commente : "De manière surprenante, les insectes préfèrent en fait les solutions traitées avec l’imidaclopride et le thiaméthoxame, deux néonicotinoïdes."

Il leur paraît probable que, comme la nicotine et les agents de texture dans la cigarette, ces insecticides agissent sur le système nerveux central des abeilles.

Finalement, comme le fumeur, l’abeille est paradoxalement attirée par les produits nocifs pour sa survie.

Les abeilles sauvages sont plus vulnérables

La seconde étude, publiée le 7 mai dernier, est l’œuvre d’une équipe suédoise. Elle a suivi l’évolution de colonies de bourdons et d’abeilles domestiques, ainsi que celle d’abeilles solitaires, placées dans 16 champs de colza, dont seulement la moitié était traitée avec un néonicotinoïde (la clothianidine).

Dans ces derniers, la quantité de bourdons et d’abeilles solitaires a été divisée par deux par rapport aux champs exempts de néonicotinoïdes. De plus, la présence de nids d’abeilles solitaires et la reproduction des colonies de bourdons étaient fortement réduites. En revanche, les abeilles domestiques suivies ont été moins touchées.

Cette étude démontre que les abeilles domestiques, généralement choisies pour évaluer la toxicité des pesticides, ne sont pas représentatives. Or un tiers des abeilles de la planète sont sauvages et leur efficacité pollinisatrice est supérieure à celle des abeilles domestiques, selon les chercheurs.

La disparition des abeilles coûterait environ 150 milliards d’euros par an

Selon les chercheurs de l’INRA (Institut National de Recherche Agronomique) en France, l’Europe aurait besoin de 13,4 millions de colonies d’abeilles supplémentaires. Mais les pesticides ne sont pas les seuls dangers pour la survie des abeilles : l’invasion de prédateurs dévastateurs et l’agriculture intensive qui les prive d’une alimentation constante et variée sont en cause.

Pourtant, en améliorant les rendements et la qualité des récoltes, la pollinisation joue un rôle économique essentiel. La disparition des abeilles coûterait environ 150 milliards d’euros par an, sur le plan mondial. Mais la situation est encore plus inquiétante en Chine et aux Etats-Unis qui perdent chaque année entre 30 et 40% de leur population d’abeilles. Dans ces pays, l’utilisation des néonicotinoïdes n’est d’ailleurs pas réglementée, alors que l’Union européenne doit réexaminer, fin 2015, le moratoire sur trois d’entre eux.

Source : Bluewin

Falò : Un monde sans abeilles (Suisse, 2014)

Les apiculteurs et les chercheurs du monde entier en perdent leur sommeil. Les abeilles continuent de mourir et c’est une véritable hécatombe. En Suisse, selon les estimations, presque la moitié serait morte pendant l’hiver dernier. C’est un phénomène inquiétant car sans ces insectes pollinisateurs la vie sur terre cesserait.

Source : RTS

Voir aussi les pages : Abeilles (tag)

« Le silence des abeilles » de Doug Shultz (2007) diffusé sur « National Géographic » (2008)


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