Aux armes et caetera

mardi 26 mai 2015
par  space

Cultures monde par Florian Delorme

Aux armes et caetera

Cette semaine, Culturesmonde se plonge dans les armureries du monde. Entre l’insécurité géopolitique globale et la défiance entre les Etats, les dépenses militaires augmentent de par le monde. Peut-on parler d’un réarmement mondial ?

(1/4) - Russie, Pologne, Japon : quand les budgets militaires explosent 18.05.2015

Avec :

Jacques Sapir, économiste et directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS).

Krzysztof Soloch, chercheur Sécurité et défense, politique extérieure de la Pologne

Céline Pajon, chercheuse au Centre Asie de l’IFRI, ses recherches portent notamment sur la politique intérieure, extérieure, et les problématiques de défense au Japon

(2/4) - De Riyad à Delhi : des commandes en rafale 19.05.2015

Avec :

Jean-Pierre Maulny, directeur adjoint de l’IRIS, responsable à l’IRIS des questions liées à l’industrie d’armement et aux ventes d’armes

Christophe Jaffrelot, directeur de recherches au CNRS, spécialiste de l’Inde et du Pakistan

Pierre Razoux, directeur de recherches à l’Institut de recherche stratégique de l’École militaire (IRSEM).

(3/4) Entre éthique et trafic : la régulation 20.05.2015

Avec :

Aymeric Elluin, chargé de campagne Armes et Impunité à Amnesty France

William Hartung, directeur à New York du Département Armes et Sécurité du Center for International Policy

Federico Santopinto, chercheur au GRIP (Groupe d’information sur la paix et la sécurité), spécialisé dans les politiques de l’UE dans la prévention des conflits

(4/4) - Pakistan, Syrie, Ukraine : former les troupes 21.05.2015

Avec :

Yves Boyer, directeur adjoint de la Fondation pour la recherche stratégique, professeur à l’école Polytechnique

Didier Chaudet, spécialiste des questions diplomatiques associées au Pakistan et à l’Asie centrale, contributeur du Huffington Post

Stéphane Siohan, journaliste indépendant, reporter en Ukraine

Des armes pour le monde (Arte, Allemagne, 2013)

Quand le marché dérape

Malgré la sévérité des restrictions à l’exportation, un nombre incalculable d’armes à feu sortent illégalement d’Europe chaque année pour finir entre les mains de milices, de magnats de la drogue ou d’enfants-soldats. Dans les régions du monde ravagées par les guerres civiles, les armes issues de ces trafics coûteraient la vie à 500 000 personnes par an. Au Mexique, la guerre contre les cartels de drogue qui fait rage depuis plusieurs années a déjà fait plus de 70 000 victimes : dans ce pays, tout comme en Colombie, au Soudan du Sud ou dans les Balkans, une grande partie du marché noir est alimenté par des fusils d’assaut, mitrailleurs ou pistolets venus directement d’Allemagne. Si dix millions d’armes à feu circulent légalement en Allemagne, les spécialistes avancent un chiffre trois à quatre fois supérieur pour les flux illégaux. Des réseaux tentaculaires qui entraînent dans leur sillage les pires exactions et violations des droits humains – et engrangent des profits colossaux.

Complicités

Qui sont les marchands, les contrebandiers et les hommes de l’ombre qui parviennent à contourner tous les contrôles et à acheminer ces cargaisons jusque dans les zones de conflit ? Que sont devenus les stocks des armées soviétique et est-allemande ? Mais avant tout, les autorités ont-elles encore une chance dans la lutte contre le trafic d’armes international ? Ce passionnant documentaire, qui prend l’allure d’une enquête policière, dévoile la face sombre d’un marché inquiétant et particulièrement opaque, et part à la recherche de complicités souvent très haut placées : douanes, polices et ministères publics.

Source : Arte

Armes, trafic et raisons d’état (Arte, 2009)

Des milices qui sèment la mort au Congo au travail minutieux de citoyens unis dans la campagne Control Arms, des journalistes enquêtent au cœur des réseaux opaques de trafics d’armes. Un film haletant qui révèle cette face obscure de la mondialisation.

Avec plus de 700 millions d’armes légères en circulation et une production exponentielle, le commerce des armes, aussi florissant qu’opaque, franchit les frontières au mépris du droit international. Les populations civiles, soumises à la violence de dictatures ou de milices incontrôlées, en sont les premières victimes : massacres, viols, exodes, et crises sanitaires. Aujourd’hui, si les Etats-Unis restent les premiers exportateurs d’armes (55%) devant la Grande-Bretagne, la Russie, la France, Israël et l’Allemagne, de nouveaux acteurs irresponsables, et notamment la Chine, s’imposent sur le marché. Face à cette industrie mondiale qui s’expose officiellement à Paris dans les vitrines du salon Milipol, des réseaux citoyens, réunis par des ONG dans la campagne Control Arms, s’organisent. Leur objectif ? Faire ratifier aux Nations unies un traité international qui interdise l’exportation d’armes vers des régimes coupables de violation massive des Droits de l’homme. Alors que 153 pays (sur 192) y sont favorables, les Américains s’y opposent encore, comme l’explique ici sans état d’âme John Bolton, ancien ambassadeur à l’ONU et proche de Bush.

Pour pénétrer dans cette zone grise du commerce des armes et comprendre ces rouages, Paul Moreira et David André, journalistes d’investigation, ont suivi ces militants et en particulier les enquêteurs d’Amnesty International dont les méthodes scientifiques permettent de révéler ces trafics et de dénoncer les gouvernements passant outre les embargos. Banque de données, correspondants locaux : ces activistes pistent sans relâche les réseaux et les intermédiaires invisibles qui les dirigent, comme Leonid Minin, brièvement interviewé par téléphone, ou encore le parrain Victor Bout, arrêté en mars dernier en Thaïlande. Ayant inspiré le film Lord of war, tous deux incarnent cette nouvelle génération de parrains qui a émergé après l’effondrement du bloc soviétique. Les journalistes se sont aussi rendus à l’Est du Congo, là où les combats, nourris par la dissémination des armes, ont causé la mort de cinq millions de civils en dix ans, dans l’indifférence générale. Au Nord-Kivu, ils ont rencontré ces groupes armés qui terrorisent les populations et prolifèrent, avec la complicité d’États voisins et grâce aux minerais précieux, utiles à la révolution numérique en Occident. Du terrain aux coulisses, le film démêle peu à peu les fils de ce commerce de la mort pour en dresser un panorama édifiant. Une impunité face à laquelle les militants de Control Arms font d’autant plus figure de nouveaux héros.

Source : Arte


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