A part écouter, que reste-t ’il ? N’y a-t-il pas déjà assez de cris, pour mériter de nous taire. A...

lundi 18 mai 2015

A part écouter, que reste-t ’il ? N’y a-t-il pas déjà assez de cris, pour mériter de nous taire. A part écouter, il n’y a rien. Il n’y a rien qui ne soit déjà fait, déjà dit, déjà tenté. Reste-t’il un bout de chair humaine quelque part qui ne soit pas meurtri, un millimètre de terre que l’on n’est pas fouillée et pillée, reste-t’il quoi que ce soit d’autre à faire, qu’écouter ?

Au moins pour se taire, laisser faire, lâcher la corde, le leste. Laisser un peu de place à autre chose que soi-même. Non pas déserter, mais fertiliser. Fertiliser d’une écoute qui enfin dit oui. Sans condition.

Elle fait juste oui. C’est cela écouter, un peu. Ah si le monde gagnait tout à coup des oreilles plutôt que des coups, si l’on tendait l’oreille comme une main vient nous toucher. Même les rêves nous n’en aurions plus besoin. Tout s’arrête quand on écoute. Ecoutez-vous. Vous cesserez aussi, en même temps que le chaos du monde, et le monde lui-même. Et quand il n’y a plus rien à entendre, qu’entend-on alors ? Quel est le dernier bruit ? Celui de son absence ? L’absence a-t-elle un chant ? L’absence chante-t-elle plus haut que les vivants ?

Oh non… Mais quand j’entends le chant de l’absence, soudainement, je me souviens la vie au cœur.


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