Attelages ailés

mercredi 20 mai 2015
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MAJ de la page : Jacqueline de Romilly

Les luttes intérieures de l’âme dans le Phèdre de Platon (Ina)

Il faut donc se représenter l’âme comme une puissance composée par nature d’un attelage ailé et d’un cocher. (246 a,b)

Au commencement de ce mythe nous avons, dans chaque âme, distingué trois éléments : deux qui ont la forme d’un cheval, et un troisième qui a l’aspect d’un cocher. Gardons en tête cette image. Voici donc que, de ces chevaux, l’un, disons-nous, est bon, l’autre non. Mais nous n’avons pas expliqué en quoi consiste l’excellence du bon ou le vice du mauvais : c’est ce qu’il faut dire à présent. Eh bien, le premier des deux, celui qui tient la meilleure place, a le port droit, il est bien découplé, il a l’encolure haute, la ligne du naseau légèrement recourbé, sa robe est blanche, ses yeux sont noirs, il aime l’honneur en même temps que la sagesse et la pudeur, il est attaché à l’opinion vraie, nul besoin, pour le cocher, de le frapper pour le conduire, l’encouragement et la parole suffisent. Le second, au contraire, est de travers, massif, bâti on ne sait comment, il a l’encolure épaisse, sa nuque est courte et sa face camarde, sa couleur est noire et ses yeux gris injectés de sang, il a le gout de la démesure et de la vantardise, ses oreilles sont velues, il est sourd et c’est à peine s’il obéit au fouet garni de pointes. (253 d,e)

Trad. Luc Brisson

Source : Platon, Oeuvres complètes, sous la direction de Luc Brisson, Ed. Flammarion, 2011

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Voir aussi la page : Pour en finir avec le latin et le grec

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