Un dauphin dans la mer

mardi 19 mai 2015
par  josleroy

Un ami, lecteur du blog, m’écrit ceci :

"Bonjour José,

De retour de notre petit périple, je parcours le blog, pas lu depuis quelques jours, et sur cet article du 10 mai, vers la fin, je lis "l’attention doit donc savoir s’abandonner à l’instant présent, mais, en même temps, elle doit rester alerte, éveillée, vive…" et c’est justement là mon "problème" !

Les temps relativement longs de navigation étant propices aux tentatives de retournement d’attention, je me suis "heurté" à une difficulté que j’avais déjà rencontrée lorsque je tentais de pratiquer la méditation : assez rapidement (je ne sais pas estimer précisément, mais peut-être juste après quelques minutes) je dois lutter contre une sorte de torpeur (alors que j’ai mon compte de sommeil !) et ai l’impression que je vais m’endormir… Il me revenait ces mots "il n’y a rien à faire… tout est déjà là" mais le "sommeil" venait et cet état cessait dès que j’arrêtais cet "effort" de retourner l’attention. J’ai pratiqué un petit peu de zazen, et c’est à ce moment que les coups sur l’épaule (de "kiosaku", phonétiquement et de mémoire…) me semblaient vraiment utiles pour donner un coup de fouet à mon attention "vacillante".

Alors en lisant que "l’attention… doit rester alerte, éveillée, vive", je me demande ce qui me provoque cet état ? Y a-t-il quelque chose que je loupe ? ou que je puisse faire, façon "coup de bâton" sur l’épaule !?

Si tu as une idée, ou un conseil…"

http://storage.canalblog.com/14/24/... <http://storage.canalblog.com/14/24/...>

Salut l’ami,

La conscience n’est pas un état, c’est l’espace où tout état vient puis s’en va. Parfois, dans cet espace, il y a de la fatigue, c’est normal.

Dans cet espace, parfois une torpeur apparait, très bien, et puis elle disparait , très bien aussi. Ce qui te permet de prendre note du mouvement de cet état, c’est la conscience.

Tu me demandes un conseil : alors abandonne même l’effort de faire un retournement de la conscience ; en fait la conscience est pleinement éveillée maintenant, large, vide, ouverte, remplie par la scène (comme le montre ta photographie). Déjà retournée. Ne fais rien, n’essaye même pas de ne rien faire, ce qui serait un faire. La vision ouverte est, de toute façon déjà là, avant toute tentative de ta part pour en prendre conscience.

Pas d’effort. Ok. Là où tu en es, plus de pratique n’est nécessaire. Comme un dauphin dans l’eau qui cherche l’eau.

C’est déjà là

Quoi ?

Le fait d’être conscient.

Tiens ! essaye un peu de boucher l’espace au-dessus de tes épaules. Un coup de baton si tu ne réussis pas. Un coup de baton si tu réussis. Le baton traverse l’espace.

Je t’embrasse (ça rime avec espace)

jlr

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