Extrait de la revue "La Sagesse atemporelle"

samedi 20 avril 2013
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Une approche neuve

Il est très facile, en tant que chercheur spirituel, de se leurrer par des concepts de bien-être et de bonheur, et de passer à côté de l’essence même des traditions atemporelles telles que le zen, le taoïsme et la voie du milieu bouddhiste.
Souvent, les textes que nous lisons, les enseignements que nous recevons ne font que renforcer la croyance en la véritable maturité spirituelle est essentiellement hors de notre portée. Ce que la plupart des gens lisent au sujet d’un état d’équanimité spirituelle, les amène à penser : « Oh oui, c’est très bien mais on a besoin d’une connaissance parfaite de soi, ou d’avoir réalisé la nature ultime de la réalité avant de pouvoir être ainsi ».
Nous écoutons l’idée de l’éveil d’une manière qui crée de la distance entre nous et une façon plus ouverte et relaxée d’être simplement dans le monde.

Néanmoins, selon les traditions spirituelles non dualistes, la véritable paix arrive lorsque nous abandonnent la crainte de la souffrance et l’espoir d’une libération et d’une sérénité spirituelle.

Le bouddhisme, par exemple, pourrait être défini comme la vie dans un espace non perturbé par les huit aspirations mondaines qui sont : le gain et la perte, le plaisir et la douleur, l’honneur et le déshonneur, la louange et le blâme. Des textes, émanant de traditions telles que le dzogchen et le zen, mentionnent clairement que nous venons d’un espace dans lequel nous ne validons, ni invalidons notre propre expérience ou celle des autres.

La vie, dans un tel espace, est le vrai cœur de ces traditions. En focalisant sur ces simples principes, il est très facile de faire apparaître un espace dans lequel nous ne nous approprions, ni ne rejetons, les expériences qui nous arrivent. En observant nos réactions au moment même où elles se manifestent dans le
ici-et-maintenant, nous pouvons devenir sensibles, au plan énergétique, à la manière dont nous attribuons les notions de bien et de mal à toutes choses, à travers l’acceptation ou la non acceptation de ce que les autres font ou disent. Nous prenons alors conscience de la façon évidente et subtile avec laquelle nous tentons d’attirer l’attention sur nous ou de la dévier de ce que nous sommes, ou de ce que nous faisons.

En dirigeant doucement notre attention sur la manifestation corporelle et mentale de ces réactions en nous, nous pouvons entrer dans un espace fluide et libre d’émotions réactives. Le travail spirituel que nous avons développé offre à chacun l’opportunité d’observer ses réactions émotives et ses fixations intellectuelles d’une manière fine et profonde. Pour utiliser une métaphore, disons que nous donnons une simple paire de lunettes à travers laquelle on peut observer tranquillement toute tendance à s’approprier ou à rejeter notre expérience dans le ici-et-maintenant. En observant de telles tendances, opinions et préjugés commencent à se dissoudre pratiquement sans effort, permettant ainsi d’entrer dans un espace libre de l’attachement et du désir.
Notre travail ne séparant pas structurellement les périodes de pratique des autres activités telles que manger, se relaxer et entrer en relation avec autrui, l’expérience de vastitude qui émerge commence à pénétrer toutes les dimensions des expériences. Toutes les activités se déroulent alors dans une sensation continue d’équilibre et d’attention. Comme dans le langage traditionnel du Dzogchen tibétain et du Mahamudra, nous démontons la distinction entre méditation et non méditation. De cette façon, les personnes découvrent comment être spacieux et sereins, qu’elles soient seules, en relation avec leur famille ou des collègues.

Peter FENNER - Extrait de la revue "La Sagesse atemporelle"


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